vendredi 3 avril 2026

Pourquoi le régime des mollahs intensifie-t-il les exécutions de prisonniers politiques en pleine guerre ?

  Le 2 avril 2026, le régime iranien a exécuté Amirhossein Hatami, un manifestant de 18 ans arrêté lors du soulèvement de janvier 2026. Condamné à l’issue d’un procès manifestement inéquitable pour « inimitié envers Dieu » (moharebeh), pour avoir prétendument incendié une base du Bassidj à Téhéran, Hatami a été pendu à l’aube à la prison de Ghezel Hesar. Il est le dernier d’une longue liste de prisonniers politiques que le régime précipite à la potence, alors même qu’il mène une guerre régionale.

Il ne s’agit pas d’une cruauté gratuite, mais d’un signal de panique calculé. Tandis que le monde observe les missiles et les bombes, la dictature cléricale craint bien plus son propre peuple que n’importe quel ennemi étranger. Des décennies de corruption, de mauvaise gestion économique, de répression étouffante et de haine systémique ont poussé la société iranienne au bord du gouffre. Le peuple s’est soulevé à chaque occasion, et le régime sait que la prochaine explosion est imminente.

Le soulèvement de janvier 2026 l’a prouvé. En quelques semaines seulement, des milliers de personnes ont été tuées, plus de 50 000 arrêtées et des dizaines de milliers blessées ou disparues. Pourtant, la colère n’a pas faibli ; elle ne s’est interrompue qu’avec le début des bombardements étrangers. Les bombes continuent de tomber aujourd’hui, mais elles cesseront tôt ou tard. Et quand ce sera le cas, la société iranienne reprendra exactement là où elle s’était arrêtée, avec des griefs encore plus profonds, des attentes accrues et un régime bien plus faible et vulnérable qu’auparavant.

C’est précisément pour cette raison que le régime a intensifié les exécutions de prisonniers politiques. Selon le Conseil national de la résistance iranienne (CNR-Iran), au moins 345 personnes ont été exécutées rien qu’en janvier 2026, l’un des mois les plus sanglants de l’histoire récente. La machine à tuer n’a pas ralenti depuis. En février et mars, le rythme est resté effréné, avec des séries d’exécutions signalées presque quotidiennement.

Les cibles du régime sont délibérées. Fin mars, il a exécuté quatre membres de l’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) : Mohammad Taghavi Sangdehi (59 ans), Ali Akbar (Shahrokh) Daneshvarkar (60 ans), Babak Alipour (34 ans) et Pouya Ghobadi (33 ans). Le 19 mars, le régime a pendu publiquement à Qom trois jeunes manifestants des manifestations de janvier : Saleh Mohammadi (19 ans, champion national de lutte), Saeed Davoudi (21 ans) et Mehdi Ghasemi. Il ne s’agit pas de « criminels », mais de symboles de résistance : de jeunes hommes que le régime veut transformer en avertissement pour toute la jeunesse iranienne.

En exterminant ses prisonniers politiques en pleine guerre, le régime poursuit désespérément quatre objectifs imbriqués :

– Intimider toute la société pour que personne n’ose rejoindre la prochaine vague de protestations.

– Réprimer les luttes intestines et rassurer sa base électorale démoralisée, lui montrant que le régime reste impitoyablement aux commandes.

– Retarder l’inévitable explosion interne : la guerre civile entre le peuple et le régime, qu’il sait imminente.

– Projeter une démonstration de force par une brutalité extrême, tout en brisant délibérément l’esprit de la jeunesse pour que ses pairs n’osent plus rêver de liberté.

Mais chaque pendaison se retourne contre ses auteurs. La société iranienne est devenue radicalement rebelle. Les manifestants ne se contentent plus de scander des slogans : ils affrontent et punissent les agents du régime dans la rue. L’atmosphère est explosive. Après une trêve de bombardements, la population attend, observe et s’organise. Le régime le sent.

Voyez la réalité quotidienne en Iran : les forces de sécurité, les unités militaires et la police quadrillent chaque rue et chaque point de contrôle. Les patrouilles et les raids sont incessants. Les responsables du régime répètent le même avertissement désespéré à la télévision d’État : « Les rues ne doivent pas rester vides !» Ils organisent chaque jour des rassemblements progouvernementaux forcés et des réunions nocturnes artificielles pour faire croire qu’ils contrôlent encore l’espace public. Tout l’appareil répressif est en état d’alerte maximale permanente.

Nombreux sont ceux qui se posent la même question : « Quand le peuple iranien se soulèvera-t-il à nouveau ?»

Le régime lui-même apporte la réponse la plus claire chaque jour.

Chaque exécution, chaque point de contrôle, chaque rassemblement forcé, chaque avertissement hystérique que « les rues ne doivent pas rester vides » est un cri de terreur d’une dictature agonisante. Si le régime n’avait pas peur d’un nouveau soulèvement, il n’aurait pas besoin d’exécuter Amirhossein Hatami aujourd’hui. Il n’aurait pas besoin de précipiter des prisonniers politiques à la potence en pleine guerre.

Les mollahs gagnent un temps précieux qu’ils n’ont plus. Leur peur est la preuve la plus flagrante que la fin est proche.

Le peuple iranien a déjà montré qu’il ne se laissera pas réduire au silence. Le soulèvement de janvier a mis le feu aux poudres. La panique du régime attise les flammes. La prochaine vague arrive – et cette fois, le monde doit se ranger du côté du peuple, et non du côté des bourreaux aux abois.

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