mercredi 8 avril 2026

La prisonnière politique Maryam Akbari Monfared libérée après 17 ans de détention

 Maryam Akbari Monfared, prisonnière politique, a été libérée après avoir purgé 17 ans de prison, alors que selon les lois du régime iranien, elle aurait dû être libérée il y a trois ans.

Elle a été arrêtée lors des manifestations de janvier 2010 à Téhéran et condamnée à 15 ans de prison pour des accusations incluant « atteinte à la sécurité nationale », « propagande contre le régime » et « inimitié envers Dieu par appartenance à l'Organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI/MEK) ». Akbari Monfared a trois enfants.

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En janvier 2024, après avoir purgé 13 ans de sa peine, une nouvelle procédure a été ouverte contre elle. Elle a été inculpée notamment de « propagande contre le régime », de « rassemblement et collusion contre la sécurité nationale », de « diffusion de fausses informations » et d'« insulte au guide suprême ». À l'issue de cette procédure, sa peine a été alourdie de trois ans et elle a été condamnée à l'exil intérieur et à la confiscation de ses biens.

Durant son emprisonnement, Maryam Akbari Monfared a été détenue dans les prisons d'Evin, de Semnan et de Qarchak, et pendant 17 ans, elle n'a pas bénéficié d'une seule permission de sortie.

Son combat pour la justice suite au massacre de prisonniers politiques dans les années 1980, dont des membres de sa propre famille, est l'une des principales raisons des pressions judiciaires exercées sur elle. Alireza et Gholamreza Akbari Monfared ont été exécutés en 1981 et 1985, et sa sœur Roghiyeh ainsi qu'un autre frère, Abdolreza, ont été exécutés durant l'été 1988 lors du massacre de prisonniers politiques de l'OMPI.

Accusations répétées contre Maryam Akbari

En janvier 2024, les autorités judiciaires ont ouvert une nouvelle procédure à son encontre. Dans cette affaire, des accusations de rassemblement et de collusion contre la sécurité nationale, de diffusion de fausses informations et d'insulte au Guide suprême ont été portées contre elle. En conséquence, sa peine a été alourdie de trois ans. La libération de Maryam Akbari dans ces circonstances soulève des questions quant aux contradictions dans l'application des décisions de justice.

Durant toute sa détention, elle a été incarcérée dans différentes prisons, notamment à Evin, Semnan et Qarchak. Elle n'a bénéficié d'aucune permission de sortie. Cette situation a été maintes fois dénoncée par les organisations de défense des droits humains. Sa séparation prolongée d'avec ses enfants constitue également un aspect majeur de cette affaire. Sa libération, après toutes ces années, marque la fin de l'une des plus longues peines de prison pour une femme détenue politique qui a fait preuve d'une détermination sans faille jusqu'au bout.

La famille de Maryam Akbari Monfared a également subi une répression féroce au cours des dernières décennies. Plusieurs de ses membres ont été exécutés à différentes époques. Ce facteur a été pris en compte dans le traitement de son affaire. Les autorités judiciaires ont notamment évoqué des liens présumés avec l'Organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI/MEK) comme l'une des principales accusations.

Conditions de détention et réactions à sa libération

L'incarcération de Maryam Akbari Monfared a été marquée par de nombreux témoignages de violences physiques et psychologiques. Parmi les problèmes signalés figuraient des transferts répétés entre prisons, des restrictions de communication et la privation de ses droits fondamentaux. Sa libération, après avoir subi de telles conditions de détention, a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux.

Certains internautes ont salué sa libération comme le fruit d'années de ténacité et de résistance. D'autres, en revanche, ont pointé du doigt la lenteur de l'application de la loi. La libération de cette femme courageuse a relancé le débat sur le sort des autres prisonniers politiques.

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