samedi 29 août 2026

Deux manifestantes iraniennes fouettées à Sanandadj

 Le samedi 22 août 2026, les autorités du régime iranien ont infligé des coups de fouet à deux manifestantes iraniennes détenues lors du soulèvement de janvier 2026, avant de les envoyer en prison pour commencer à purger leurs peines. Neda Dedehjani et Setayesh Sarabi, résidentes de Qorveh dans l’ouest de l’Iran, ont reçu chacune 31 coups de fouet après s’être présentées suite à une convocation au tribunal correctionnel de Qorveh. Elles ont ensuite été placées en détention et transférées à la prison de Sanandadj, dans la province du Kurdistan.

Les deux manifestantes iraniennes avaient été précédemment condamnées à de l’emprisonnement, des flagellations et l’exil interne dans le cadre d’un dossier en deux volets. Dans la première partie de l’affaire, la 102e chambre du tribunal correctionnel de Qorveh les a condamnées chacune à un an de prison, 31 coups de fouet et deux ans d’exil interne à Nik Shahr, dans la province du Sistan-et-Baloutchistan, sous l’accusation de « trouble à l’ordre et à la paix publics ».

Dans le second volet, la première chambre du tribunal révolutionnaire de Qorveh a condamné chaque femme à deux ans de prison pour « rassemblement et collusion en vue de commettre des crimes contre la sécurité intérieure ». En vertu de ces jugements, deux ans de la peine totale prononcée pour chaque individu sont exécutoires. Neda Dedehjani et Setayesh (Behnoush) Sarabi avaient été arrêtées par les forces de sécurité lors des manifestations nationales de janvier 2026.

Neda Dedehjani est active dans les arts de la scène et reconnue comme artiste, marionnettiste, costumière et maquilleuse de théâtre. Elle avait remporté par le passé des prix pour la conception de marionnettes lors du huitième festival régional de théâtre pour les personnes handicapées. Setayesh Sarabi est également l’une des deux manifestantes iraniennes de Qorveh interpellées durant les contestations de janvier 2026.

Le soulèvement de janvier 2026

Le soulèvement de janvier 2026 a débuté le 28 décembre 2025 par une protestation économique des commerçants du bazar de Téhéran contre l’inflation galopante et l’effondrement du rial iranien, avant de se transformer rapidement en une insurrection politique nationale. Le mouvement s’est propagé comme une traînée de poudre à travers 400 villes et jusque dans les campus universitaires du pays.

L’insurrection héroïque des Iraniens et des Iraniennes a été accueillie par une violence sans retenue. D’innombrables manifestants descendus dans les rues sont devenus les cibles d’un massacre de masse. Les femmes ont payé le prix le plus élevé lors de la répression en janvier. À maintes reprises, elles ont tenu bon et résisté face au Corps des Gardiens de la révolution et aux autres forces oppressives ; elles ont affronté les canons à eau, bloqué les rues et refusé de battre en retraite. Pour beaucoup, le prix de ce courage fut leur vie.

Sur les ordres directs d’Ali Khamenei, les forces de sécurité répressives ont ouvert le feu avec l’intention de tuer. Des tireurs d’élite ont visé la tête, le cœur et les yeux des manifestants. Depuis les toits et les passerelles piétonnes, des volées de balles ont plu indistinctement sur des civils sans défense, jeunes et vieux. De l’aveu même de Khamenei, « plusieurs milliers de personnes » ont été tuées. L’Organisation des Moudjahidines du Peuple d’Iran (OMPI) a annoncé que plus de 50 000 individus ont été arrêtés lors de ces manifestations nationales.

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