lundi 27 juillet 2026

La migration depuis le sud de l’Iran à l’ombre du bellicisme du régime iranien

La migration et le déplacement des populations des villes du sud de l’Iran constituent l’une des conséquences de la guerre qui a bouleversé la vie de millions de personnes ces dernières semaines. Certains médias ont comparé la situation actuelle aux déplacements massifs de populations survenus dans le sud et l’ouest de l’Iran durant la guerre Iran-Irak, qui a duré huit ans.

À cette époque, des milliers de familles de la province du Khouzistan et d’autres régions touchées par le conflit avaient abandonné leur foyer pour se réfugier dans des zones plus sûres. Aujourd’hui, près de quarante ans après la fin de cette guerre, ce même sentiment de peur s’est de nouveau abattu sur le sud de l’Iran. Cette fois, outre la menace de guerre, la population doit également faire face à des difficultés économiques, à des températures dépassant les 50 °C et à des coupures fréquentes d’eau et d’électricité.

Si la guerre peut servir au régime iranien de moyen pour renforcer le contrôle sécuritaire de la société et intensifier la répression, elle revêt une signification bien différente pour les habitants du sud de l’Iran : l’inquiétude pour leur vie, leur foyer, leur emploi et leur avenir.

Le retour de douloureux souvenirs de guerre
Le 16 juillet, le site d’information officiel Fararu a publié un article intitulé « Le retour de la guerre dans la mémoire des villes ; les habitants d’Abadan et d’Ahvaz évoquent le retour de la peur et des souvenirs du temps de guerre », analysant la résurgence, chez les habitants du sud de l’Iran, des souvenirs liés au conflit de huit ans entre l’Iran et l’Irak.

L’article décrit la situation actuelle comme « un écho des jours de la guerre de huit ans », un conflit dont les stigmates restent visibles dans les villes touchées, qu’il s’agisse de « panneaux avertissant de la présence de mines » ou d’« éclats d’obus incrustés dans les murs ».

Toutefois, un autre facteur a accru l’inquiétude de la population : la proximité de certaines bases et installations militaires avec les zones résidentielles. L’incident tragique survenu dans une école de Minab et l’exposition des civils aux conséquences d’attaques militaires ont renforcé les craintes quant à la sécurité des citoyens ordinaires.

Vie, moyens de subsistance ou migration ?
Pour beaucoup, quitter leur ville n’est pas chose aisée, même s’ils le souhaitent. Que peut faire une famille qui ne possède pas de voiture, qui n’a pas les moyens de louer un logement dans une autre ville ou qui ne compte ni proches ni connaissances dans d’autres provinces, si le danger venait à s’aggraver ? Les coupures d’eau et d’électricité, survenant en pleine vague de chaleur extrême dans le sud, ont encore aggravé la situation, en particulier pour les familles avec enfants ou personnes âgées.

Le 19 juillet, le journal public *Shargh* a abordé le même sujet, soulignant que l’ombre de la guerre et la crainte d’un déplacement de population s’étendaient sur des régions déjà éprouvées par les difficultés économiques, des conditions de vie précaires et des infrastructures défaillantes.

Pour de nombreux habitants du sud de l’Iran, la question ne se résume plus à choisir entre rester ou partir ; il s’agit désormais d’un choix entre survie, moyens de subsistance et déplacement forcé.

« Où aller ? »
Dans un autre article publié le 21 juillet et intitulé « Que se passe-t-il dans le Sud ? Où aller ? », le média *Fararu* a relayé les inquiétudes des habitants locaux en posant ces questions : « La ville va-t-elle se vider ? Où devons-nous aller ? »

Le média écrit : « Personne ne comprend la situation du Sud aussi bien que les habitants du Sud eux-mêmes. »

Si les habitants sont contraints de quitter leur ville sans avoir de proches ou de lieu d’accueil dans une autre province, où iront-ils ? Comment subviendront-ils à leurs besoins ? Qu’adviendra-t-il de leurs emplois et de la scolarité de leurs enfants ? Parallèlement, la guerre a également perturbé de nombreuses activités économiques.

Dans ce contexte, Alireza Noura, vice-gouverneur de la province du Sistan-et-Baloutchistan et gouverneur spécial de Chabahar, a annoncé qu’aucun ordre officiel d’évacuation de Chabahar n’avait été émis. Toutefois, les assurances officielles affirmant que la situation est normale n’ont guère apaisé les inquiétudes de ceux qui subissent déjà les conséquences de la guerre au quotidien.

Une « vie en suspens » dans le sud de l’Iran
Euronews s’est également penché sur la situation dans les provinces du sud de l’Iran dans un reportage publié le 19 juillet, intitulé « Otages de la géographie : la vie de 11 millions de civils du sud de l’Iran pris au piège des tensions belliqueuses ».

Le reportage décrit une « vie en suspens », expliquant que la guerre a perturbé le quotidien dans quatre provinces du sud — des régions confrontées simultanément à des pénuries d’eau, des coupures d’électricité, une chaleur extrême et des difficultés économiques.

Tous les habitants du sud de l’Iran ne sont pas partis, et beaucoup refusent d’abandonner leurs foyers et leurs villes. La crainte est que, si la situation venait à se dégrader davantage, une grande partie de ces résidents se retrouve sans alternative claire ni sûre. Les personnes qui n’ont joué aucun rôle dans le processus décisionnel du régime iranien en matière militaire ou régionale en paient aujourd’hui le prix, au détriment de leur sécurité, de leurs moyens de subsistance et de leur avenir.

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