dimanche 23 août 2026

À Luxembourg, des Iraniens en exil rendent hommage aux victimes de 1988 et alertent sur la répression actuelle en Iran

 Luxembourg, le 22 août 2026 – Place Clairefontaine

À l’occasion du 38ᵉ anniversaire du massacre des prisonniers politiques de 1988 en Iran, une douzaine d’Iraniens en exil se sont réunis samedi 22 août 2026 sur la Place Clairefontaine, à Luxembourg-Ville, pour rendre hommage aux victimes de cette tragédie et attirer l’attention sur la situation dramatique des droits humains en Iran aujourd’hui.

https://today.rtl.lu/news/luxembourg/exiled-iranians-commemorate-1988-massacres-and-current-executions-165316322?fbclid=IwdGRzaAT4P8ZjbGNrBPg-v3Bkb2YBZXh0bgNhZW0CMTEAc3J0YwZhcHBfaWQMMzUwNjg1NTMxNzI4AAEeicrfTQmVAhlPjI3YkSAYsDKYSBnE6sOE_d-ZiKG6qFsSIAU5xRWADG4wDQ4_aem_HJUiYThNTzL_Slt4E2embg


Cette initiative, organisée par l’Association Humanitaire pour les droits de l’homme et la démocratie en Iran, en collaboration avec l’Association des jeunes Iraniens au Luxembourg, s’inscrivait dans le cadre des nombreuses commémorations organisées à travers l’Europe en mémoire des milliers de prisonniers politiques exécutés en Iran en 1988.

1988 : une tragédie qui reste sans justice

En 1988, à la suite d’une fatwa de l’ayatollah Rouhollah Khomeini, des milliers de prisonniers politiques ont été exécutés dans différentes prisons iraniennes par des commissions connues sous le nom de « commissions de la mort ».

Les victimes ont été enterrées dans des lieux souvent tenus secrets. Dans de nombreux cas, les familles n’ont jamais reçu les dépouilles de leurs proches et n’ont pas été informées de leur lieu d’inhumation ni des circonstances exactes de leur mort.

Selon Amnesty International, le nombre de victimes est estimé à plusieurs milliers, tandis que les organisations iraniennes en exil avancent des chiffres pouvant atteindre 30 000 personnes.

Trente-huit ans plus tard, les familles continuent de réclamer vérité, justice et la reconnaissance officielle de cette tragédie. L’absence de justice pour les responsables de ces crimes constitue, selon les organisateurs, l’une des raisons pour lesquelles la répression et les exécutions continuent en Iran.

Des visages de victimes, hier et aujourd’hui

Sur la Place Clairefontaine, des photographies de victimes ont été exposées afin de rappeler que derrière chaque chiffre se trouvent des vies, des familles et des destins brisés.

Le message des organisateurs était également tourné vers le présent : les jeunes, les étudiants, les enseignants, les intellectuels et les citoyens ordinaires qui, aujourd’hui encore, sont arrêtés, poursuivis ou condamnés à mort pour avoir exprimé leur opposition au régime iranien.

Comme l’a rapporté RTL Luxembourg, les participants ont souligné que la politique de répression n’appartient pas uniquement au passé. Les exécutions, les arrestations arbitraires et la persécution des opposants se poursuivent.

Aysan Saber, de l’Association des jeunes Iraniens au Luxembourg, a rappelé que, malgré les années écoulées, le régime continue d’exécuter des personnes qui s’opposent à lui et qui prennent part aux mouvements de protestation.

Des témoignages personnels qui donnent un visage à la répression

Pour certains participants, cette histoire n’est pas seulement une page tragique de l’histoire contemporaine de l’Iran : elle fait partie de leur propre vie.

Majid Aghasani, trésorier de l’association, a témoigné de son arrestation en 1982, alors qu’il était âgé de 19 ans et étudiant. Arrêté pour ses activités politiques et la distribution de tracts, il a passé six années dans les prisons politiques iraniennes, dont deux années dans l’attente de son exécution. Il n’a finalement été libéré qu’à la suite de l’intervention d’un membre de sa famille.

