vendredi 3 avril 2026

Des accidents de la route effroyables font rage en Iran face à l'inaction du régime

 Les accidents mortels de la route en Iran ne sont plus le fruit du hasard ; ils constituent un problème structurel. Les statistiques montrent que le pays figure parmi les plus dangereux au monde. Selon les données du Centre de recherche sur les assurances, l’Iran se classe 188e sur 190 pays en matière de sécurité routière. Cette situation est le résultat de décennies de politiques corrompues et d’un manque de transparence.

Environ 800 000 accidents se produisent chaque année. Chaque jour, 40 personnes perdent la vie. Cela signifie qu'une personne meurt toutes les 36 minutes. Les accidents de la route constituent la deuxième cause de mortalité dans le pays, après la pollution atmosphérique. Ces chiffres témoignent d'une catastrophe nationale devenue banale.

Des statistiques qui parlent d'elles-mêmes

D'après les rapports officiels, sur une période de neuf mois (du 21 mars au 22 décembre 2025), plus de 15 513 personnes ont perdu la vie dans des accidents. Ce chiffre est en hausse par rapport à l'année précédente. La moyenne annuelle s'établit à environ 19 800 décès. En 20 ans, 396 000 personnes sont décédées. Ce nombre dépasse le nombre de victimes de nombreuses guerres.

Plus de 6,3 millions de personnes ont également été blessées ou handicapées durant cette période. Environ 10 à 15 % d'entre elles souffrent d'un handicap permanent. 62 % des personnes décédées sont en âge de travailler. La tranche d'âge la plus touchée est celle des 20-30 ans.

On estime qu'environ 7 % du produit national brut est consacré aux conséquences des accidents. Le coût de chaque décès est estimé à plus de 220 milliards de rials (environ 137 000 dollars). Ces chiffres ne se limitent pas à une simple question d'argent. Ils représentent des vies perdues, des familles brisées et des avenirs anéantis.

Pendant les fêtes du Nouvel An iranien (21 mars 2025), 747 personnes ont perdu la vie et plus de 16 000 ont été blessées. Ce scénario se répète chaque année.

Véhicules dangereux ; industrie de la recherche de rente et vies humaines

Le commandant en chef des forces de l'ordre iraniennes a annoncé que 50 à 60 % des accidents mortels sont liés à des véhicules non conformes. Certaines voitures de marque nationale sont qualifiées de « chars de la mort ». La part des véhicules iraniens, tels que les marques Pride et Peugeot, dans les accidents serait supérieure à 50 %.

Le Centre de recherche du Parlement iranien a également fait état d'un déclin structurel de la qualité de l'industrie automobile. Le nombre de défauts techniques constatés durant les trois premiers mois d'utilisation est trois fois supérieur à la moyenne mondiale. Dans de nombreux accidents, les airbags ne se sont pas déclenchés. Les rapports indiquent que les équipements de sécurité sont soit inopérants, soit de qualité insuffisante.

Néanmoins, la structure de recherche de rente de l'industrie automobile demeure protégée. Le monopole, l'absence de concurrence et les liens politiques empêchent toute responsabilisation. Dès que la question des importations est soulevée, les réseaux de pouvoir la bloquent. Les accidents mortels de la route sont ainsi relégués au second plan.

Routes délabrées et surveillance superficielle

Une part importante des accidents mortels de la route est liée à des infrastructures inadéquates. De nombreuses routes ont un asphalte usé, le marquage au sol est effacé, l'éclairage est insuffisant, les glissières de sécurité sont absentes et les zones accidentogènes n'ont pas été réparées. Dans certaines provinces, le manque d'autoroutes concentre les dangers sur les axes principaux.

À Téhéran, 47 % des accidents mortels impliquent des motocyclistes. Nombre d'entre eux ne portent pas de casque.

Les campagnes telles que « Non aux accidents » ou les slogans promotionnels n'ont eu aucun impact significatif. Une structure de propagande a remplacé les véritables réformes. L'accent mis sur le facteur humain sert souvent de prétexte pour se soustraire à la responsabilité institutionnelle.

Une tragédie devenue banale

Les accidents mortels de la route font désormais partie du quotidien. La société est confrontée à des chiffres, et non à des personnes. Pourtant, chaque chiffre représente une famille endeuillée, un enfant orphelin et un travailleur disparu.

Dans un pays qui prétend garantir la sécurité, les routes sont devenues des champs de bataille. Cette situation n'est pas due à une simple défaillance de la direction. Elle résulte d'une structure opaque et irresponsable, d'un système où la vie des citoyens n'est pas une priorité.

Une comparaison avec des pays comme le Japon ou le Royaume-Uni révèle un fossé important. Malgré un parc automobile plus important, le nombre de décès y est nettement inférieur. La différence ne réside pas dans la culture, mais dans la gouvernance. Dans un système responsable, les normes de sécurité sont obligatoires. Dans une structure axée sur la recherche de rente, le profit prime sur la vie humaine.

Cette crise n'est pas accidentelle. Elle est la conséquence logique d'années de gestion opaque et de politiques opportunistes. Lorsque la vie des citoyens n'a aucune place dans les rapports de force, la sécurité routière ne peut être garantie.

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