L’un vient du ciel, avec les missiles. L’autre vient de l’intérieur, à travers la privation du droit à la communication — tous deux frappant directement la vie quotidienne.
La coupure d’Internet, imposée dès les premières heures de l’attaque, est désormais entrée dans son deuxième mois et a établi un record inédit d’isolement pour toute une nation.
Alors que la population cherche à se protéger des bombardements et à assurer sa sécurité physique, le blocage total de l’espace numérique a rompu ses liens économiques et informationnels, poussant des millions de foyers au bord de l’effondrement.
L’effondrement des économies domestiques et la destruction des emplois
Le plus lourd impact de cette décision s’est abattu sur ceux qui, ces dernières années, avaient investi toute leur énergie et leurs ressources dans le numérique.
Avec la prolongation de la coupure :
- les start-ups, autrefois symboles de modernité et de création d’emplois, sont devenues des ruines numériques
- des petites boutiques sur Instagram aux grandes plateformes de services et de transport, tout est à l’arrêt
Le chômage massif qui en résulte, combiné à la hausse brutale des prix des biens essentiels liée à la guerre, conduit les populations les plus vulnérables vers une situation de privation extrême, voire de faim.
Lorsque l’Internet est coupé, ce n’est pas seulement un outil de communication qui disparaît : c’est toute l’infrastructure de distribution des biens et services qui s’effondre.
Dans les villes touchées par la guerre, les habitants dépendent des outils numériques pour :
- trouver des médicaments
- accéder à la nourriture
- obtenir des informations sur les zones sûres
Répression numérique : un outil de contrôle de l’information
Selon des organisations internationales comme NetBlocks, l’Iran est plongé dans un blackout numérique total depuis plus de 35 jours.
Cette coupure dépasse largement une mesure temporaire de sécurité.
Elle crée un vide informationnel, empêchant la diffusion :
- des dégâts réels de la guerre
- de la situation des infrastructures
- des conditions de vie des civils
La répression numérique devient ainsi le prolongement de la répression physique.
Pendant que la population est privée d’accès à Internet :
- les autorités conservent un accès pour leurs propres réseaux et médias
- la propagande officielle devient la seule voix audible dans le pays
Cette situation :
- empêche les médias indépendants de témoigner
- bloque les informations sur les hôpitaux, les abris ou les urgences
- favorise la diffusion de fausses informations
Une nouvelle ère de blocage et de recul des libertés
Les données comparant 2025 et le début de 2026 montrent une aggravation nette.
- En 2025 : des coupures répétées mais ponctuelles
- En 2026 : une coupure longue, en pleine guerre, sans précédent mondial
Les utilisateurs iraniens ont passé plus de la moitié du premier trimestre de l’année sans accès à Internet.
Cela signifie vivre dans un pays où le droit à l’information est systématiquement détruit.
Les conséquences sociales sont tout aussi graves que les conséquences économiques :
- sentiment d’isolement intense
- rupture avec le reste du monde
- impact particulièrement fort sur les jeunes et les élites éduquées
Alors qu’ailleurs, Internet sert à organiser les secours en temps de crise, en Iran il devient un outil pour paralyser la société civile.
Une catastrophe au-delà des bombes
La coupure d’Internet constitue une catastrophe dont l’ampleur est comparable à celle des frappes militaires.
Elle :
- ne renforce pas la sécurité nationale
- détruit l’économie numérique
- met en danger la sécurité humaine elle-même
Aujourd’hui, les citoyens privés :
- du droit de travailler
- du droit de savoir
- du droit de communiquer
deviennent les victimes d’un système prêt à sacrifier la société pour contrôler l’information.
L’usage répété de ces coupures montre une évolution inquiétante :
elles ne sont plus une exception… mais une règle.

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