jeudi 14 mai 2026

Détention de la famille d’Abolfazl Paydar, victime du soulèvement national de janvier 2026

La République islamique ne s’est pas seulement livrée à un massacre sans précédent et à des crimes de guerre contre son propre peuple durant les soulèvement national de décembre 2025 / janvier 2026 (Dey 1404), elle refuse depuis également de mettre fin aux arrestations et au harcèlement des familles des personnes tuées, tentant par tous les moyens de réduire au silence leurs revendications de justice. De nombreuses familles ont été empêchées d’organiser des cérémonies publiques, de parler aux médias ou d’annoncer les noms de leurs proches sous la menace et l’intimidation. Dans certains cas, des familles ont signalé qu’un manque de coopération avec les agences de sécurité avait entraîné des conséquences telles que des convocations, des arrestations ou des privations sociales.

Abolfazl Paydar ; l’adolescent de 17 ans tué lors du soulèvement de janvier 2026

Abolfazl Paydar, âgé de 17 ans et originaire de Sabzevar, figurait parmi les plus jeunes victimes des manifestations nationales de décembre 2025 / janvier 2026. Il a été tué par des tirs à balles réelles des forces de sécurité lors de la répression à Sabzevar.

Depuis sa mort, les efforts de sa famille pour préserver sa mémoire — notamment l’organisation d’une cérémonie pour son anniversaire — ont été réprimés, faisant de lui un symbole du mouvement de quête de justice à Sabzevar et au-delà.

Répression de la cérémonie d’anniversaire et arrestation de la famille

Le 5 mai 2026 (15 Ordibehesht 1405), la famille et les amis d’Abolfazl Paydar avaient l’intention d’organiser une cérémonie d’anniversaire en sa mémoire à Sabzevar. Les forces de sécurité ont mené une descente violente contre le rassemblement, utilisant des tasers et des matraques afin d’empêcher la cérémonie, et ont arrêté plusieurs membres de la famille ainsi que des proches. Certains rapports indiquent qu’au moins 9 personnes ont été arrêtées lors de cette tentative d’organisation de la cérémonie. Les agents de sécurité sont intervenus avant le début de l’événement pour empêcher sa tenue.

Parmi les détenus, les noms suivants ont été confirmés :

  • Amirhossein Paydar – frère
  • Farzaneh Parvaneh – mère
  • Saeid Parvaneh – oncle
  • Elham Parvaneh – tante

Exil informel des détenus

Après leur arrestation, ces personnes ont été transférées à la prison de Torbat-e Heydarieh et sont depuis détenues sans accès à un avocat ni informations claires concernant l’état de leurs dossiers. À ce jour, aucun détail supplémentaire concernant la situation des autres détenus, les éventuelles accusations ou leur lieu exact de détention n’a été obtenu, et les investigations sur l’identité des autres personnes arrêtées sont toujours en cours.

Le transfert des détenus de Sabzevar vers la prison de Torbat-e Heydarieh — située à 250 kilomètres — constitue une double forme de harcèlement ainsi qu’un déplacement forcé des détenus, destiné à créer des obstacles pour les autres membres de la famille cherchant des informations sur la situation des personnes arrêtées.

Violations du droit international des droits humains dans l’affaire de la famille Paydar

Violation du droit à la vie de l’enfant (Convention relative aux droits de l’enfant)

En tant que jeune de 17 ans, Abolfazl Paydar était protégé par la Convention relative aux droits de l’enfant. Le tuer par des tirs à balles réelles constitue une violation flagrante du droit à la vie (article 6 de la Convention).

Violation du droit de réunion pacifique (article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme)

Raid contre une cérémonie d’anniversaire et interdiction du deuil et de la commémoration du défunt.

Interdiction de la détention arbitraire (article 9 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques)

Arrestation de membres de la famille sans mandat légal et uniquement en raison de leur quête de justice.

Violation du droit à un procès équitable (article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques)

Maintien des détenus dans une situation d’incertitude et refus d’accès à une assistance juridique.

Harcèlement des familles en quête de justice (article 17 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et article 12 de la Déclaration universelle des droits de l’homme)

Ces articles soulignent explicitement le « droit à la protection de la vie privée, de la famille et de la correspondance ». Le harcèlement systématique, les convocations et la détention des familles cherchant à obtenir des informations sur leurs proches constituent une violation directe de ces articles et représentent une « ingérence arbitraire dans la vie familiale ».

Action urgente

Nous demandons les mesures immédiates suivantes :

Libération inconditionnelle

Une demande officielle adressée aux autorités judiciaires pour la libération immédiate de tous les membres de la famille Paydar ainsi que des autres détenus arrêtés lors de la cérémonie de Sabzevar.

Fin du harcèlement des familles en quête de justice

Une pression internationale sur le gouvernement iranien afin qu’il mette fin à la politique d’intimidation et d’arrestation des familles des personnes tuées lors du soulèvement de décembre 2025 / janvier 2026.

Responsabilité pour le meurtre d’un mineur

Exiger que les agences de sécurité soient tenues responsables du tir direct ayant causé la mort d’Abolfazl Paydar (jeune de 17 ans), conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant, dont l’Iran est signataire.

Enregistrement dans les rapports périodiques

Transmission immédiate du rapport concernant ces arrestations en chaîne à la Mission internationale indépendante d’établissement des faits des Nations unies, dans le cadre de la répression continue faisant suite au soulèvement de janvier 2026. 

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