mardi 9 juin 2026

La crise de la maltraitance des enfants en Iran s’aggrave après un drame à Sanandadj

 Le 1er juin 2026, la découverte de deux sœurs, Narin (15 ans) et Aylin (sept ans), séquestrées et torturées à leur domicile de Sanandadj, capitale de la province du Kurdistan, a provoqué une vague d’indignation nationale. Ce nouveau cas atroce intensifie la crise de la maltraitance des enfants en Iran, mettant en lumière l’échec systémique des mécanismes de protection des mineurs. Le calvaire subi par ces deux jeunes filles illustre comment l’absence de garanties juridiques et sociales laisse des alertes répétées sur les violences domestiques sans réponse pendant des années.

Les détails révélant des mois de torture contre deux jeunes filles

L’histoire de Narin et Aylin a sombré dans l’horreur suite au divorce de leurs parents et à l’attribution de leur garde au père. Selon des informations de presse, durant les années passées avec leur père et leur belle-mère, les deux enfants ont été victimes de violences physiques et d’abus constants.

Les voisins avaient alerté les autorités à plusieurs reprises, mais leurs démarches n’avaient abouti à aucun résultat. Le père, tout en niant les faits, empêchait les agents d’entrer dans la maison, entravant ainsi toute enquête sur les conditions de vie des mineures.

Le 1er juin 2026, remarquant l’absence prolongée du couple et des enfants, les voisins ont de nouveau prévenu les secours. Munies d’un mandat légal, les forces judiciaires ont pénétré dans la maison par le toit et ont découvert les deux sœurs dans un état déplorable.

Narin, âgée de 15 ans, souffrait de fractures à la mâchoire, au bassin et à la cuisse. Les examens ont révélé des traces de brûlures, des plaies infectées, des escarres, une malnutrition sévère, une anémie et une perte de cheveux massive. La comparaison avec des photos antérieures témoigne de années de privations et de négligence. Ce drame souligne cruellement l’inefficacité des systèmes de soutien pour les enfants vulnérables en Iran.

Le droit de garde et le silence du système judiciaire face à une mère

Les tribunaux du régime clérical ont ignoré les avertissements documentés de la mère, privilégiant systématiquement les déclarations du père. Bien que celle-ci ait dénoncé à plusieurs reprises la torture, la malnutrition et le danger de mort pesant sur ses enfants, aucune intervention efficace n’a été menée. Ce cas met en relief la discrimination dont sont victimes les mères dans le cadre juridique iranien, qui accorde la priorité absolue aux droits et à l’autorité du père sur la sécurité et le bien-être de l’enfant.

L’apartheid de genre masque l’ampleur de la maltraitance des jeunes filles

Le cas de Narin et Aylin n’est pas isolé. La maltraitance infantile est un phénomène en pleine expansion en Iran. Selon des aveux de responsables du régime clérical, la violence domestique contre les jeunes filles est devenue une crise majeure. L’Organisation du Bien-être social rapporte que plus d’un million d’appels sont enregistrés chaque année sur la ligne d’urgence sociale (123), dont une part significative concerne les violences familiales.

Les statistiques officielles indiquent que les filles représentent environ 55 % des victimes enregistrées, contre 45 % pour les garçons. La fréquence la plus élevée de cas signalés concerne le groupe d’âge des cinq à 10 ans.

Ces chiffres ne reflètent qu’une fraction de la réalité. Dans une structure patriarcale dominante, de nombreuses fillettes n’ont aucun moyen de dénoncer les violences subies au foyer. Les lois du régime clérical, loin de les protéger, créent souvent les conditions de la perpétuation de ces sévices. En Iran, la maltraitance ne se limite pas à la famille : les enfants travailleurs et ceux de la rue sont également exposés aux abus physiques, sexuels et psychologiques, ainsi qu’à l’exploitation économique.

La responsabilité du régime iranien face à la Convention des droits de l’enfant

Bien que le régime clérical prétende respecter les protocoles internationaux, il viole en pratique les dispositions de l’article 19 de la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant (CDE). Ce traité oblige les gouvernements à établir des mécanismes de protection efficaces contre toute forme de violence ou de négligence, y compris de la part des parents.

En Iran, le système d’urgence sociale manque de moyens, d’autorité et de budget pour intervenir à temps. En conséquence, les secours n’interviennent souvent qu’une fois que des dommages irréparables ont été infligés.

Si Narin et Aylin ont enfin été retirées de leur environnement toxique pour recevoir des soins, leur affaire rappelle le rôle délétère des lois misogynes et de la structure judiciaire iranienne. Ce système, au lieu de protéger les plus faibles, laisse les mains libres aux agresseurs. Dans de telles circonstances, la violence domestique n’est pas une exception, mais le résultat prévisible d’un régime qui ne fait pas de la protection de l’enfance une priorité.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire