lundi 4 mai 2026

La machine d’exécutions du régime iranien s’accélère et alimente un cycle de défiance

 Alors que le régime intensifie les exécutions de détenus liés aux manifestations, une vague de troubles de représailles signale que la répression intensifie la résistance plutôt que de la contenir.

L’encre était à peine sèche sur les rapports concernant l’exécution de Sasan Azadvar — désigné par ses soutiens comme le « héros d’Ispahan » — que, aux premières heures du 3 mai, le pouvoir judiciaire du régime iranien a procédé à une autre exécution. Mehrab Abdollahzadeh, un jeune homme associé au soulèvement de 2022, a été pendu à la prison d’Oroumieh.

Au 4 mai, le schéma s’était répété. Les autorités ont de nouveau exécuté des individus liés aux manifestations — cette fois en lien avec les troubles de janvier 2026 — soulignant ce qui semble être une campagne accélérée de peine capitale visant la dissidence.

Selon des médias affiliés au pouvoir judiciaire, trois autres individus — Mehdi Rasouli, Mohammadreza Miri et Ebrahim Dowlatabadi — ont été exécutés pour des accusations liées à la mort de membres de la milice Bassidj à Mashhad. Des sources étatiques ont affirmé que Rasouli et Miri étaient impliqués dans des « actes violents » en janvier 2026 et avaient joué un rôle direct dans la mort d’un membre du Bassidj identifié comme Hamidreza Yousefinejad. Dowlatabadi, quant à lui, a été décrit comme un « principal meneur des troubles » dans le district de Tabarsi, prétendument lié à la mort de plusieurs forces du Bassidj.

Ces exécutions surviennent à un moment de fragilité politique accrue. Le régime — confronté à des troubles persistants et craignant de nouvelles manifestations nationales — semble s’appuyer sur les exécutions comme mécanisme de dissuasion. Pourtant, les conséquences immédiates suggèrent l’effet inverse : plutôt que de supprimer la dissidence, les exécutions déclenchent une nouvelle phase de confrontation.

Des rapports indiquent que des groupes et réseaux liés aux manifestations ont répondu par des actes coordonnés de défi dans plusieurs villes. Ces actions ont inclus des attaques contre des symboles et des installations associées à l’appareil sécuritaire et idéologique de l’État.

À Dezful, une explosion aurait visé un centre de propagande religieuse. À Ahwaz, une installation éducative affiliée au Bassidj a été attaquée. Des incidents similaires ont été signalés à Kermanshah, Buin Zahra et Hamedan, où des bases du Bassidj liées au Corps des gardiens de la révolution islamique (les pasdarans) ont été incendiées.

D’autres actes de résistance symbolique ont été signalés à Kerman, où des images associées au guide suprême Ali Khamenei ont été brûlées, et à Hafshejan (province de Chaharmahal et Bakhtiari), où une bannière portant l’image de Ruhollah Khomeini a été incendiée. À Cheram (province de Kohgiluyeh et Boyer-Ahmad), des individus auraient détruit une signalisation liée à un bureau de renseignement du Bassidj.

Ces développements indiquent un cycle qui s’élargit : des exécutions suivies de troubles de représailles, qui à leur tour peuvent provoquer de nouvelles répressions. Le régime a tenté de contrôler le récit et l’environnement — notamment par des restrictions d’internet et un renforcement de la sécurité dans les rues — mais ces mesures n’ont pas empêché la propagation des troubles.

Ce qui émerge n’est pas simplement une série d’incidents isolés, mais une dynamique structurelle. Le recours du régime des mollahs à la peine capitale comme outil de contrôle politique est de plus en plus confronté à des actes de résistance décentralisés, souvent symboliques. Pour de nombreux participants, ces actions sont présentées non seulement comme des représailles, mais comme la continuation d’une lutte plus large.

Le message accompagnant ces actes reflète ce changement. Les slogans circulant parmi les manifestants mettent l’accent sur la rétribution et la continuité, présentant les individus exécutés comme des symboles de résistance plutôt que comme des éléments dissuasifs. Dans cette perspective, les exécutions ne ferment pas des chapitres — elles en ouvrent de nouveaux.

D’un point de vue stratégique, la situation soulève des questions cruciales quant à l’efficacité de la répression dans le contexte iranien actuel. Si les exécutions peuvent imposer des coûts immédiats aux réseaux d’opposition, elles semblent également générer des récits mobilisateurs qui entretiennent et même élargissent la dissidence.

La dispersion géographique des incidents récents — d’Ahvaz à Dezful, et de Kermanshah à Hamedan — suggère que les troubles ne sont pas confinés à une seule région mais sont diffusés à travers plusieurs régions avec des dynamiques sociales et politiques variées.

En fin de compte, la trajectoire actuelle indique une crise de gouvernance qui s’approfondit. Les outils de répression de l’État restent intacts, mais leurs retombées politiques semblent diminuer. Dans le même temps, les dynamiques de l’opposition deviennent plus adaptatives, décentralisées et chargées symboliquement.

Si ce schéma persiste, l’Iran entre probablement dans une phase de confrontation soutenue et croissante dans laquelle la dépendance du régime aux exécutions et à la coercition érode davantage son autorité, tout en alimentant une résistance plus large et plus déterminée. Des rapports récents indiquent déjà une forte augmentation des exécutions et des arrestations massives liées aux manifestations, suscitant une condamnation internationale et renforçant la perception que la répression aggrave l’instabilité plutôt que de rétablir le contrôle.

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