Le communiqué ajoute : « Emmanuel Macron et son épouse rendent hommage à une artiste exceptionnelle qui a transformé son enfance en Iran en un récit universel et inspirant. »
L’Académie des Beaux-Arts de France, dont Satrapi était membre, a exprimé sa profonde tristesse sur les réseaux sociaux et l’a décrite comme « une défenseure passionnée du cinéma et de l’enseignement du cinéma ».
Marjane Satrapi a acquis une renommée mondiale grâce à « Persepolis », œuvre dans laquelle elle racontait son enfance en Iran, la répression exercée par le régime iranien et son exil forcé en Europe. Après son succès littéraire et artistique, cette œuvre a été adaptée au cinéma en 2007 et a remporté le Prix du Jury au Festival de Cannes.
À l’époque, Satrapi avait déclaré : « Même si ce film est une œuvre universelle, je souhaite le dédier à tous les Iraniens. »
Dans cette œuvre, elle décrivait l’atmosphère d’oppression, les prisons, les exécutions d’opposants et la répression politique en Iran après l’arrivée au pouvoir du régime islamique. Par la suite, elle a soutenu à de nombreuses reprises les défenseurs de la liberté en Iran, en particulier les femmes et les jeunes manifestants.
Installée en France depuis 1994, Satrapi était une critique constante des politiques du régime iranien et dénonçait régulièrement la répression contre le peuple iranien, notamment les femmes et les jeunes.
En janvier 2025, elle a refusé de recevoir la Légion d’honneur française pour protester contre ce qu’elle qualifiait de « comportement hypocrite de la France à l’égard de l’Iran ».
Le journal Le Monde a rapporté ses propos : « Je ne peux pas ignorer ce que je considère comme une forme d’hypocrisie de la France vis-à-vis de l’Iran. »
Elle expliquait avoir pris cette décision « en signe de solidarité avec les Iraniens, en particulier les femmes et les jeunes, ainsi qu’avec les Français détenus en otage en Iran ».
Elle ajoutait que les jeunes Iraniens épris de liberté, les opposants et les artistes étaient privés de visas, tandis que les enfants des dirigeants iraniens circulaient librement à Paris et à Saint-Tropez.
Dans le deuxième tome de « Persepolis », au chapitre du retour en Iran après plusieurs années passées en Europe, elle évoque le massacre des prisonniers politiques de 1988 en citant son père :
« Après l’opération des Moudjahidine à la fin de la guerre, durant l’été 1988, le régime est devenu extrêmement inquiet. Ils savaient que si les Moudjahidine arrivaient à Téhéran, ils libéreraient les prisonniers politiques — les véritables héritiers de la révolution et les intellectuels du pays. Pour résoudre le problème, les prisonniers ont dû choisir : renier leurs convictions et être libérés, ou être exécutés. Des dizaines de milliers de personnes ont été exécutées. »
Nous adressons nos condoléances aux admirateurs de cette grande écrivaine ainsi qu’à la communauté des écrivains, cinéastes et artistes iraniens engagés pour la liberté et opposés à toutes les formes de dictature.


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