Les fermetures répétées d'écoles durant la guerre entre les États-Unis et le régime iranien ont fortement dégradé la qualité de l'éducation dans le pays. Cette situation critique a considérablement nui au niveau d'apprentissage, notamment au primaire et chez les élèves de CP. Les conditions actuelles compromettent non seulement l'avenir scolaire des élèves, mais posent également de nombreux défis aux parents.
Échec des alternatives virtuelles et crise des infrastructures dans le système éducatif
Dans le contexte actuel, le besoin d'alternatives aux cours traditionnels se fait plus sentir que jamais. Parmi ces solutions figurent les cours virtuels, l'enseignement télévisé et les supports imprimés. Bien que le ministère de l'Éducation du régime iranien affirme avoir mis en œuvre ces mesures, la réalité sur le terrain est tout autre. Les échanges avec les familles et les acteurs du secteur éducatif indiquent que ces options n'ont pas permis d'offrir une qualité suffisante. La pénurie de serveurs internet rend l'accès au système SHAD (le réseau éducatif du régime) extrêmement difficile. Par ailleurs, les coûts élevés et les contraintes de temps ont considérablement réduit l'efficacité de l'enseignement télévisé.
Il est considéré comme quasiment impossible pour des parents, dépourvus de compétences pédagogiques, d'assurer l'enseignement de leurs enfants. Ils peuvent certes superviser les devoirs, mais ils sont incapables de transmettre efficacement les concepts éducatifs à leurs enfants. Ce problème est d'autant plus préoccupant pour les élèves de CP qui débutent leur parcours scolaire. Le directeur d'une école de garçons affirme n'avoir constaté aucun bénéfice depuis l'introduction de l'enseignement à distance. Il estime qu'avec les méthodes actuelles, le véritable sens de l'apprentissage et de l'éducation a été complètement vidé de sa substance. Selon lui, les aspects liés au développement et à la formation du caractère sont également totalement négligés.
Des statistiques alarmantes font état de fermetures et d'une incapacité à gérer la crise.
En raison de nombreuses difficultés, les familles hésitent à utiliser le système SHAD. L'interruption de l'accès à Internet international a également rendu impossible le recours à des solutions alternatives. Rezvan Hakimzadeh, vice-ministre de l'Éducation primaire au ministère de l'Éducation, affirme que son ministère était préparé à une telle situation. Elle précise que des fermetures d'écoles dues à la pollution atmosphérique et aux déséquilibres énergétiques avaient déjà eu lieu dans plusieurs provinces. Désormais, la guerre est venue aggraver les problèmes existants, entraînant des fermetures d'un mois dans certaines provinces. Au cours de cette année scolaire, la province du Khuzestan a connu 34 jours de fermeture et celle de Téhéran 31 jours.
Inégalités scolaires et pauvreté parmi les classes populaires
Concernant les examens finaux, il a été signalé que les enfants des enseignants corrigent les copies à domicile. Ce problème survient à un stade où ces notes représentent 60 % des résultats du concours d'entrée à l'université. La fermeture des écoles et le recours à l'enseignement à distance sont désormais monnaie courante dans le système éducatif. Les raisons de cette décision sont multiples : épidémies, pollution atmosphérique, déséquilibres énergétiques et, plus récemment, guerre. Le régime iranien a totalement ignoré les graves crises d'accès et de qualité de l'éducation engendrées par cette transformation structurelle. Cette crise est directement liée à la situation économique des familles et exacerbe les inégalités sociales.
Fournir des appareils intelligents ou un accès internet de qualité aux familles défavorisées et à faibles revenus est très difficile, voire impossible. Dans de nombreux foyers, il n'existe qu'un seul téléphone portable, qui n'est pas toujours accessible à l'élève. Le manque d'équipement adéquat dans les familles nombreuses entraîne l'absentéisme et une baisse importante des résultats scolaires pour l'un des enfants.
Baisse du taux d'alphabétisation national et hausse du taux d'abandon scolaire
L'enseignement à distance a engendré chez les élèves de sixième un niveau de lecture et d'écriture comparable à celui des élèves de CE1. Les familles les plus aisées compensent ce déficit par des cours particuliers, mais les familles les plus modestes sont privées de ces ressources essentielles. Les inégalités dans les résultats aux examens d'entrée à l'université accentuent considérablement le sentiment d'impuissance chez les élèves défavorisés. De 2022 à avril 2026, les écoles du pays ont fonctionné à distance pendant plus de 350 jours. Cela équivaut à une année scolaire complète interrompue et représente un coup dur pour le système éducatif. On estime à environ 911 000 le nombre d'abandons scolaires en 2022.
Le nombre d'enfants non scolarisés est passé à 950 000 en 2025 et dépasse désormais le million. Ces enfants, après avoir abandonné l'école, tombent dans le piège du travail informel et de l'exploitation sur le marché du travail. En 2025, de nombreux rapports ont mis en lumière les graves lacunes des élèves en langue persane. Le journal d'État Ham-Mihan a fait état d'une incapacité à lire et à écrire dans les zones défavorisées. Dans ces régions, cinq élèves sur vingt ne possèdent pas les compétences de base en lecture et en écriture.
L’analyse de la situation actuelle révèle que le système éducatif, sous l’effet de politiques liées à la guerre et d’une mauvaise gestion, est au bord de l’effondrement. Les inégalités sociales en matière d’accès à l’éducation ont contraint toute une génération d’enfants à quitter l’école pour entrer sur le marché du travail. Les fermetures répétées d’établissements et l’inefficacité des plateformes virtuelles ont transformé le droit à l’éducation en un luxe inaccessible à beaucoup.
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