dimanche 16 août 2026

Le système de santé iranien est en crise, avec une pénurie de 100 000 infirmières

 La pénurie de 100 000 infirmières dans le système de santé iranien constitue désormais l'une des crises les plus graves auxquelles sont confrontés les services médicaux du pays. Abbas Ebadi, vice-ministre de la Santé chargé des soins infirmiers, a confirmé ce chiffre. Parallèlement, le ministère de la Santé a annoncé avoir besoin de recruter 60 000 personnes. Cependant, l'Organisation iranienne des affaires administratives et de l'emploi n'a pas encore répondu à cette demande.

Abbas Ebadi, vice-ministre de la Santé chargé des soins infirmiers, s'est exprimé le 14 août sur la situation du personnel infirmier. Il a indiqué que le ministère de la Santé avait officiellement annoncé son besoin de recruter du personnel supplémentaire. Cette demande concerne l'ensemble du système de santé. Cependant, l'Organisation des affaires administratives et de l'emploi n'a pas encore communiqué les conclusions de son examen.

Cette situation perdure malgré la pénurie d'infirmières qui sévit depuis des années. Les responsables du ministère de la Santé ont maintes fois alerté sur l'ampleur de la crise. Malgré ces avertissements, le processus de recrutement reste entravé par des restrictions et des retards.

L'érosion du système de santé

Selon le sous-ministre de la Santé chargé des soins infirmiers, le processus de recrutement est long. Il a prévu que le quota de recrutement serait fixé au cours du second semestre. Une fois que l'Organisation des affaires administratives et de l'emploi aura annoncé sa décision, le quota sera définitif et les concours de recrutement pourront alors commencer.

D'après ses propos, entre 45 % et 50 % des places disponibles pour les concours de recrutement sont généralement réservées aux infirmières. Compte tenu de l'ampleur de la crise actuelle, ce chiffre soulève de sérieuses questions. Le système de santé fait face à une pénurie de 100 000 infirmières. Parallèlement, les nouveaux recrutements doivent à la fois remplacer le personnel partant et répondre aux nouveaux besoins.

Ebadi a indiqué que, ces dernières années, le recrutement n'a fait que compenser, au mieux, le nombre de départs du personnel soignant. Les départs à la retraite et les démissions pour diverses raisons expliquent en partie cette diminution des effectifs. Par conséquent, recruter du personnel ne se traduit pas nécessairement par une augmentation réelle des capacités du système de santé.

Par ailleurs, les nouveaux hôpitaux ont eux aussi besoin de personnel. Augmenter le nombre de lits sans fournir d'infirmières ne crée pas de véritable capacité de soins. Un lit d'hôpital sans infirmière représente en réalité une partie incomplète et inutilisable du système de santé.

Pourquoi la pénurie d'infirmières menace-t-elle la santé publique ?

Le sous-ministre de la Santé chargé des soins infirmiers a fait la distinction entre la pénurie de personnel et la qualité des soins infirmiers. Il a toutefois souligné que l'absence de l'une ou de l'autre pourrait mettre en danger la santé publique. Cet avertissement revêt une importance accrue dans le contexte d'une pénurie de 100 000 infirmières.

Les infirmières constituent le premier maillon de la chaîne de soins dans de nombreux services hospitaliers. L'augmentation de la charge de travail, la pénurie de personnel et l'épuisement professionnel peuvent nuire à la qualité des soins. Ces conditions exercent également une pression accrue sur les infirmières qui restent en poste.

Ebadi a également évoqué le recours à des « autorisations de recrutement au compte-gouttes » pour maintenir le statu quo. Cette description illustre clairement la situation du recrutement au sein du système de santé. Lorsque les recrutements ne font que compenser les départs de personnel, le système de santé ne peut assurer une croissance durable.

La pénurie d'infirmières n'est pas qu'un simple chiffre dans les rapports administratifs. Elle a un impact direct sur la capacité à prendre en charge les patients. Si cette situation perdure, la pression sur le personnel soignant et les patients ne cessera de s'accroître.

Les chiffres mettent en lumière la crise du système de santé

Ebadi avait précédemment indiqué que l'Iran comptait environ 0,9 à 0,95 infirmière par lit d'hôpital, alors que la norme fixée par le ministère de la Santé est de 1,8 infirmière par lit. Parallèlement, la surcharge de travail, les difficultés financières, la précarité de l'emploi et les retards de versement des prestations ont poussé certaines infirmières à quitter leur poste ou à émigrer.

D'après les chiffres de 2025, environ 3 000 infirmières ont quitté le marché du travail : 1 800 ont démissionné, 800 ont quitté leur emploi et 380 ont émigré. Par ailleurs, environ 1 600 infirmières ont pris leur retraite.

La poursuite de cette tendance, combinée aux heures supplémentaires obligatoires et aux longs horaires de travail, a exercé une pression supplémentaire sur les professionnels de la santé et a accru les inquiétudes quant à la qualité des services médicaux et à la capacité du système de santé iranien à répondre aux besoins de traitement de la population.

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