dimanche 16 août 2026

Iran : Mohsen Eslamkhah risque la peine de mort pour un crime présumé commis à l'âge de 16 ans

 Cas de prisonniers politiques condamnés à mort en Iran

Dossier n° 5 | Identifiant du dossier : IRN-DP-1404-005 | Dernière révision : 13 août 2026

Mohsen Eslamkhah, un jeune Kurde originaire de Bukan, a été poursuivi en justice pour les manifestations de 2022, alors qu'il avait 16 ans. De retour en Iran, il a été arrêté et, selon des informations crédibles, soumis à de graves tortures et à des pressions pour lui extorquer des aveux pendant 40 jours au centre de détention des services de renseignement d'Urmia. La première chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad l'a condamné à mort pour moharebeh (inimitié envers Dieu) et efsad-e fel-arz (corruption sur terre). Il est détenu à la prison de Bukan. Son âge, les tortures qu'il aurait subies et les avertissements des Nations Unies concernant son exécution imminente rendent sa situation critique.

Informations clés sur l'affaire

CatégorieInformation
Nom et prénomMohsen Eslamkhah
Date de naissance2006–2007; Bukan
ÂgeEnviron 20 ans ; 16 ans en 2022
Occupation avant l'arrestationInconnu
Statut familialInconnu
Date et lieu de l'arrestation22 février 2026 ; lieu inconnu
FraisMoharebeh (inimitié envers Dieu) ; efsad-e fel-arz (corruption sur Terre)
TribunalPremière chambre, tribunal révolutionnaire de Mahabad
JugeInconnu
AvocatInconnu
PhraseLa mort
Lieu de détention actuelPrison de Bukan

Contexte humain et personnel

Mohsen Eslamkhah est un jeune Kurde originaire de Bukan, né en 1385 du calendrier iranien (mars 2006-mars 2007). Il avait 16 ans lors des manifestations de 2022. Les forces de sécurité ont perquisitionné le domicile de son père à trois reprises. On ignore tout de sa profession, de son niveau d'études et de sa situation familiale.

Arrestation, procès et condamnation

Après avoir vécu au Kurdistan irakien, Mohsen Eslamkhah est rentré en Iran le 1er août 2025 et a été arrêté le lendemain par le département du renseignement de Bukan. Dans le centre de détention d'Urmia, il a subi 40 jours de torture et de pressions pour avouer. Il a ensuite été transféré à la prison de Bukan et libéré après 11 jours moyennant une caution de cinq milliards de tomans.

En février 2026, la première chambre du tribunal révolutionnaire de Mahabad l'a condamné à mort pour moharebeh (inimitié envers Dieu) et efsad-e fel-arz (corruption sur terre). La peine a été exécutée le 17 février 2026. Il a été de nouveau arrêté le 22 février et transféré à la prison de Bukan. L'identité du juge, de l'avocat, le contenu du jugement, les preuves et l'état d'avancement du recours judiciaire restent inconnus.

Affaire conjointe et statut des coaccusés

Raouf Sheikh-Maaroufi et Mohammad Faraji, deux autres prisonniers politiques kurdes condamnés à mort, sont détenus avec Mohsen Eslamkhah à la prison de Bukan. Les informations faisant état de tortures et l'incertitude quant au respect des garanties d'un procès équitable accroissent le risque d'exécution. La responsabilité de chaque accusé doit être évaluée individuellement par un tribunal indépendant et impartial.

Le 6 août 2026, des experts des Nations Unies ont averti que Mohsen Eslamkhah, Raouf Sheikh-Maaroufi et Mohammad Faraji étaient menacés d'exécution imminente et ont demandé la suspension des peines.

Réponse et conduite du gouvernement

Les agissements du gouvernement ont notamment consisté en des perquisitions au domicile de son père, son arrestation par les services de renseignement, son transfert au centre de détention d'Urmia, des actes de torture, des poursuites devant le tribunal révolutionnaire et une condamnation à mort. Aucune information n'a été publiée concernant une enquête indépendante sur la torture, un examen médical ou l'exclusion des aveux extorqués.

Le 28 mai 2026, deux rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont demandé la suspension de l'exécution et des explications concernant son arrestation, son procès, les tortures qu'il a subies et son âge au moment des faits. Le gouvernement a répondu le 10 août 2026, mais sa réponse n'avait pas encore été publiée lors de l'examen du présent rapport.

État actuel et risque d'exécution

Mohsen Eslamkhah demeure incarcéré à la prison de Bukan, sous le coup d'une condamnation à mort. La date d'exécution et l'état d'avancement de la procédure de révision judiciaire restent incertains. L'avertissement des Nations Unies, les actes de torture signalés et son âge au moment des faits rendent sa situation urgente et critique ; l'absence de date annoncée ne dissipe pas le risque.

Analyse des droits de l'homme et du procès équitable

Interdiction d'exécuter les personnes âgées de moins de 18 ans : L'article 6(5) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et l'article 37(a) de la Convention relative aux droits de l'enfant interdisent l'exécution pour une infraction commise avant l'âge de 18 ans. L'Iran est partie aux deux traités ; sa peine est incompatible avec ses obligations.

Interdiction de la torture et des aveux extorqués : Les articles 7 et 14 du Pacte interdisent la torture et l’auto-incrimination forcée. Les quarante jours de torture signalés nécessitent une enquête indépendante, et toute déclaration obtenue sous la contrainte doit être écartée.

Droit à un procès équitable : L’article 14 garantit un tribunal indépendant, la présomption d’innocence, la possibilité de se défendre et une assistance effective d’un avocat. L’absence d’informations concernant son avocat, le jugement, les preuves et le contrôle judiciaire soulève de sérieuses inquiétudes quant à ses droits de la défense.

Droit à la vie : De graves violations du droit à un procès équitable dans une affaire capitale peuvent entraîner une perte de vie arbitraire et irréversible. Les termes « moharebeh » et « efsad-e fel-arz » ne sauraient remplacer une preuve claire de la conduite, de l’intention et de la responsabilité individuelle.

Conclusion

Mohsen Eslamkhah a été condamné à mort pour des faits survenus lorsqu'il avait 16 ans. Les actes de torture signalés, l'absence d'informations concernant son avocat et le recours judiciaire, ainsi que sa détention à la prison de Bukan suscitent une vive inquiétude. L'exécution doit être suspendue, la sentence cassée et un nouveau procès organisé, sans aveux extorqués.

Appel urgent

Les organes des Nations Unies, les gouvernements et les organisations internationales de défense des droits de l'homme sont exhortés à agir immédiatement pour empêcher l'exécution de Mohsen Eslamkhah.

  • Arrêtez immédiatement toute procédure en vue de l'exécution de Mohsen Eslamkhah et informez-en officiellement sa famille et son avocat.
  • Annuler la peine de mort car il avait 16 ans et le droit international interdit l'exécution pour les infractions commises avant l'âge de 18 ans.
  • Divulguer de manière transparente l'état de tout appel ou contrôle judiciaire, et publier le texte du jugement et son fondement juridique.
  • Garantir un accès immédiat, effectif et confidentiel à l'avocat choisi et à des installations adéquates pour sa défense.
  • Garantir un nouveau procès devant un tribunal indépendant et impartial, sans peine de mort ni aveux extorqués.
  • Fournir un examen médical indépendant et enquêter rapidement et impartialement sur les allégations de torture et d'aveux extorqués.
  • Protéger sa famille et ses sources d'information des pressions, et garantir des contacts contacts et des visites réguliers avec sa famille.

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