La simultanéité de ces manifestations illustre clairement non pas des griefs isolés, mais une nation au bord du gouffre : un rejet unifié d’un système qui a pillé ses richesses et brisé la dignité de son peuple.
Le cœur économique du régime en pleine révolte
Les manifestations les plus importantes de la journée, d’un point de vue stratégique, ont éclaté dans le secteur pétrolier et gazier, moteur économique du régime. Dans tout le sud de l’Iran, des travailleurs ont organisé des débrayages et des rassemblements coordonnés, témoignant d’une profonde colère contre le cœur même de la richesse du pays.
Des manifestations ont été signalées dans de nombreuses installations critiques, notamment le complexe gazier de South Pars (sur les plateformes POGC et la septième raffinerie), la raffinerie de gaz de Fajr Jam, les sites 1 et 2 d’Asaluyeh et la société de production pétrolière et gazière d’Aghajari. À Gachsaran, les employés de la Société nationale de forage ont organisé un rassemblement pour exiger le licenciement des intermédiaires corrompus, le paiement équitable et ponctuel des salaires et une meilleure sécurité de l’emploi. Leurs revendications, qui comprenaient également l’application intégrale de l’article 10 du code du travail et la suppression des plafonds salariaux, révèlent un système de pillage où la richesse pétrolière du pays enrichit une élite parasitaire tandis que les travailleurs qui la produisent sont privés de leurs droits fondamentaux.
Le cri de la dignité : enseignants et retraités face au régime
À Téhéran, le ministère de l’Éducation est devenu un pôle de résistance. Pour la troisième journée consécutive, les enseignants du Mouvement pour l’alphabétisation ont protesté contre la précarité de leur emploi et exigé la mise en œuvre de pratiques d’embauche équitables. Ils ont été rejoints par les enseignants retraités des années 2022 à 2024, qui se sont mobilisés contre le non-versement de leurs pensions et avantages sociaux.
Parallèlement, une manifestation puissante et politiquement engagée a eu lieu à Kermanshah (ouset du pays), où se sont rassemblés des retraités de divers fonds de pension. Leurs slogans ont dépassé les revendications économiques pour s’attaquer directement à l’idéologie fondamentale du régime. Criant : « Notre ennemi est ici ; ils mentent en prétendant que c’est l’Amérique », les manifestants ont explicitement désigné les religieux au pouvoir comme la source de leurs souffrances, rejetant ainsi des décennies de propagande d’État. Dans un remarquable acte de solidarité, ils ont également exigé l’annulation des condamnations répressives – notamment l’expulsion et la mise à la retraite forcée – prononcées contre les enseignants militants au Kurdistan.
Un État en faillite
L’ampleur des dysfonctionnements du régime a été illustrée par deux autres manifestations poignantes. À Téhéran, des chauffeurs de camions-citernes bloqués en Afghanistan ont organisé un rassemblement devant l’Organisation de l’entretien des routes et des transports. Leur manifestation a mis en lumière le mépris total du régime pour ses propres citoyens, les laissant abandonnés et en danger à l’étranger, sans soutien ni recours.
À Fasa, dans la province de Fars (sud), les victimes des promesses creuses du régime ont pris les choses en main. Les candidats au projet « Logement national », qui ont attendu des années pour des logements qui ne se sont jamais concrétisés, ont installé des tentes de protestation devant le bureau local des routes et du développement urbain. Leur action est intervenue deux semaines après que le gouverneur de la province a fait une nouvelle promesse creuse de remédier à leur situation, révélant un gouvernement non seulement corrompu, mais aussi fondamentalement incapable de fournir les services les plus élémentaires à sa population.
Les événements du 2 septembre 2025 ne sont pas une série d’incidents isolés, mais une expression cohérente et puissante de la désillusion nationale. Le slogan scandé par les retraités de Kermanshah – « Unité, unité contre la pauvreté et la corruption » – résume parfaitement l’esprit du jour.
Le peuple iranien identifie de plus en plus la théocratie au pouvoir comme la cause profonde de sa misère économique et de sa répression sociale. Du travailleur du pétrole réclamant son salaire à l’enseignante revendiquant son emploi, en passant par le retraité réclamant sa pension, le message est clair : le régime a échoué sur tous les fronts. Le courage et la solidarité affichés à travers l’Iran témoignent d’une population qui ne se contente pas de souhaiter un changement, mais l’exige activement, créant ainsi une dynamique pour un avenir libéré de l’emprise de la tyrannie.
Source : CNRI

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