mercredi 4 février 2026

À Mashhad, des étudiants transforment un mémorial en manifestation

 Malgré une répression féroce et des coupures d’internet permanentes visant à dissimuler l’ampleur des violences d’État, l’esprit du soulèvement iranien reste intact. Le mardi 3 février 2026, des étudiants de l’Université des sciences médicales de Mashhad ont bravé les mesures de sécurité pour rendre hommage à un camarade disparu, tandis que de hauts responsables du régime lançaient des avertissements alarmistes quant à la fragilité du système.

Hommage des étudiants à la « Fleur fanée » du soulèvement

Mardi, à Mashhad, des étudiants se sont rassemblés pour rendre hommage à Faezeh Hossein-Nejad, étudiante en maïeutique entrée à l’université en 2023. Hossein-Nejad a été tuée par les forces de sécurité lors du soulèvement de janvier.

Le rassemblement commémoratif s’est rapidement transformé en manifestation. Les étudiants scandaient : « L’étudiante meurt mais refuse l’humiliation », rejetant les tactiques d’intimidation du régime. Décrivant leur camarade assassiné, ils ont scandé : « Cette fleur fanée est un don à la patrie », transformant une cérémonie de deuil en un défi direct à l’autorité des gardes du régime sur le campus.

Condamnation internationale : L’Australie sanctionne les assassins

Alors que les étudiants restaient fermes en Iran, la communauté internationale a réagi en sanctionnant les auteurs de la répression. Le 3 février, la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, a annoncé des sanctions ciblées contre 20 personnes et trois entités liées au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

La déclaration du gouvernement australien a souligné la gravité de la situation, indiquant que depuis le 28 décembre 2025, le régime a « massacré des milliers d’Iraniens » et arrêté d’innombrables autres personnes. Canberra a également condamné le recours par le régime à des « coupures nationales d’internet et de télécommunications » destinées à dissimuler ces atrocités au reste du monde.

Les responsables du régime admettent un « tournant historique » et craignent un effondrement

Alors que les rues restent agitées, la peur s’est visiblement infiltrée au sommet de l’État. S’exprimant sur la tombe de Rouhollah Khomeini le 3 février, le président du Parlement, Mohammad Baqer Ghalibaf, a reconnu que le régime était confronté à un « tournant historique ».

Dans un discours empreint d’anxiété, M. Ghalibaf a averti que « la peur et la capitulation » auraient des conséquences désastreuses. Recourant à une métaphore pour illustrer l’effondrement interne, il a déclaré que si les « attaques extérieures » sont gérables, le véritable danger réside dans la « destruction des fondements » – reconnaissant ainsi de profondes fractures internes et l’érosion des bases du système. Il a exhorté à une plus grande obéissance à Khamenei, signe d’une crise d’autorité.

Simultanément, Ali Shamkhani, conseiller de Khamenei, a déclaré à Al-Mayadeen que, si l’armée considère la guerre comme inévitable, il subsiste un espoir de « prévenir une catastrophe ». Le ton de Shamkhani semblait indiquer qu’il cherchait une porte de sortie, affirmant que si les propositions internationales étaient « exemptes de menaces », le régime pourrait éviter un « désastre », soulignant ainsi le désespoir des mollahs à assurer leur survie.

Source : CNRI 

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