Selon des informations provenant de la Résistance iranienne, les autorités pénitentiaires iraniennes intensifient la pression sur les prisonniers politiques et leurs familles en combinant privations, transferts punitifs, refus de soins médicaux et détention arbitraire.
Les abus signalés comprennent des conditions difficiles dans le quartier 7 de la prison d'Evin, le transfert de prisonniers politiques vers des établissements éloignés de leurs provinces d'origine, la privation de médicaments et d'effets personnels, et la détention de proches dans des tentatives apparentes de forcer les prisonniers à abandonner leurs positions politiques.
Ces affaires mettent en lumière l'utilisation plus large du système pénitentiaire iranien comme instrument de répression politique, où la privation et les châtiments collectifs seraient employés parallèlement à l'emprisonnement et aux poursuites judiciaires.
Le service 7 d'Evin s'est transformé en un « enfer vivant ».
Les prisonniers politiques détenus dans le quartier 7 de la prison d'Evin seraient soumis à des conditions de vie extrêmement dures.
D'après les informations recueillies, l'administration pénitentiaire refuse aux détenus l'accès à des dispositifs de climatisation malgré des températures dépassant les 40 degrés Celsius. Les détenus seraient également privés de conditions de vie et d'installations sanitaires de base adéquates, et les infestations d'insectes se sont largement répandues.
Ces conditions sont particulièrement préoccupantes durant les mois d'été, lorsque la chaleur extrême à l'intérieur des établissements pénitentiaires mal ventilés peut présenter de graves risques pour la santé des détenus.
Les autorités auraient également placé des prisonniers politiques aux côtés de criminels de droit commun, une mesure décrite comme faisant partie d'un effort visant à accroître la pression psychologique et l'intimidation.
Au lieu de traiter les prisonniers politiques en fonction de leur situation particulière, la pratique signalée semble conçue pour les exposer à des risques supplémentaires et rendre les conditions de détention encore plus difficiles.
Le prisonnier politique Hojjat Alizadegan risque un transfert punitif
Un autre cas concerne Hojjat Alizadegan, un prisonnier politique qui soutient l'Organisation des Moudjahidines du peuple d'Iran (OMPI/MEK).
Alizadegan aurait été transféré de la prison de Yazd à celle de Saravan, ce qui le place de fait en exil, loin de son lieu de détention et de sa communauté précédents.
Suite à son transfert, les autorités pénitentiaires l'auraient placé parmi les détenus de droit commun et auraient refusé de lui fournir ses médicaments et ses effets personnels.
Alizadegan a été condamné à cinq ans de prison et à l'exil.
Le refus signalé de fournir des médicaments est particulièrement grave, car l'accès aux soins médicaux nécessaires est un élément fondamental du respect de la dignité humaine en détention. Le fait de priver un détenu de médicaments prescrits comme moyen de pression peut mettre sa santé en danger et constituer une forme de punition supplémentaire, en plus de la peine formelle.
Son transfert à Saravan et son placement parmi les détenus de droit commun illustrent également le recours aux transferts de prisonniers comme mécanisme punitif supplémentaire à l'encontre des détenus politiques.
La sœur d'un prisonnier politique détenue pour faire pression sur son frère
Dans un autre cas signalé de châtiment collectif, les services de renseignement iraniens ont arrêté Atefeh Hasani, la sœur du prisonnier politique Mohammad Hasani.
Selon le rapport, les autorités ont conditionné sa libération à l'abandon ou au renoncement de son frère à ses positions politiques.
Hasani est actuellement détenu à la prison de Fardis à Karaj.
Si elle est confirmée, cette affaire représente une forme particulièrement brutale de coercition : au lieu de limiter la répression à l’individu visé par les autorités, l’appareil sécuritaire utiliserait un membre de la famille comme moyen de pression pour forcer un prisonnier politique à changer d’avis.
De telles pratiques peuvent avoir un effet dissuasif bien au-delà de la victime immédiate, en créant la peur parmi les familles des prisonniers et en dissuadant les proches de soutenir publiquement les détenus politiques.
Le père d'un manifestant exécuté est emprisonné pour avoir réclamé justice.
La répression signalée s'étend également aux familles des jeunes exécutés à la suite des manifestations.
Le père d'Abbas Akbari Faizabadi, un jeune homme exécuté le 25 mai, aurait été arrêté et condamné à trois ans de prison pour avoir réclamé justice pour son fils.
Il est actuellement détenu à la prison de Naeen.
Abbas Akbari Faizabadi avait été accusé par les autorités d'être l'un des « chefs armés » du soulèvement de Naeen. Il était inculpé de moharebeh (« inimitié envers Dieu ») et d'attaques contre le gouvernorat et les centres de sécurité pendant le soulèvement.
Il fut ensuite exécuté.
L'emprisonnement de son père pour avoir tenté d'obtenir justice ajoute une nouvelle dimension à la répression qui entoure cette affaire. Au lieu de permettre aux familles de rechercher des informations, d'établir les responsabilités ou d'exercer des recours légaux concernant la mort de leurs proches, les autorités réagiraient par de nouvelles arrestations et incarcérations.
Un modèle de pression au-delà des phrases formelles
Les cas d'Evin, Saravan, Karaj et Naeen révèlent une tendance plus générale selon laquelle l'emprisonnement n'est qu'un élément de la punition infligée aux opposants politiques.
Les mesures signalées comprennent :
Forme de pression Pratique signalée
Privation Absence d'équipements de refroidissement et conditions sanitaires inadéquates
Pression environnementale Chaleur extrême et infestations d'insectes
Association forcée Les prisonniers politiques sont détenus aux côtés des criminels de droit commun
Transferts punitifs Les prisonniers politiques transférés loin de leur prison d'origine
privation médicale Des médicaments auraient été retenus.
Confiscation Des effets personnels auraient été retenus.
coercition familiale Des proches détenus pour faire pression sur les prisonniers politiques
punition collective Des membres de la famille poursuivis ou emprisonnés pour avoir cherché à obtenir justice
Ces pratiques, prises ensemble, soulèvent de sérieuses inquiétudes quant au traitement des prisonniers politiques et à la mesure dans laquelle les autorités pénitentiaires utilisent les conditions de détention pour infliger des sanctions allant au-delà des peines judiciaires.
Une action internationale est nécessaire de toute urgence
La Résistance iranienne a appelé le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en Iran et les organisations internationales de défense des droits de l'homme à condamner immédiatement les pressions signalées contre les prisonniers politiques.
Elle a également renouvelé son appel à la création d'une mission internationale d'enquête pour visiter les prisons iraniennes et enquêter sur les conditions de détention des prisonniers politiques et autres détenus.
L'accès indépendant aux prisons iraniennes est particulièrement important compte tenu des restrictions imposées aux observateurs internationaux et de la difficulté de vérifier de manière indépendante les conditions de détention dans de nombreux centres de détention.
Les cas rapportés démontrent pourquoi les conditions de détention ne peuvent être analysées indépendamment du système plus vaste de répression politique. Lorsque les autorités associent prétendument des conditions de détention inhumaines au refus de soins médicaux, aux transferts punitifs, aux arrestations de membres de la famille et aux poursuites judiciaires contre des proches cherchant justice, le système carcéral devient un prolongement de l'appareil sécuritaire.
Pour les prisonniers politiques et leurs familles, les conséquences peuvent aller bien au-delà de la peine de prison elle-même.

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