Suite au soulèvement national de janvier 2026, cette campagne de répression se traduit par des détentions arbitraires, de lourdes peines de prison et un déni systématique des droits fondamentaux, tels que les soins médicaux et les visites familiales.
Le déni de visites familiales comme outil de pression
La prisonnière politique Souri Babaei Chegini purge actuellement une peine de trois ans à la prison de Qazvin. Elle avait été condamnée par le tribunal révolutionnaire de la ville non seulement à l’emprisonnement, mais aussi à des mesures punitives complémentaires.
Mme Babaei Chegini a été interpellée par les forces de sécurité à Qazvin le 5 janvier 2026, lors des manifestations nationales. Elle est aujourd’hui privée de visites familiales depuis plus de 140 jours.
Soheila Hosseini et Ahmad Rahimi : 75 jours de flou juridique
L’artiste peintre Soheila Hosseini et son mari, le professeur d’université Ahmad Rahimi, demeurent dans une impasse juridique totale 75 jours après leur arrestation. Ils sont détenus à la prison de Vakilabad, à Machhad.
Leur famille n’a toujours pas été informée des motifs de leur détention ni des chefs d’inculpation. Le couple a été arrêté à son domicile par les forces de sécurité le 18 mars 2026. Selon certaines informations, leur détention pourrait être liée à l’aide humanitaire qu’ils ont apportée à des blessés lors des manifestations de janvier 2026, ainsi qu’à des accusations d’utilisation de services Internet par satellite Starlink.
Urgence médicale et déni de soins à la prison d’Evin
Mahshar (Mohtaram) Parandin, une chrétienne convertie incarcérée à la prison d’Evin, se voit toujours refuser l’accès à des soins médicaux spécialisés. Son état nécessite d’urgence une angiographie cardiaque ainsi qu’une intervention chirurgicale pour des tumeurs au cou.
Bien qu’elle ait été transférée vers un hôpital la semaine dernière, elle a été renvoyée en cellule après un simple test diagnostique, sans recevoir les traitements nécessaires ni ses médicaments. Elle souffrirait également d’une masse à l’arrière de la tête. Transférée au quartier des femmes d’Evin en décembre 2025, elle fait face à l’opposition du procureur concernant sa libération conditionnelle. Cette artiste, mère d’un enfant, purge une peine de deux ans.
Par ailleurs, les sœurs Leila et Maryam Afarin sont également détenues au quartier des femmes d’Evin. Leila Afarin souffre d’une tumeur maligne au cerveau, mais elle est privée de tout traitement adéquat. Les deux sœurs purgent chacune une peine d’un an depuis le 10 décembre 2025.
Arrêtés pour avoir exprimé une opinion : quel avenir pour Farzaneh Farahbod et son époux ?
La poétesse et militante des droits des femmes Farzaneh Farahbod et son mari, l’enseignant retraité Alireza Shayegan, sont détenus sans statut légal clair à la prison de Torbat-e Heydarieh depuis le 14 avril 2026.
Le couple a été arrêté après avoir été convoqué par le bureau du renseignement. Selon des informations de presse, leur détention ferait suite à des propos exprimant leur satisfaction après le décès d’Ali Khamenei et à une demande de minute de silence en mémoire des victimes des manifestations de janvier 2026.
Condamnation record à Ahvaz pour Maryam Babajani
Maryam Babajani, l’une des personnes arrêtées lors du soulèvement national de 2026 à Izeh, a été condamnée par la 1re chambre du tribunal révolutionnaire d’Ahvaz à une peine écrasante de 32 ans, six mois et deux jours de prison. Interpellée à la fin du mois de janvier 2026, elle avait été temporairement libérée sous une caution équivalente à 10 milliards de tomans en attendant la suite de la procédure.
Une enseignante et artiste arrêtée à sa sortie du tribunal ?
L’enseignante, écrivaine et artiste Zahra Arefimehr a été arrêtée le 31 mai à l’issue d’une audience au tribunal révolutionnaire de Sabzevar. Elle a été transférée à la prison de Torbat-e Heydarieh. Les autorités invoquent ses publications en ligne liées aux victimes des événements de 2026.
Par ailleurs, la cour d’appel de la province d’Ispahan a confirmé la peine de six ans de prison contre Roya Ostovar, citoyenne de confession bahaie, pour ses activités éducatives et ses publications sur les réseaux sociaux.
Enfin, la cinéaste Samira Norouz Naseri a été arrêtée à Téhéran le lundi 1er juin 2026 lors d’un raid à son domicile mené sans mandat judiciaire. Les agents ont fouillé son appartement et saisi ses effets personnels et professionnels, notamment son ordinateur et son téléphone portable.
Pourquoi les arrestations de femmes en Iran ciblent-elles particulièrement les artistes et les enseignantes depuis le début de l’année 2026 ?
Le régime clérical considère les milieux éducatifs et culturels comme les principaux foyers de la conscience sociale et de la contestation. En multipliant les arrestations de femmes en Iran issues de ces secteurs, le pouvoir cherche à neutraliser les figures capables d’influencer la jeunesse et de porter un discours de résistance. Les enseignantes, comme Zahra Arefimehr, et les artistes, comme Samira Norouz Naseri ou Soheila Hosseini, disposent d’une plateforme qui leur permet de documenter la répression ou de soutenir les victimes, ce qui en fait des cibles prioritaires pour les services de renseignement souhaitant étouffer toute résurgence du soulèvement.


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