dimanche 5 juillet 2026

De nouveaux rapports révèlent des actes de torture et des mauvais traitements systématiques à l'intérieur de la prison de Dastgerd en Iran

 Des témoignages oculaires décrivent des passages à tabac, des isolements cellulaires prolongés, la surpopulation et des privations délibérées dans le cadre d'un système organisé ciblant les prisonniers politiques à Ispahan.

De nouveaux rapports en provenance de la prison de Dastgerd à Ispahan dressent un tableau inquiétant de torture systématique, de traitements dégradants et de violations généralisées des droits de l'homme à l'encontre des prisonniers, en particulier des détenus politiques et de ceux détenus pour des accusations liées à la sécurité.

Les violences physiques, les sévices psychologiques, l'isolement cellulaire prolongé, le refus de soins médicaux et les graves atteintes aux droits fondamentaux sont devenus monnaie courante en prison. Loin d'être des incidents isolés, ces pratiques semblent constituer un système institutionnalisé visant à intimider, punir et faire taire toute dissidence.

Ces allégations viennent s'ajouter à un ensemble croissant de preuves documentant le traitement des prisonniers politiques par le régime iranien, notamment à la suite des manifestations nationales qui ont conduit à des arrestations massives dans tout le pays.

Un système fondé sur la violence

Les quartiers d'isolement de la prison de Dastgerd sont gérés par un personnel spécialement sélectionné et formé à la gestion de ces unités de haute sécurité. D'anciens détenus et des sources bien informées décrivent des gardiens ayant recours systématiquement à la violence, à l'humiliation et à l'intimidation, les prisonniers politiques étant les plus durement touchés.

Il semblerait que des prisonniers soient battus pour la moindre infraction perçue, y compris le dépôt de plaintes légales ou les protestations contre les conditions de détention.

De nombreux témoignages décrivent des détenus menottés dans le dos et attachés à des piliers dans les couloirs de la prison, leurs corps restant suspendus dans des positions douloureuses pendant de longues périodes.

Après avoir eu les yeux bandés, les prisonniers seraient agressés par plusieurs gardiens à coups de matraques, de bâtons, de poings et de pieds. Les coups continueraient jusqu'à ce que les victimes perdent connaissance ou soient incapables de se tenir debout.

Au lieu de recevoir des soins médicaux par la suite, les prisonniers blessés sont renvoyés directement dans leurs cellules, où ils sont souvent laissés sans traitement pendant des heures, voire des jours, malgré la gravité de leurs blessures.

Blessures graves et allégations de dissimulation

Les conséquences signalées de ces passages à tabac sont graves.

Les prisonniers ont subi des fractures, des hémorragies internes, de graves traumatismes crâniens, d'importants œdèmes et des handicaps physiques à long terme.

Plus alarmantes encore sont les allégations selon lesquelles certains détenus seraient décédés des suites de graves agressions.

Les autorités pénitentiaires auraient dissimulé les véritables causes de ces décès en les attribuant à des altercations entre détenus ou à d'autres explications fabriquées de toutes pièces. Des rapports officiels auraient été falsifiés, empêchant ainsi toute enquête indépendante sur les circonstances de ces décès.

Si elles étaient vérifiées, ces allégations révéleraient non seulement des actes de torture, mais aussi des efforts systématiques visant à entraver l'établissement des responsabilités.

Des unités de renseignement auraient participé à des abus.

Les rapports indiquent que la responsabilité de ces abus ne se limite pas aux gardiens de prison ordinaires.

Des membres du personnel affiliés à l'unité de protection du renseignement de la prison auraient participé directement à des actes de violence contre les détenus, les auraient supervisés ou les auraient facilités.

Certains responsables considéreraient ces brutalités comme faisant partie de leurs fonctions institutionnelles, ce qui soulève des inquiétudes quant au fait que les abus soient désormais ancrés dans la culture administrative de la prison plutôt que de représenter des fautes isolées de la part de gardiens individuels.

L'humiliation comme torture psychologique

D'anciens détenus décrivent également des sévices psychologiques répétés de la part des responsables de la prison.

Le directeur de la prison, identifié comme Shirvani, ainsi que de hauts responsables du renseignement, auraient observé des prisonniers depuis l'extérieur des cellules d'isolement tout en refusant à plusieurs reprises leurs demandes de droits fondamentaux.

Les détenus réclamaient l'accès à l'exercice en plein air, à la lumière du soleil, aux visites familiales, aux appels téléphoniques, aux soins médicaux et aux enquêtes sur les allégations d'agression.

Au lieu de répondre à ces demandes, les responsables auraient réagi par des insultes et des propos dégradants.

Les prisonniers politiques auraient été qualifiés d’« espions israéliens », d’« agents du Mossad », de « traîtres » et d’« ennemis de la nation ». On leur aurait également dit qu’ils ne méritaient ni la liberté, ni un traitement humain, ni même des conditions de détention élémentaires, et qu’ils méritaient des peines plus sévères.

Les défenseurs des droits de l'homme alertent depuis longtemps sur le fait que de tels abus verbaux s'inscrivent dans une stratégie plus large de pression psychologique visant à briser le moral des prisonniers.

