jeudi 7 mai 2026

Iran : le déni de soins systématique menace la vie d’une prisonnière politique

 La prisonnière politique Parisa Kamali fait face à une crise sanitaire majeure mettant sa vie en danger, alors que les autorités de la prison de Yazd instrumentalisent la négligence médicale contre les dissidents. Sous le prétexte fallacieux de « l’état de guerre », les responsables carcéraux du régime clérical misogyne privent systématiquement Mme Kamali de médicaments essentiels et bloquent son transfert urgent vers des structures hospitalières extérieures, malgré la détérioration rapide de son état de santé.

Mme Kamali, âgée de 40 ans, purge actuellement une peine à la prison centrale de Yazd pour son soutien à l’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI). Ce refus délibéré de lui fournir des soins vitaux ne met pas seulement sa vie en péril, il est utilisé comme un outil de pression physique et psychologique. De plus, les autorités ont intensifié leur harcèlement en menaçant de l’exiler vers la lointaine prison de Khash, une mesure destinée à l’isoler davantage et à aggraver sa détresse médicale.

Un tel exil placerait indubitablement sa vie en danger immédiat. Malgré ces pressions inhumaines, Mme Kamali demeure inébranlable. Dans un message de défi marquant le quarantième jour de commémoration des martyrs du soulèvement de janvier 2026, elle a écrit :

« Nous ne permettrons jamais que ce drapeau tombe avant que notre patrie, l’Iran, ne soit libre. Nous croyons que ce chemin marqué par le sang mènera finalement à la victoire. »

Qui est Parisa Kamali Ardakani ?

Parisa Kamali Ardakani a été arrêtée le 29 avril 2024 à Ispahan et initialement détenue à la prison de Dowlatabad. Elle fait l’objet de trois dossiers distincts ouverts à Ispahan et Ardakan, impliquant divers chefs d’accusation liés à la sécurité. En 2025, elle a été transférée à la prison de Yazd. Après avoir accepté le verdict du tribunal (« taslim be ra’y »), sa peine cumulée a été réduite à trois ans et demi. Née en 1986 à Abadan, Mme Kamali est mariée et étudiante en géographie.

Abus systémiques à la prison de Yazd

Le calvaire de cette prisonnière politique est exacerbé par les conditions inhumaines régnant dans le quartier des femmes de la prison de Yazd. Plusieurs détenues politiques, y compris celles arrêtées lors des manifestations nationales de janvier 2026, sont incarcérées aux côtés de prisonnières condamnées pour des crimes violents ou des délits liés à la drogue, ce qui constitue une violation directe du principe de séparation des catégories de délits.

La surpopulation carcérale extrême et le manque d’installations de base ont transformé la prison en un lieu de souffrance permanente. De nombreuses femmes sont restées au quartier de quarantaine pendant des semaines après leur arrestation lors du soulèvement, subissant des conditions déplorables et une pression judiciaire accrue, tout en étant maintenues dans un flou juridique insoutenable.

Peines sévères et corruption financière

L’appareil judiciaire iranien continue de prononcer de lourdes peines pour étouffer la contestation. Dans un cas précis, une professionnelle de santé a été licenciée et exilée simplement pour ses activités sur les réseaux sociaux, comme avoir « aimé » ou partagé des contenus politiques. Dans une autre affaire, une peine initiale de 25 ans a été réduite à quatre ans après la fusion de plusieurs dossiers, illustrant l’absence totale de transparence dans les procédures judiciaires du régime.

Au-delà de la tyrannie judiciaire, des informations soulignent une corruption financière généralisée parmi les responsables pénitenciers. À plusieurs reprises, des collectes de fonds « Golrizan » ont été organisées pour obtenir la libération de prisonnières politiques. Cependant, bien que le public ait fait don de la totalité des sommes requises pour les cautions ou les amendes, les fonds ont été détournés par les autorités. En conséquence, ces prisonnières restent incarcérées pendant des années tandis que les responsables tirent profit de leur détresse.

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