vendredi 26 juin 2026

Indice mondial de la torture : l’Iran figure parmi les pays les plus à risque au monde en matière de torture

 Le dernier Indice mondial de la torture classe l'Iran parmi les pays les plus à risque au monde en matière de torture, d'impunité et de violences d'État. Il met en garde contre l'intensification de la répression suite au conflit militaire de l'année dernière, qui a accru les risques de torture, de mauvais traitements, de détention arbitraire et d'autres violations graves des droits humains.

L’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et ses organisations partenaires ont publié jeudi 25 juin la deuxième édition de l’Indice mondial de la torture. Cet indice évalue le risque de torture dans 39 pays répartis dans différentes régions du monde.

Le rapport a été publié à la veille du 26 juin, Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, que l'ONU a instituée pour souligner l'interdiction absolue de la torture et le soutien à ses victimes et survivants. Volker Türk : Au moins 40 personnes exécutées en Iran pour des accusations liées à la sécurité 

D'après les données sur l'Iran, compilées en coopération avec la coalition Impact Iran, la torture est profondément ancrée dans les lois, les politiques et les pratiques officielles du régime iranien.

Le rapport indique également que l'escalade du conflit militaire, notamment les attaques israéliennes de juin 2025 et les attaques américano-israéliennes ultérieures contre le régime iranien, a accru le risque de torture, de mauvais traitements, de détention arbitraire et d'autres violations graves des droits de l'homme.

Selon cet indice, le régime iranien a été évalué au niveau de risque le plus élevé dans six des sept principales catégories d'évaluation : engagement politique, violences policières et d'État, impunité des auteurs de ces actes, droits des victimes, droit à la défense des droits de l'homme et protection de tous les individus.

L’état des lieux de détention a également été jugé « à haut risque ». Les conclusions de l’indice indiquent que la torture dans le régime iranien n’est pas l’exception, mais bien un outil de gouvernance.

Torture, exécutions et groupes à risque

Le rapport indique que le régime iranien n'a toujours pas adhéré à la Convention des Nations Unies contre la torture et ne reconnaît pas la torture comme une infraction pénale distincte en vertu de sa législation.

D'après les auteurs du rapport, le cadre juridique du régime iranien continue d'autoriser des châtiments tels que la flagellation et l'amputation, tandis que le système judiciaire permet des condamnations fondées uniquement sur des aveux. Ils affirment que cela incite à recourir à la torture et aux mauvais traitements pour obtenir des aveux, y compris ceux diffusés ultérieurement par les médias d'État.

Le rapport indique que l'Iran affiche l'un des taux d'exécution les plus élevés au monde. Selon ses estimations, au moins 1 639 personnes ont été exécutées en Iran en 2025, dont des mineurs au moment des faits qui leur étaient reprochés.

Le rapport indique également que les auteurs de tortures sous le régime iranien bénéficient d'une impunité quasi totale. Il ajoute qu'aucun organisme indépendant n'est chargé d'enquêter sur les allégations de torture ou de décès en détention, et que les centres de détention fonctionnent avec un contrôle externe très limité, voire inexistant.

Selon cette évaluation, les femmes et les filles, les minorités ethniques, les défenseurs des droits humains, les journalistes et les avocats sont plus exposés que les autres à la torture, à la détention arbitraire et à d'autres formes de violations des droits humains.

L'Organisation mondiale contre la torture a appelé le régime iranien à mettre fin aux exécutions et aux châtiments corporels judiciaires, à adhérer à la Convention des Nations Unies contre la torture, à criminaliser la torture en vertu de sa législation nationale, à mettre fin au recours aux aveux forcés et à permettre à la Mission d'établissement des faits de l'ONU d'accéder sans restriction à l'Iran.

L’organisation a également appelé la communauté internationale à soutenir les efforts visant à traduire en justice les auteurs de violations des droits de l’homme, à fournir les ressources nécessaires à ces efforts et à protéger les victimes de torture et leurs familles.

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