vendredi 9 janvier 2026

12e jour du soulèvement en Iran : La révolution s’intensifie tandis que le régime déploie des mercenaires étrangers et coupe Internet

 Le soulèvement national contre la dictature religieuse en Iran est entré dans une phase critique. Au coucher du soleil, le jeudi 8 janvier, douzième jour consécutif de manifestations, la dynamique dans les rues a basculé de la simple protestation à l’affrontement direct. Ce qui avait commencé le 28 décembre 2025, en réaction à l’effondrement du rial et à l’inflation galopante, s’est rapidement transformé en une véritable révolution politique exigeant le renversement du régime.

Jeudi a marqué un tournant violent, caractérisé par deux événements distincts : une grève générale nationale qui a paralysé les principaux centres commerciaux et le recours par le régime à des mesures désespérées, notamment une coupure totale d’internet et le déploiement de forces supplétives étrangères pour réprimer la population.

Le désespoir du régime : mercenaires et blocus numériques

Alors que le soulèvement s’étend à tout le pays, le régime clérical montre des signes de grande tension et de manque de main-d’œuvre fiable. Des informations en provenance de Kermanshah, jeudi soir, indiquent que le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a déployé des membres arabophones des Hachd al-Chaabi (Forces de mobilisation populaire) irakiennes pour l’aider à réprimer les manifestants. Des témoins locaux dans cette ville en proie à l’agitation ont confirmé la présence de ces mercenaires étrangers combattant aux côtés des Gardiens de la révolution, une initiative qui témoigne de la méfiance croissante du régime envers ses propres forces et de sa volonté désespérée de réprimer les troubles par tous les moyens.

Parallèlement à ce déploiement, le régime a instauré un blocus informationnel sévère. NetBlocks a confirmé une coupure d’internet nationale dans la nuit de jeudi à vendredi, avec des perturbations ciblées sur le réseau principal des Îles Turques-et-Caïques à Kermanshah. Cette censure numérique est une tactique courante employée par les mollahs pour dissimuler l’ampleur de leurs violences et entraver la coordination entre les manifestants.

Cependant, le régime ne peut plus cacher la violence de sa répression. Dans un aveu rare à la télévision d’État, le vice-gouverneur du Khorasan Razavi a reconnu que cinq manifestants avaient été tués par les forces de sécurité à Chenaran le 7 janvier, tentant ainsi de manipuler le récit avant la diffusion de rapports indépendants.

Radicalisation de la rue : Cibler l’appareil de répression

La jeunesse iranienne ne se contente plus de scander des slogans ; elle s’attaque désormais aux symboles physiques de la théocratie. Jeudi, à Ispahan, des manifestants ont incendié le siège de la télévision d’État, marquant une escalade significative et ciblant le principal organe de propagande du régime. Des scènes similaires se sont déroulées à Gorgan, où le bâtiment du gouvernorat a été incendié, et à Lordegan, où des habitants en colère ont mis le feu au bureau du gouverneur.

À Téhéran, la capitale est devenue un foyer de résistance. Dans le quartier de Mehrabad, des jeunes rebelles ont incendié une base des Bassidj après une tentative des forces de sécurité pour disperser leur manifestation. Au pont Sattarkhan, des véhicules appartenant aux Bassidj du Corps des gardiens de la révolution islamique ont été la proie des flammes. À Naziabad, les forces de répression ont été contraintes de fuir après avoir échoué à disperser la foule, abandonnant leurs motos à la merci des manifestants.

Ces affrontements ont également vu des citoyens recourir à l’autodéfense armée. Dans la ville de Sarableh, province d’Ilam, des jeunes rebelles du district d’Asemanabad ont pris le contrôle d’un centre des Gardiens de la révolution. Parallèlement, à Varamin, suite à une fusillade des Forces de sécurité de l’État (FSE) qui a blessé une femme, des affrontements ont éclaté entre des jeunes et les forces de l’ordre, entraînant la mort de deux agents du régime.

Le coût humain : le massacre de Lordegan et les adolescents pris pour cibles

L’escalade de la résistance a un coût humain élevé. Le soulèvement de Lordegan, dans l’ouest de l’Iran, a dégénéré en affrontements sanglants les 7 et 8 janvier. Les forces de sécurité ont ouvert le feu sur des rassemblements, causant la mort de huit manifestants. Malgré ce massacre, les habitants de Lordegan ont tenu bon, bloquant la route d’Ahvaz pour empêcher les renforts du régime d’entrer dans la ville.

L’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) a recensé 44 martyrs depuis le début du soulèvement. Cette liste de victimes illustre le caractère aveugle de la violence du régime, plusieurs adolescents figurant parmi les morts. Parmi les martyrs identifiés figurent Mobin Yaghobzadeh, 17 ans, originaire de Khoshk-e Bijar, Mohammad Reza Karami, 16 ans, originaire de Malekshahi, et Reza Moradi Abdolvand, 18 ans, originaire d’Azna.

Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a rendu hommage au sacrifice de ces jeunes hommes et femmes. « Le peuple iranien, dans sa lutte pour la paix, exprime son plus profond respect aux huit manifestants d’avant-garde tués la nuit dernière », a déclaré Mme Radjavi. « Leur sacrifice ne fera que renforcer la détermination de la nation à changer les choses. »

Paralysie nationale : Les grèves générales comblent le fossé

Parallèlement aux affrontements de rue, une vague massive de grèves a déferlé sur le pays, marquant une rupture totale entre la classe marchande traditionnelle et l’État. Le matin du 8 janvier, les Grands Bazars de Téhéran et de Tabriz, centres névralgiques de la vie politique, ont fermé leurs portes.

Les grèves ont été totales dans la province du Kurdistan, Sanandaj, Marivan, Baneh et Saqqez étant complètement paralysées. Le mouvement s’est étendu au sud jusqu’à Bandar Abbas et Kerman, et à l’est jusqu’à Sabzevar et Neyshabur. Dans des dizaines de villes, des marchés de Kermanshah aux centres commerciaux d’Urmia et d’Ispahan, les commerçants ont refusé d’ouvrir, paralysant de fait l’économie du régime et témoignant de leur solidarité avec les manifestants.

Rejet de toutes les dictatures : « Non au Shah, non aux mollahs ! »

Alors que le soulèvement entre dans sa deuxième semaine, les revendications politiques du peuple iranien se précisent et s’unifient. Les slogans qui résonnent à travers le pays rejettent à la fois la dictature théocratique actuelle et tout retour à un régime monarchique.

À Urmia, dans le nord-ouest de l’Iran, les manifestants scandaient : « L’Azerbaïdjan est honorable, Pahlavi n’a pas d’honneur », rejetant explicitement les vestiges de la monarchie déchue ainsi que le régime actuel. À Lumar, dans la province d’Ilam, la foule scandait : « Que les mollahs disparaissent ! », tandis qu’à Hamedan, on pouvait lire : « Tant que les mollahs seront au pouvoir, nous n’aurons plus de pays ! »

La paralysie économique nationale, l’incendie des bâtiments gouvernementaux et l’incapacité des mercenaires étrangers à intimider la population laissent penser que le régime iranien est confronté à une crise existentielle. Le peuple, qui a payé un lourd tribut en sang, semble réticent à regarder en arrière et déterminé à se débarrasser définitivement du régime.

Source : CNRI 

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