Aux premières heures du mercredi 20 mai, les condamnations à mort de deux prisonniers politiques kurdes, Ramin Zeleh et Karim Maroufpour, ont été exécutées en secret à la prison centrale de Naqadeh. Selon des sources de défense des droits humains, les exécutions ont eu lieu sans que leurs familles en soient informées et sans qu'elles aient pu leur rendre un dernier hommage.
Selon des informations publiées, les deux prisonniers, tous deux originaires du comté de Naqadeh, avaient été précédemment condamnés à mort dans une affaire conjointe par la première chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad pour baghi (« rébellion armée contre l'État ») en raison de leur appartenance au Parti démocratique du Kurdistan d'Iran (KDPI). La campagne des mardis contre les exécutions en Iran s’étend à 56 prisons en Iran
Au moment même des exécutions, l'agence de presse Mizan, organe officiel du pouvoir judiciaire du régime, a confirmé ces dernières dans un communiqué et a accusé les deux prisonniers d'appartenance à des groupes kurdes, de participation à une insurrection armée et de tentative d'assassinat. Cependant, les organisations de défense des droits humains ont une fois de plus exprimé leur inquiétude quant au recours aux aveux forcés et à l'opacité des procédures judiciaires dans les affaires politiques, notamment dans les régions kurdes.
Ramin Zeleh a été arrêté par les forces du ministère du Renseignement en août 2024 et, après environ 507 jours de détention et d'incertitude juridique, a été condamné à mort. Selon les informations disponibles, son audience n'a duré que quelques minutes et s'est tenue sans la présence de son avocat. Sa peine capitale lui a été officiellement notifiée en prison en décembre 2024.
Karim Maroufpour, 29 ans, originaire de Naqadeh, avait déjà été arrêté à Sardasht en avril 2021. Il aurait été violemment battu lors de son arrestation et détenu au secret pendant une longue période, sans aucun contact avec sa famille. Il a finalement été condamné à mort aux côtés de Ramin Zeleh dans le cadre de la même affaire.
Il convient de noter que le régime iranien, dans un contexte de guerre et d'instabilité régionale, a eu recours à l'exécution massive de prisonniers politiques en prévision de possibles soulèvements et manifestations du peuple iranien.
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