mercredi 6 mai 2026

Iran : les conditions de détention indignes des femmes à la prison de Vakilabad

 Le quartier Aramesh de la prison de Vakilabad, à Machhad, abrite un certain nombre de prisonnières. Actuellement, au moins 23 femmes y sont détenues. Certaines ont été arrêtées lors des manifestations de janvier 2026, tandis que d’autres ont été interpellées dans le sillage des tensions militaires et du climat de sécurité renforcé qui a suivi.

Par ailleurs, au moins sept autres prisonnières sont maintenues dans le quartier de quarantaine de l’établissement. Par conséquent, le nombre total de femmes détenues dans les quartiers Aramesh et de quarantaine de la prison de Vakilabad est estimé à au moins 30.

Ces quartiers souffrent d’un manque flagrant d’installations de base, notamment une ventilation adéquate, des infrastructures sanitaires et de douche décentes, une literie suffisante et un accès approprié aux soins médicaux.

Processus de détention

Le processus de détention de ces personnes commence généralement par leur transfert au quartier 6, où les détenues sont maintenues au secret et privées de tout droit de visite pendant la phase d’interrogatoire. Une fois les interrogatoires terminés, les prisonnières de plus de 18 ans sont transférées soit vers le quartier Aramesh, soit vers le quartier de quarantaine.

Conditions physiques du quartier Aramesh

Le quartier Aramesh est une structure semblable à un entrepôt située en sous-sol, à un niveau inférieur aux autres sections de la prison et face au quartier 1. Sa conception semi-souterraine contribue à la dureté des conditions de vie. Selon le témoignage d’une manifestante récemment libérée, ce quartier ressemble à un « nid de fourmis ».

Les plafonds bas, le manque de ventilation et le nombre insuffisant de fenêtres rendent la respiration difficile pour les détenues, provoquant de fréquentes détresses respiratoires et des crises de panique. La porte du quartier reste fermée, sauf en cas de nécessité absolue, et les prisonniers des autres sections ne sont pas autorisés à y pénétrer.

Parmi les problèmes signalés dans le quartier Aramesh figurent une pénurie de couvertures et d’oreillers, des systèmes de chauffage et de climatisation défaillants, ainsi que des conditions sanitaires déplorables, notamment un manque de toilettes et de douches proportionnellement au nombre de détenues.

Pour des raisons inexpliquées, une odeur d’égout imprègne le quartier, causant un inconfort majeur aux prisonnières. L’absence de ventilation adéquate aggrave encore ces conditions.

Accès aux soins médicaux

Le quartier Aramesh est dépourvu d’installations médicales adéquates. Une ancienne détenue a rapporté qu’en cas d’urgence médicale, les prisonnières doivent transférer la personne souffrante vers l’infirmerie de la prison. Toutefois, en raison du manque de ressources, un traitement efficace est rarement dispensé, et la patiente est généralement renvoyée dans le quartier sans avoir reçu les soins appropriés.

Historique du quartier Aramesh

Le quartier Aramesh faisait office d’unité disciplinaire et punitive. Par le passé, les prisonniers accusés de violations disciplinaires ou d’infractions liées à la drogue y étaient temporairement détenus. Il a depuis été réaffecté comme lieu de détention pour les personnes nouvellement arrêtées.

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