mardi 23 juin 2026

126e semaine de la campagne « Non aux exécutions le mardi » dans 57 prisons

 Lors de la 126e semaine de la campagne de protestation « Mardi sans exécutions », des prisonniers politiques de 57 prisons à travers l'Iran ont de nouveau exprimé leur opposition au maintien des condamnations à mort par une grève de la faim le mardi 23 juin. Avec l'adhésion de la prison de Kerman à ce mouvement, le nombre de prisons participantes atteint désormais 57, un chiffre qui témoigne de l'ampleur et de l'influence croissante de cette revendication parmi les détenus dans différentes régions du pays.

Depuis près de trois ans, la campagne « Non aux exécutions le mardi » est devenue l'un des mouvements de protestation les plus durables et les plus importants au sein des prisons. Malgré les pressions sécuritaires, les menaces, les restrictions de communication et les conséquences potentielles des grèves de la faim, les participants persistent dans leur action. Ils estiment que la peine de mort viole non seulement le droit fondamental à la vie, mais qu'elle est aussi devenue un instrument pour instaurer un climat de peur et faire taire les voix critiques.

Voici le texte intégral de la déclaration de campagne « Non aux exécutions le mardi » :

La prison de Kerman se joint à la campagne « Non aux exécutions le mardi »

Poursuite de la campagne « Mardis sans exécutions » pour sa 126e semaine dans 57 prisons différentes.

Alors que la dignité humaine devrait être le fondement du droit, de la justice et de la gouvernance, la machine à tuer et à exécuter le régime iranien continue de tourner à plein régime. Selon les informations reçues, le 7 juin, deux femmes âgées de 28 et 32 ​​ans, identifiées comme Asieh Farahmand et Zeynab Zarini, ont été pendues à la prison de Qazvin. Faute de transparence dans la couverture médiatique, l'information concernant ces exécutions nous est parvenue très récemment.

Par ailleurs, le 16 juin, deux prisonniers politiques arrêtés lors des manifestations de janvier à Shahroud, Abolfazl Saeedi et Javad Zamani, ont été exécutés. Ainsi, le nombre de prisonniers exécutés entre le 22 mai et le 22 juin s'élève à 134.

En Iran, la peine de mort n'est pas un outil au service de la justice, mais plutôt un mécanisme visant à répandre la peur, à faire taire les voix dissidentes et à renforcer la structure autoritaire du pouvoir.

Par ailleurs, après des mois de conflit militaire et les lourdes pertes humaines infligées au peuple iranien, le régime iranien et les États-Unis sont parvenus ces dernières semaines à un accord de principe. Selon les termes publiés, aucune mention n'a été faite des droits de l'homme, de la répression ou des exécutions atroces perpétrées en Iran. Cela démontre que le peuple iranien doit compter sur lui-même pour impulser le changement.

Amnesty International et Mme Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations Unies, ainsi qu'un certain nombre d'experts de l'ONU, ont dénoncé, dans des déclarations distinctes, la négligence dont sont victimes les violations des droits de l'homme en Iran et l'impunité dont bénéficient toujours les responsables de ces violations, qui échappent à toute responsabilité et poursuite internationale.

Nous déclarons à toutes les consciences éveillées, aux institutions internationales, aux défenseurs des droits de l'homme et aux opposants à la peine de mort :

Nous, prisonniers participant à la campagne « Mardi sans exécutions », qui, depuis 126 semaines consécutives, protestons chaque mardi dans les prisons iraniennes par des grèves de la faim et tous les moyens à notre disposition contre les exécutions dignes du Moyen Âge en Iran, réaffirmons que les droits humains du peuple iranien, et en particulier ceux des prisonniers, sont non négociables. Aux côtés du peuple iranien, nous défendrons la liberté, l’égalité et l’abolition de la peine de mort jusqu’à notre dernier souffle et notre dernier souffle de force.

Nous appelons tous les citoyens iraniens honorables et conscients, ainsi que les consciences éveillées du monde et les organisations internationales de défense des droits de l'homme, à ne pas rester indifférents à la vague croissante d'exécutions en Iran et à prendre des mesures responsables et efficaces pour mettre fin à ce crime organisé perpétré par le fascisme religieux qui gouverne l'Iran.

L'histoire a démontré qu'aucune tyrannie ne s'est perpétuée par la violence et qu'aucun gouvernement n'a pu faire taire durablement les revendications de justice du peuple. Ce qui perdurera, ce sont les idéaux de liberté, d'égalité et de respect du droit à la vie et à la dignité humaine – des valeurs pour lesquelles le peuple iranien a payé un lourd tribut et qu'il continue de défendre.

La campagne « Mardis sans exécutions » informe le public qu'un groupe de prisonniers de la prison de Kerman a rejoint le mouvement de protestation contre les condamnations à mort et participe à des grèves de la faim tous les mardis aux côtés d'autres détenus.

Les prisonniers participant à la campagne « Mardis sans exécution » sont en grève de la faim ce mardi 23 juin, lors de la 126e semaine de la campagne dans 57 prisons à travers le pays.

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