jeudi 20 août 2026

Le coût du panier de vie est plusieurs fois supérieur aux salaires des travailleurs iraniens.

Le coût de la vie des travailleurs est mis à rude épreuve par l'inflation et les bas salaires. Les données sur l'inflation de juillet indiquent une pression financière croissante sur les ménages de la classe ouvrière. Les prix des biens essentiels ont augmenté rapidement. Parmi ceux-ci, l'alimentation représente la plus grande part du fardeau financier pour les ménages. Le logement, les soins de santé et l'éducation sont également devenus plus difficiles d'accès pour de nombreuses familles salariées.

D'après les données officielles du Centre statistique d'Iran, l'agence statistique officielle du régime iranien, l'inflation alimentaire a atteint 128,1 % en juillet. Cela signifie que le prix du panier alimentaire de référence a été multiplié par 2,8 par rapport à juillet de l'année précédente. Les prix d'au moins huit produits alimentaires ont augmenté de plus de 100 % au cours de l'année écoulée. Ces chiffres ne reflètent que les hausses de prix moyennes. Le panier alimentaire utilisé pour ces calculs officiels est par ailleurs très limité et minimal.  En Iran, les gens n'ont plus les moyens de réparer leurs appareils électroménagers 

Le panier de dépenses du coût de la vie et le profond écart entre les revenus et les dépenses

Les ménages de la classe ouvrière se concentrent principalement dans les quatrième et cinquième déciles de revenus. Selon les calculs présentés, l'alimentation représente 38,05 % des dépenses de subsistance dans ces déciles. Faramarz Tofighi, militant syndical, a calculé le coût du panier alimentaire pour une famille moyenne de 3,3 personnes à partir de données officielles. Il a également utilisé le panier alimentaire de l'Institut national de la nutrition dans ses calculs. D'après ces estimations, le coût du panier alimentaire d'un ménage de la classe ouvrière a atteint environ 900 millions de rials (environ 479 dollars) en juillet. Ce montant creuse un fossé considérable avec le revenu mensuel des travailleurs. Or, le revenu mensuel minimum d'un travailleur est d'environ 133 dollars. Ce chiffre représente le revenu officiel total d'un travailleur ayant un enfant et un an d'expérience professionnelle.

Le panier de biens et services essentiels fixé par le Conseil suprême du travail iranien en février de l'année dernière s'élevait à 429 millions de rials. En quatre mois, il a atteint environ 900 millions de rials, soit une augmentation de 211,14 %. Cette hausse représente environ 476 millions de rials.

L'inflation progresse plus vite que les salaires.

D'après les calculs de Faramarz Tofighi, le salaire mensuel d'un travailleur marié, avec un enfant et un an d'expérience professionnelle, toutes charges comprises, s'élève à 249 millions de rials. En début d'année, ce salaire ne couvrait que 58,24 % du coût du panier de vie. À cette époque, le revenu mensuel de ce travailleur permettait de subvenir aux besoins essentiels pendant environ 17,47 jours. Toutefois, fin juillet, la situation avait sensiblement évolué.

Le pouvoir d'achat de ce salaire a chuté à 27,58 %. Ce revenu ne couvre plus que 8,27 jours de dépenses courantes.

L'alimentation est devenue un produit qui divise les classes sociales.

La viande, le poulet, les œufs, les légumineuses et le riz figurent parmi les aliments de base qui disparaissent peu à peu des paniers de vie, notamment ceux des travailleurs. Le pain, aliment essentiel des ménages à faibles revenus, n'est pas non plus épargné par l'inflation.

Pour les ménages à revenus fixes, la hausse des prix de ces biens entraîne la disparition progressive des produits de première nécessité. La baisse de la qualité des aliments est également une conséquence de cette situation. Ce problème est particulièrement préoccupant pour les retraités. Une grande partie d'entre eux vivent de revenus fixes et n'ont aucun moyen de compenser l'inflation par une augmentation de leurs revenus.

Le coût de la vie : un écart qui se creuse chaque mois

Une comparaison des revenus et des dépenses révèle que l'écart entre les salaires et le coût de la vie s'est creusé en peu de temps. Début mars, un salaire de 249 millions de rials (environ 133 dollars au taux de change actuel) permettait de couvrir 58,24 % des dépenses minimales. Quatre mois plus tard, ce taux était tombé à 27,58 %.

Dans le même temps, le coût de la vie a augmenté, passant de 429 millions de rials à environ 900 millions de rials. L'écart entre les revenus et les dépenses s'est non seulement creusé, mais il s'est également accru de manière significative. Les calculs indiquent que les travailleurs ont besoin d'un revenu proche de 900 millions de rials pour maintenir un niveau de vie minimum. Or, les salaires d'une grande partie des travailleurs n'atteignent même pas la moitié de ce montant.

Dans ces conditions, une légère baisse de l'inflation ne peut à elle seule compenser la pression exercée sur les ménages salariés. Une inflation plus faible n'implique pas une baisse des prix ; elle signifie seulement que les prix augmentent plus lentement.

Quand un salaire mensuel ne suffit qu'à couvrir 8,27 jours de dépenses minimales, le problème dépasse le simple cadre des difficultés économiques courantes. Ces chiffres témoignent d'une forte érosion du pouvoir d'achat des travailleurs et d'une aggravation des inégalités économiques en Iran.

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