Farideh Absalon, présidente de l’Association Humanitaire pour les droits de l’homme et la démocratie en Iran, a également témoigné du drame vécu par sa famille : deux de ses frères ont été tués par le régime iranien. L’un d’eux avait seulement 16 ans lorsqu’il a été arrêté. Après cinq années de détention, il a été exécuté. Son deuxième frère a été tué à l’âge de 20 ans.

Ces témoignages illustrent la continuité d’une répression qui, selon les participants, a commencé bien avant 1988 et se poursuit encore aujourd’hui.

La situation actuelle : exécutions et arrestations arbitraires

La commémoration du 22 août ne constituait donc pas seulement un hommage aux victimes de 1988. Elle visait également à alerter l’opinion publique luxembourgeoise et européenne sur la nouvelle vague d’exécutions et sur les arrestations massives de manifestants en Iran.

Les participants dénoncent les milliers de morts lors des récents soulèvements populaires ainsi que les dizaines de milliers d’arrestations arbitraires et demandent à la communauté internationale de ne pas rester silencieuse face à cette répression.

Pour les organisateurs, l’histoire de 1988 démontre qu’en l’absence de justice et de responsabilité pour les auteurs de crimes contre l’humanité, le risque de répétition de ces crimes demeure.

L’appel à la communauté internationale

Les participants demandent au Luxembourg et à l’Union européenne de condamner fermement les exécutions en Iran et d’accroître la pression sur les autorités iraniennes.

Ils appellent également les responsables politiques luxembourgeois et européens à soutenir les aspirations du peuple iranien à la liberté, à la démocratie et à l’État de droit.

Ils défendent une transition politique permettant au peuple iranien de déterminer librement son avenir à travers des élections libres et démocratiques et soutiennent une vision d’un Iran démocratique, pluraliste, laïque et non nucléaire, garantissant l’égalité entre les femmes et les hommes, les droits des minorités religieuses et ethniques, ainsi que l’abolition de la peine de mort.

Dans ce contexte, les organisateurs soutiennent également l’initiative du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) en faveur d’un gouvernement provisoire chargé d’organiser des élections libres dans un délai de six mois.

« Ni Shah, ni mollahs »

Les participants ont également tenu à rappeler que leur opposition concerne aussi bien la dictature actuelle que toute forme de retour à une dictature du passé.

Comme l’a déclaré Majid Aghasani : « Notre slogan principal est : ni Shah, ni mollahs. »

Pour les participants, l’avenir de l’Iran doit appartenir au peuple iranien et être déterminé par sa volonté démocratique, et non par une nouvelle forme de pouvoir autoritaire.

Notre appel

À travers le rassemblement du 22 août à Luxembourg, les organisateurs souhaitent rappeler que le massacre de 1988 ne doit pas être oublié et que les crimes commis aujourd’hui en Iran ne doivent pas rester sans réponse.

Nous appelons les autorités luxembourgeoises, les institutions européennes et la communauté internationale à :

condamner fermement les exécutions et les condamnations à mort en Iran ;

exiger la libération des prisonniers politiques et des personnes détenues arbitrairement ;

demander des enquêtes internationales indépendantes sur les crimes commis en Iran ;

soutenir les familles des victimes dans leur quête de vérité et de justice ;

et prendre des mesures concrètes afin que les responsables de ces crimes soient enfin tenus de rendre des comptes.

La mémoire des victimes de 1988 nous impose une responsabilité : empêcher que l’impunité ne permette à de nouveaux crimes de se reproduire.

Notre message est clair : la liberté, la démocratie et les droits humains doivent être au cœur de l’avenir de l’Iran.

Non aux exécutions en Iran.

Justice pour les victimes de 1988.

Liberté et démocratie pour le peuple iranien.

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