La résilience économique ne se limite pas à la résistance aux crises. Une économie résiliente peut attirer des capitaux, maintenir la production, créer des emplois et renouer avec le développement après chaque choc. En revanche, lorsque l'inflation chronique, la corruption institutionnelle, l'incertitude politique et la faiblesse des infrastructures s'installent durablement, la capacité de redressement de l'économie s'en trouve compromise. L'économie iranienne entre dans une nouvelle phase d'effondrement : pauvreté, chômage et une bombe à retardement sociale grandissante
Pourquoi la résilience de l'économie du régime iranien a-t-elle décliné ?
Ces dernières années, l'inflation est devenue le principal facteur d'érosion de la résilience de l'économie iranienne. Elle ne se contente pas de réduire le pouvoir d'achat ; elle prive également les ménages, les entreprises et les investisseurs de toute possibilité de planification. Dans ces conditions, aucun acteur économique ne peut prendre de décisions à long terme concernant l'avenir.
Parallèlement, la crise de l'eau, le vieillissement des infrastructures, la baisse des investissements et l'incertitude croissante ont fait grimper les coûts de production. Il en résulte une fuite des capitaux, l'émigration des talents et une diminution des capacités de production nationales.
Mais le facteur le plus important est peut-être la structure institutionnelle de l'économie. Les économies qui bénéficient de la transparence, de la concurrence et de l'état de droit peuvent se redresser même dans des conditions difficiles. À l'inverse, les économies fondées sur la recherche de rentes, les monopoles et les alliances politiques sont vulnérables aux crises, même face à des chocs mineurs.
Ces dernières années, l'idée de confier les rôles économiques clés à un groupe restreint proche des centres du pouvoir a refait surface. Ce concept est présenté sous des appellations telles que « capitalisme national » ou « capitalistes productifs », mais dans les faits, il conduit à l'expansion du capitalisme de connivence.
L'expérience mondiale montre que lorsque la réglementation, l'allocation des ressources et la prise de décision économique sont concentrées entre les mains d'un petit groupe, la concurrence s'affaiblit et l'innovation disparaît. Une économie saine repose sur des milliers d'entrepreneurs, de petites et moyennes entreprises et d'acteurs indépendants, et non sur des cercles fermés de pouvoir économique.
Dans une telle structure, l'activité la plus lucrative n'est plus la production, mais l'accès aux rentes et l'influence au sein des centres de décision. Cette tendance réduit non seulement la productivité, mais détruit également la confiance du public dans l'équité économique.
La classe moyenne : principale victime de l'effondrement économique
Le signe le plus révélateur du déclin de la résilience de l'économie iranienne réside peut-être dans la situation de la classe moyenne. Cette couche sociale, considérée dans tous les pays développés comme le principal pilier de la stabilité économique et sociale, se réduit aujourd'hui à un rythme alarmant.
Des reportages de terrain en provenance de Téhéran montrent que de nombreuses familles salariées et instruites ne parviennent plus à subvenir à leurs besoins mensuels. Le retour des achats à crédit, la baisse de la consommation alimentaire, l'achat de fruits à l'unité, voire le recours au crédit pour le pain, sont autant de signes d'une crise plus profonde.
Lorsque la classe moyenne peine à satisfaire ses besoins fondamentaux, elle ne peut plus investir dans l'éducation, la culture, l'innovation et le développement. Dans ces conditions, le moteur de la croissance économique est de fait paralysé.
La crise de la résilience : conséquence d'une impasse structurelle
Le faible niveau de résilience de l'économie iranienne n'est pas dû à un incident isolé ou à une crise passagère. Il résulte de décennies de gouvernance économique inefficace, du développement de structures de recherche de rentes, de la destruction de la concurrence et d'une instabilité chronique.
Une économie dont la classe moyenne a recours au crédit, dont les investisseurs se retirent et dont les entrepreneurs n'entrevoient aucun avenir clair ne peut résister aux crises futures. Le déclin de la résilience économique reflète en réalité le déclin de la résilience de la société dans son ensemble.
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