lundi 27 juillet 2026

La coalition dirigée par l'Arabie saoudite bombarde le port d'Hodeïda, marquant une escalade des affrontements avec les Houthis soutenus par Téhéran

 Les Houthis du Yémen ont annoncé samedi 25 juillet au matin avoir mené une attaque de missiles contre l'Arabie saoudite, quelques heures seulement après que l'Arabie saoudite ait ciblé les positions du groupe en réponse aux attaques houthies contre des navires saoudiens.

Ces attaques sont survenues plusieurs jours après que les Houthis, soutenus par le régime iranien, ont annoncé l'imposition d'un « blocus naval » contre l'Arabie saoudite et ont par la suite attaqué deux pétroliers saoudiens en mer Rouge.

Cette escalade a accru les inquiétudes quant à l'ouverture d'un nouveau front dans le conflit régional et à de nouvelles perturbations des routes maritimes mondiales du pétrole.

Le média Ansar Allah, affilié aux Houthis, a rapporté tôt samedi qu'une « attaque de missile » avait provoqué un incendie dans la ville de Jizan, dans le sud de l'Arabie saoudite, sur la côte de la mer Rouge.

L’Arabie saoudite n’a pas encore confirmé cette information. Cependant, les autorités saoudiennes de la protection civile ont brièvement mis en garde les habitants de Jizan et de Yanbu, tôt samedi matin, contre un « danger potentiel », avant de lever l’alerte quelques minutes plus tard.

Des avertissements similaires ont déjà été émis par le passé lors de lancements de missiles ou de drones vers l'Arabie saoudite.

L'attaque présumée des Houthis est survenue après que la coalition dirigée par l'Arabie saoudite a annoncé vendredi avoir frappé les positions militaires du groupe au Yémen et détruit des cibles utilisées pour menacer la navigation commerciale.

Les Houthis ont qualifié les frappes saoudiennes d’« escalade dangereuse » et ont averti que les actions de Riyad « ne resteraient pas sans réponse ».

Du déclenchement d'un « blocus » aux attaques contre des pétroliers

Les Houthis ont annoncé lundi dernier avoir imposé un « blocus naval » contre l'Arabie saoudite, invoquant le principe de « l'œil pour l'œil ».

Le groupe a décrit cette initiative comme une réponse à ce qu'il a qualifié de « blocus » du Yémen par l'Arabie saoudite au cours des douze dernières années.

Dans un message radio diffusé à l'intention des navires, les Houthis ont également averti qu'ils cibleraient les navires « appartenant à l'ennemi saoudien » qui ne respecteraient pas le blocus déclaré.

Le groupe a également indiqué jeudi matin avoir ciblé deux pétroliers saoudiens en mer Rouge.

L'Arabie saoudite a confirmé qu'un navire appartenant à une compagnie saoudienne avait été visé. L'agence de presse saoudienne, citant un responsable des autorités de transport du pays, a rapporté qu'un navire avait été touché alors qu'il naviguait en mer Rouge. Sa coque a subi des dommages mineurs, mais il a pu poursuivre sa route.

Suite aux attaques des Houthis, le président américain Donald Trump a averti que Washington tiendrait le régime iranien responsable de toute future attaque de ce groupe et a menacé l'Iran et les Houthis de « sanctions militaires » si les attaques se poursuivaient.

Houthis : Nous ne fermerons pas le détroit de Bab el-Mandeb

Malgré la déclaration d'un blocus naval contre l'Arabie saoudite, les Houthis affirment qu'ils n'ont pas l'intention d'interrompre complètement le trafic maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb.

Mohammed Abdulsalam, porte-parole des Houthis et l'un des principaux négociateurs du groupe, a déclaré le vendredi 24 juillet : « Contrairement à ce que certains affirment, Bab el-Mandeb n'a pas été fermé. »

Il a souligné que le blocus décrété par le groupe ne visait « que la partie saoudienne ».

Cette déclaration fait suite aux menaces proférées par plusieurs responsables militaires du régime iranien, pendant et après la guerre de 40 jours contre les États-Unis et Israël, selon lesquelles les Houthis pourraient intervenir en faveur de l'Iran et fermer le détroit de Bab el-Mandeb.

Malgré les affirmations des Houthis selon lesquelles le détroit reste ouvert, les récentes attaques ont influencé le comportement des compagnies maritimes. D'après l'Agence France-Presse (AFP), au moins neuf navires ont modifié leur route depuis l'annonce du blocus contre l'Arabie saoudite.

Reuters a également rapporté que les attaques des Houthis ont contraint plusieurs pétroliers à modifier leur route et à se diriger vers le nord, en direction du canal de Suez. Pour atteindre l'Asie, ces navires devraient emprunter un itinéraire beaucoup plus long contournant l'Afrique.

L'importance croissante de la mer Rouge face aux perturbations dans le détroit d'Ormuz

L'escalade des tensions en mer Rouge est devenue encore plus préoccupante depuis que le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz a fortement diminué en raison de la guerre entre l'Iran et les États-Unis.

Afin de réduire sa dépendance au détroit d'Ormuz, l'Arabie saoudite achemine une partie de son pétrole par oléoduc jusqu'au port de Yanbu, sur la côte de la mer Rouge. De ce fait, la voie maritime de la mer Rouge a joué un rôle de plus en plus important dans les exportations pétrolières du royaume ces derniers mois.

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