mercredi 6 mai 2026

Conséquences de la guerre : la vie des travailleurs iraniens en proie à une crise des moyens de subsistance

 Suite à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre le régime iranien, l'impact des attaques ne se limite pas aux dégâts matériels ; le marché du travail est également plongé dans une période d'instabilité généralisée. Une vague de licenciements, la fermeture d'entreprises en ligne, une inflation galopante, une flambée des loyers et une forte baisse du pouvoir d'achat exercent aujourd'hui une pression immense sur les familles de la classe ouvrière et sur une grande partie de la société iranienne.

L'économie iranienne, déjà fragilisée par une inflation structurelle élevée, s'enfonce davantage sous la pression écrasante de la hausse des prix. Selon certaines sources, le taux de change du dollar américain a atteint un niveau sans précédent de 1,9 million de rials. Parallèlement, d'après la Banque centrale iranienne, l'inflation avoisine les 70 % et le coût de la vie a franchi des seuils critiques. Les données officielles montrent également que l'inflation alimentaire a dépassé les 60 %, que les loyers ont de nouveau augmenté dans de nombreuses villes et que le revenu des ménages de la classe ouvrière a chuté à environ 200 dollars par mois. Dans le même temps, un décret gouvernemental fixe le salaire minimum pour un travailleur ayant un enfant à environ 127 dollars, un montant qui continue de diminuer chaque jour en raison de la hausse du dollar.

Comment la guerre a déstabilisé le marché du travail iranien

Les attaques militaires et les perturbations des infrastructures industrielles et de communication ont fait basculer l'économie iranienne, déjà fragile et instable, dans une nouvelle phase : les chaînes de production se sont arrêtées, les chaînes d'approvisionnement ont été perturbées, la capacité des usines a diminué, les entreprises internet ont fermé leurs portes et un tsunami de licenciements s'en est suivi.

Le coup le plus dur porté aux travailleurs par la guerre, conjugué au déni de leurs droits, aurait touché jusqu'à 2 millions de personnes. D'une part, la guerre a provoqué une flambée de l'inflation, notamment dans les secteurs de l'alimentation, du logement et des médicaments ; d'autre part, les salaires de nombreux travailleurs ont été suspendus ou réduits. Dans les usines endommagées, les employés sont placés en congé forcé sans solde, les avantages sociaux tels que les primes annuelles, les allocations logement et les cotisations d'assurance ne sont souvent pas versés, et les licenciements sont devenus monnaie courante.

Face à une inflation galopante, le pouvoir d'achat des ménages chute brutalement, tandis qu'une hausse de 50 à 60 % des prix des matériaux de construction annonce une nouvelle flambée des prix de l'immobilier.

Avant même la guerre, la part des femmes dans l'emploi n'excédait pas 20 %, et leur situation est aujourd'hui bien pire que celle des hommes. Selon les autorités, seules 147 000 personnes ont été jugées éligibles aux allocations chômage, dont un tiers seulement sont des femmes. La plupart de ces personnes sont également confrontées à de longues files d'attente pour le traitement de leur demande. En raison de la faiblesse du fonds et de diverses restrictions, les allocations chômage ne représentent souvent que la moitié du salaire antérieur, ce qui est insuffisant pour payer le loyer. La moitié des travailleurs, hommes et femmes confondus, exercent leur activité dans des secteurs non couverts par la législation du travail.

Moyens de subsistance dépendants d'Internet et pannes de réseau

L'une des différences majeures entre cette guerre et les crises précédentes réside dans le coup porté directement à l'économie numérique. Les coupures généralisées d'Internet ont contraint une grande partie des entreprises en ligne à cesser leurs activités. En Iran, ces coupures ne se limitent pas à des restrictions de communication ; pour de nombreuses femmes et de nombreux ménages travaillant à domicile ou en ligne, elles signifient de fait une exclusion totale du marché du travail.

Plus d'un million d'emplois, petits et grands, liés à Internet ont été gravement affectés par les interruptions prolongées du réseau, ainsi que de nombreuses entreprises à domicile, dont la plupart sont gérées par des femmes.

Les loyers absorbent les salaires

Le journal d'État Ham-Mihan a rapporté que de nombreux ménages ont été contraints de quitter la capitale en raison du coût élevé de la vie, ce qui témoigne des pressions structurelles exercées par le marché du logement sur la classe ouvrière urbaine. Dans le discours officiel des institutions du régime iranien, des mesures telles que les bons alimentaires et l'assurance chômage sont présentées comme des politiques de soutien. Cependant, dans une économie où le pouvoir d'achat a chuté d'au moins 50 % en un an, ces aides ne contribuent que très marginalement à atténuer les difficultés de subsistance.

Répression accrue des manifestations ouvrières en temps de guerre

La prévention des activités syndicales, la suspension effective du droit du travail et le climat sécuritaire créé par la guerre ont réduit la possibilité de répondre aux pressions subies par les travailleurs, tandis que toute forme de protestation ouvrière est réprimée.

La pression qui affecte actuellement la santé mentale des travailleurs n'est pas seulement la conséquence de la guerre ou des crises récentes, mais bien le résultat d'années de crises économiques cumulées, de privatisations, de la multiplication des contrats temporaires, de la précarité de l'emploi et de la baisse du pouvoir d'achat des salaires. Ces dernières années, ces pressions se sont intensifiées en raison de la guerre, de ses conséquences économiques et de la répression des mouvements sociaux, affectant non seulement les travailleurs eux-mêmes, mais aussi leurs familles.

Cette situation entraîne une forte baisse du pouvoir d'achat et le déplacement d'une partie de la classe moyenne vers des zones urbaines moins chères, une tendance qui montre que le rétrécissement de la classe moyenne et l'expansion des groupes à faibles revenus sont devenus des problèmes structurels de la société.

Le comportement du secteur privé dans le contexte actuel est indissociable des politiques mises en œuvre par le gouvernement et les institutions chargées des questions de travail. Dans la structure actuelle, le gouvernement et le ministère du Travail sont davantage enclins à protéger les intérêts des grands employeurs et des entreprises qu'à défendre les droits des travailleurs.

Perspectives de l'économie ouvrière dans la situation d'après-guerre

Dans de telles conditions, on peut parler d'une sorte de perspective de misère économique et sociale, bien que l'expérience historique montre que ces mêmes pressions peuvent aussi créer les conditions de nouvelles formes de solidarité et de soulèvement populaire.

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