mardi 18 août 2026

Le régime iranien se fissure : luttes intestines, courtiers pétroliers et manifestations contre le CGRI

 Panorama urbain de Téhéran : tours d’habitation, grues de chantier et circulation sur une autoroute majeure

Le régime clérical iranien bascule rapidement d’un état de détresse économique chronique vers une désintégration administrative totale. Confrontés à des défaillances institutionnelles systémiques, de hauts responsables admettent ouvertement que l’appareil au pouvoir perd le contrôle. Le 17 août 2026, l’agence de presse officielle IRNA a rapporté que le premier vice-président, Mohammad-Reza Aref, avait reconnu devant des responsables des médias que « l’inflation est aujourd’hui une réalité », tout en avertissant que des adversaires étrangers cherchent à provoquer un « effondrement social » par le biais de pressions économiques, dans un contexte de « ni guerre ni paix ». M. Aref a explicitement prévenu qu’en l’absence de cohésion nationale immédiate, le pays risquait de revivre les soulèvements généralisés de ces derniers mois.

Cette inquiétude est exacerbée par une grave paralysie administrative au sein du gouvernement de Masoud Pezeshkian. Le 17 août 2026, le média proche du pouvoir ILNA a révélé que le ministre du Travail, Ahmad Meydari, avait procédé arbitrairement au « limogeage immédiat » (du jour au lendemain) du chef de l’Organisation de la sécurité sociale, Mostafa Salari, un jour férié et sans autorisation de l’exécutif. Ce renvoi brutal a suscité une vive réprimande de la part de M. Pezeshkian et du vice-président Aref ; ce dernier a indiqué avoir donné une directive pour bloquer la décision, mais qu’il était « trop tard ». Alors que le Parlement réclame désormais activement la destitution de M. Meydari, cet incident met en lumière une direction incapable d’assurer une coordination administrative élémentaire.

Les tentatives de museler la société civile par des mesures législatives coercitives suscitent une forte opposition au sein même du régime. Le 17 août 2026, le journal officiel *Jomhouri Eslami* a publié les propos de Gholamhossein Karbaschi, responsable dans le secteur des médias, critiquant le nouveau projet de loi sécuritaire du Parlement qui criminalise les interactions avec les médias étrangers. M. Karbaschi a souligné que les failles de renseignement résultent de trahisons humaines, d’écoutes téléphoniques et de défaillances techniques plutôt que de l’action des journalistes, avertissant : « Si l’on ferme toutes les fenêtres pour empêcher les fuites d’informations, notre propre voix risque de ne plus pouvoir sortir par ces mêmes fenêtres. »

Pillage institutionnel et cannibalisme économique
Au-delà du désordre administratif, les institutions de l’État ont recours au cannibalisme économique pour financer leurs activités. Le 17 août 2026, le média *Rouydad24* a cité l’expert fiscal Mohammad Reza Jafarian, révélant que la hausse de 140 % des recettes fiscales de l’État n’avait pas été obtenue grâce à la croissance, mais en taxant littéralement « l’inflation elle-même ». Alors que les médecins spécialistes subissaient des hausses d’impôts dépassant les 200 %, plus de 50 % des contribuables enregistrés dans les secteurs de production traditionnels — comme les imprimeries — ont disparu en raison de liquidations d’entreprises généralisées, reflétant un effondrement total de la confiance du public dans la gestion fiscale de l’État.

Parallèlement, le recours du régime à des réseaux financiers illicites aggrave la corruption au sein de l’État. S’exprimant sur *Khabar Online* le 17 août 2026, le vice-président exécutif Jafar Ghaem-Panah a admis que les sanctions avaient contraint l’administration à une dépendance totale envers des réseaux occultes, déclarant : « Nous sommes obligés de confier le pétrole à des négociants et à des intermédiaires pour qu’ils le vendent. » M. Ghaem-Panah a reconnu que ces intermédiaires, qui échappent à tout contrôle, tirent un profit immense de la détresse nationale, créant un « business des sanctions » permanent qui prive le Trésor public de recettes vitales.

Ce dysfonctionnement structurel accélère de graves perturbations dans les chaînes d’approvisionnement des marchés de consommation courante. Le 17 août 2026, le quotidien d’État « Nowbonyad » a rapporté que l’inflation industrielle en glissement annuel avait atteint un niveau historique de 109 % au printemps 2026 sous le gouvernement de Pezeshkian, propulsant les coûts de production « au bord de l’explosion ». Parallèlement, le site « Eqtesad-e Azad », proche du pouvoir, a signalé le 16 août 2026 que les prix des denrées alimentaires de base devenaient inaccessibles, le prix des œufs ayant bondi de 100 000 tomans par plateau en seulement deux semaines pour atteindre 590 000 tomans.

Une colère ouvrière incontrôlable et une défiance dans la rue
L’effondrement macroéconomique a creusé un fossé infranchissable entre les salaires et les besoins élémentaires de survie. Le 17 août 2026, l’agence ILNA a rapporté qu’une famille urbaine moyenne a désormais besoin de 90,6 millions de tomans par mois pour survivre, alors que le salaire minimum fixé par le Conseil suprême du travail s’élève à seulement 26,15 millions de tomans. Même si un travailleur consacre l’intégralité de son revenu mensuel à l’alimentation, les données officielles indiquent que cela couvre à peine 19 jours de besoins nutritionnels de base, laissant des millions de foyers dans une situation d’extrême pauvreté.

Privée de sécurité économique, la population manifeste directement contre le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et les monopoles d’État. Le 17 août 2026, des informations en provenance d’Iran ont fait état de manifestations de retraités du secteur des télécommunications à Ispahan ; ces derniers ont dénoncé explicitement le pillage orchestré par l’armée, scandant des slogans tels que « Le fonds Mobitel du CGRI a volé les télécoms » et « Nous avons bâti les télécoms, le CGRI s’en est emparé et nous avons tout perdu ». Parallèlement, une organisation locale de défense des droits humains a signalé, ce même 17 août 2026, que les travailleurs de la plateforme 15 du complexe gazier de South Pars étaient entrés en grève pour réclamer une revalorisation de leur salaire de base et de meilleures conditions de travail.

Alors que les luttes intestines au sein de l’État, la spéculation des intermédiaires et l’effondrement industriel se conjuguent à une contestation populaire directe visant le CGRI, Téhéran demeure paralysé par un calcul économique aux conséquences potentiellement fatales. Tandis que le régime diffère, par crainte de provoquer une nouvelle explosion sociale à l’échelle nationale, la décision risquée d’augmenter le prix du carburant, il se retrouve pris au piège d’un dilemme inéluctable : soit absorber lui-même une pression financière écrasante — en faisant subir les conséquences à son propre appareil sécuritaire et à ses relais régionaux —, soit reporter ce fardeau directement sur la population et s’exposer à sa colère immédiate et violente.

Source : CNRI 

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