jeudi 16 juillet 2026

Les contradictions de Reza Pahlavi concernant le Corps des gardiens de la révolution islamique : des années à défendre les gardes, et maintenant à applaudir leur mise sur liste noire

 Après avoir plaidé publiquement pendant des années en faveur d'un dialogue avec le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), Reza Pahlavi a salué la décision du Royaume-Uni de désigner cette organisation comme terroriste. Ses déclarations passées soulèvent cependant des questions quant à la cohérence de sa position et à sa vision globale de l'appareil sécuritaire iranien.

La décision récente du Royaume-Uni de désigner le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste a été saluée par de nombreux Iraniens qui tiennent depuis longtemps le CGRI pour responsable de répression systématique, d'exécutions, de torture et de déstabilisation régionale. Pourtant, parmi ceux qui soutiennent cette mesure figure Reza Pahlavi, une position qui contraste fortement avec des années de déclarations publiques défendant le dialogue avec le CGRI et son personnel.

Pendant des années, Reza Pahlavi a soutenu à maintes reprises que les membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et des Bassidj devaient être considérés comme des alliés potentiels plutôt que comme des composantes intégrantes de l'appareil répressif du régime. Son récent soutien à la désignation du CGRI comme organisation terroriste semble donc incohérent avec ses déclarations précédentes.

Un bilan de la défense des relations avec le Corps des gardiens de la révolution islamique

Les déclarations publiques de Reza Pahlavi au fil des ans constituent un témoignage écrit de son approche vis-à-vis du Corps des gardiens de la révolution islamique.

Le 3 novembre 2018 , lors d'un entretien avec Iran International, il a déclaré :

« Je suis en contact avec des membres du Bassidj et du Corps des gardiens de la révolution islamique. »

Il a développé cette position en 2020 , arguant que sa stratégie politique reposait sur les institutions mêmes chargées de faire respecter le régime :

« Si le régime islamique veut mener une répression finale en Iran, nous ne le permettrons pas, car mon soutien viendra de ces mêmes forces de l'ordre, de ces mêmes membres des Gardiens de la révolution, de ces mêmes Gardiens de la révolution, de ces mêmes membres du Bassidj et de ces mêmes militaires. »

Dans une autre interview accordée à Iran International en 2018 , il a de nouveau insisté sur ses communications avec les institutions militaires du régime :

« J’entretiens des contacts bilatéraux avec l’armée, les Gardiens de la révolution et les Bassidj. »

Déjà auparavant, en 2017 , il avait rejeté l'idée de qualifier le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'institution terroriste dans son intégralité, déclarant :

« Tous les membres des Gardiens de la révolution sont-ils des terroristes ? Non… Vous avez combattu dans l’armée irakienne pour l’Iran, vous avez versé votre sang pour l’Iran, vous faites partie du peuple iranien. »

Les critiques soulignent également des rapports selon lesquels, pendant la guerre Iran-Irak, Reza Pahlavi aurait proposé de servir comme pilote aux côtés des Gardiens de la révolution iraniens dans le conflit, illustrant ainsi ce qu'ils décrivent comme une volonté de longue date de coopérer avec l'organisation.

Le débat entre les membres individuels et l'institution

Les partisans de Reza Pahlavi affirment souvent qu'il convient de faire la distinction entre les membres individuels des Gardiens de la révolution et l'institution elle-même. Ses détracteurs, en revanche, soutiennent que cette distinction ignore la nature même de l'organisation.

Selon eux, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et le Bassidj ne sont pas de simples regroupements d'individus, mais des institutions hautement centralisées, créées pour préserver le régime par la répression politique, les exécutions, la torture, la domination économique, les opérations de renseignement et la guerre par procuration. De ce point de vue, présenter cette organisation comme une source de soutien politique futur revient à légitimer précisément l'appareil responsable de l'oppression de la société iranienne.

Pour de nombreux opposants au régime, la revendication n'est pas une réforme du Corps des gardiens de la révolution islamique, mais son démantèlement complet en tant qu'institution.

Plaidoyer pour l'intégration plutôt que pour la dissolution

Les critiques pointent également du doigt les propositions politiques plus larges de Reza Pahlavi, notamment les idées présentées dans son soi-disant « Plan d'urgence », qu'ils interprètent comme laissant la place à la préservation de pans importants de l'appareil sécuritaire existant plutôt qu'à son démantèlement.

Selon ces critiques, ses appels répétés encourageant les membres des Gardiens de la révolution à rejoindre son mouvement politique démontrent une volonté d'intégrer des éléments de l'appareil sécuritaire du régime dans tout futur ordre politique plutôt que de demander des comptes à cette institution.

Ils affirment en outre que certains individus liés aux Gardiens de la révolution iraniens ont participé à des rassemblements pro-monarchistes à l'étranger, où des dissidents iraniens ont fait état de harcèlement, d'intimidations et de menaces. Ces allégations ont alimenté les craintes que des vestiges de la culture sécuritaire du régime ne persistent dans le contexte politique post-régime.

Silence radio sur l'expulsion des membres du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) de l'étranger

Un autre point fréquemment soulevé par les critiques est que Reza Pahlavi a rarement appelé les gouvernements occidentaux à expulser de leurs territoires les membres du Corps des gardiens de la révolution islamique ou les agents du ministère du Renseignement.

Compte tenu de l'importance qu'il accorde depuis longtemps au maintien du dialogue avec les membres de ces institutions, les critiques affirment que ce silence est cohérent avec son approche politique plus générale à l'égard des services de sécurité du régime.

 

Une question de crédibilité

Le soutien apporté par Reza Pahlavi à la désignation du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste par le Royaume-Uni pourrait trouver un écho favorable auprès du public, qui réclame des comptes. Cependant, son engagement constant en faveur d'un dialogue avec le CGRI remet sérieusement en question la crédibilité de cette position.

Pour de nombreux Iraniens qui considèrent le Corps des gardiens de la révolution islamique comme le principal instrument de répression du régime, la question dépasse le simple cadre des désignations. L'enjeu central est que cette organisation doit être démantelée intégralement dans l

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