Surpopulation suite aux arrestations massives

Les conditions de détention à la prison de Dastgerd se seraient considérablement détériorées suite aux manifestations nationales de janvier 2026.

Un grand nombre de manifestants arrêtés ont été transférés dans cet établissement, saturant plusieurs services bien au-delà de leur capacité prévue.

En raison de la surpopulation carcérale, les autorités pénitentiaires ont eu recours à l'hébergement des détenus dans les couloirs et même dans les cours de promenade.

L'augmentation du nombre de prisonniers a intensifié les pénuries de nourriture, d'installations sanitaires, de soins médicaux et d'espace de vie, aggravant encore des conditions déjà difficiles.

Des prisonniers contraints de dormir à même le sol

L’une des conséquences les plus graves du surpeuplement est la pratique répandue connue sous le nom de « dormir à même le sol ».

Le nombre de lits disponibles étant bien inférieur au nombre de détenus, de nombreux prisonniers sont contraints de dormir directement sur le sol en béton.

Durant la journée, les personnes sans lit attribué se voient souvent interdire de se reposer, quels que soient leur âge ou leur état de santé.

L’exposition prolongée à de telles conditions accroît considérablement les maladies physiques et le stress psychologique, en particulier chez les détenus âgés et ceux souffrant de problèmes de santé chroniques.

Des nécessités fondamentales transformées en privilèges

Ces rapports font également état de restrictions sévères concernant les vêtements et autres produits de première nécessité.

Il semblerait que les nouveaux détenus n'aient pas le droit d'apporter de vêtements supplémentaires, de sous-vêtements ou de vêtements chauds en prison. Durant les mois les plus froids, il arrive que les prisonniers ne portent que l'uniforme réglementaire fourni par l'établissement pendant plusieurs jours avant que leurs demandes de vêtements supplémentaires ne soient traitées.

Même après approbation, les familles sont soumises à des restrictions strictes concernant les vêtements qu'elles peuvent fournir. Selon certaines sources, les vêtements noirs, à fermeture éclair, à poches ou présentant certaines autres caractéristiques sont interdits, ce qui représente un fardeau supplémentaire pour les détenus et leurs proches.

Parallèlement, le magasin interne de la prison, connu sous le nom de « Bahareh », vend des vêtements et des produits de première nécessité à des prix apparemment bien supérieurs à ceux du marché, tout en proposant des produits de mauvaise qualité.

Les détenus doivent obtenir une autorisation officielle pour simplement se rendre dans le magasin, et cette autorisation n'est pas toujours accordée.

Bien que les détenus reçoivent finalement une carte bancaire permettant à leurs proches de déposer des fonds, de nombreuses familles n'ont pas les moyens de leur apporter un soutien financier en raison de la détérioration de la situation économique en Iran, ce qui empêche de nombreux prisonniers d'acheter même les produits de première nécessité.

Mauvaise nourriture et punitions pour les plaintes

La qualité des aliments représente une autre préoccupation récurrente.

 Les repas quotidiens sont insuffisants tant en quantité qu'en valeur nutritionnelle, et les aliments de qualité acceptable ne sont fournis que rarement.

Les produits de première nécessité — notamment la nourriture, les produits d'hygiène et les produits de nettoyage — seraient vendus à prix d'or à l'intérieur des prisons, les rendant inaccessibles à de nombreux détenus.

Le plus inquiétant est peut-être la punition infligée, selon les informations disponibles, aux prisonniers qui se plaignent.

Ceux qui protestent contre la qualité de la nourriture, l'hygiène, la négligence médicale, le surpeuplement ou les mauvais traitements sont fréquemment confrontés à des représailles disciplinaires.

Certains sont transférés en isolement cellulaire, tandis que d'autres feraient l'objet de nouvelles poursuites judiciaires pouvant entraîner des accusations criminelles supplémentaires ou des peines de prison plus longues.

Selon certaines sources, ces pratiques ont créé un climat de peur dans lequel de nombreux détenus n'osent plus exercer même leurs droits légaux les plus fondamentaux.

Appels croissants à l'attention internationale

Les derniers témoignages en provenance de la prison de Dastgerd viennent confirmer les préoccupations exprimées depuis longtemps par les organisations internationales de défense des droits humains concernant le traitement des prisonniers en Iran.

Les allégations décrivent non seulement de mauvaises conditions de détention, mais aussi un système organisé dans lequel la violence physique, les abus psychologiques, le refus de soins médicaux et l'impunité institutionnelle fonctionnent de concert pour réprimer la dissidence.

Alors que les arrestations de militants, de manifestants, de journalistes et d'opposants politiques se poursuivent à travers l'Iran, les défenseurs des droits de l'homme exhortent à un contrôle international indépendant des centres de détention et à une pression renouvelée sur le régime iranien pour qu'il mette fin à la torture, enquête sur les allégations d'abus et respecte ses obligations en vertu du droit international des droits de l'homme.

Pour des milliers de prisonniers détenus dans les prisons iraniennes, ces obligations restent loin d'être une réalité.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire