mercredi 25 février 2026

Manifestations étudiantes sur les campus iraniens : quatrième jour de troubles selon un site de l’opposition

 Des étudiants de plusieurs universités iraniennes ont organisé de nouvelles manifestations antigouvernementales mardi. Un mouvement étudiant prenant de l’ampleur, marqué par des slogans hostiles au régime, s’est heurté aux forces pro-régime. Selon certaines sources, les manifestations se sont étendues de Téhéran à Mashhad et Ispahan, et la mobilisation est présentée comme le quatrième jour d’un soulèvement étudiant.

Les slogans anti-dictature dominent les manifestations étudiantes

Parmi les slogans les plus marquants, on a pu entendre à l’Université de Téhéran et à l’Université de Technologie Amirkabir, où les étudiants auraient scandé :

  • « Mort à l’oppresseur, qu’il soit Shah ou Guide suprême ! »
  • « Ni monarchie, ni pouvoir suprême ! Démocratie, égalité ! »

Ces slogans sont remarquables car ils rejettent à la fois le système clérical iranien actuel et tout retour à la monarchie, soulignant une position de plus en plus visible au sein du mouvement étudiant : l’opposition à toute forme de pouvoir autoritaire.

À l’Université de Technologie Sharif, des étudiants auraient déchiré des portraits de hauts dirigeants iraniens en scandant : « Cette année est une année de sang ! Seyed Ali [Khamenei] sera renversé !» À l’Université Al-Zahra, des étudiants brandissaient des photos de victimes des manifestations de janvier et ont empêché des membres du Bassidj d’assister à un rassemblement.

Hommages et deuil : un nouvel élan de protestation

Les actions menées cette semaine sur les campus ont été marquées par des commémorations en hommage aux victimes des troubles de janvier. Des étudiants ont rendu hommage à deux manifestants tués — Mohammadreza Moradali et Zahra (Raha) Bohloulipour — dans les facultés de l’université de Téhéran, scandant des slogans décrivant les morts comme des sacrifices « pour la patrie ».

Des appels à des rassemblements présentés comme des veillées aux chandelles, notamment à l’université Al-Zahra, invitaient les étudiants à porter du noir et à se rassembler « en mémoire de tous ceux qui ne sont plus parmi nous ».

Cette combinaison de deuil et de mobilisation politique est un schéma récurrent en Iran, où les cérémonies commémoratives – en particulier celles qui ont lieu le quarantième jour après un décès – ont historiquement servi de point de départ à de nouvelles manifestations.

Selon des sources locales, un important dispositif de sécurité est déployé dans plusieurs universités, comprenant des agents en civil et des membres des Bassidj. Sur plusieurs campus, des étudiants les ont confrontés directement :

  • affrontements à l’Université Khajeh Nasir, où du gaz poivre a été utilisé contre des étudiants ;
  • affrontements à l’Université des sciences et technologies d’Iran ;
  • présence importante d’agents en civil à l’« Université nationale » (nom courant pour désigner l’Université Shahid Beheshti) ;
  • et une forte présence des Bassidj à l’Université Al-Zahra.

L’administration de l’Université Al-Zahra a publié un avertissement, menaçant de sanctions disciplinaires les étudiants participant à des rassemblements « non autorisés et illégaux ».

Par ailleurs, un responsable disciplinaire de l’Université Sharif a proposé de lever les interdictions d’accès à certains étudiants si la manifestation ne s’étendait pas jusqu’à l’entrée principale de l’université, tout en menaçant d’imposer des interdictions supplémentaires dans le cas contraire.

Ces témoignages reflètent un schéma observé lors des précédents troubles sur les campus : une combinaison de pressions disciplinaires formelles, de déploiement des forces de sécurité et de tentatives pour contenir les manifestations à l’intérieur du campus avant qu’elles ne se propagent dans l’espace public.

Appels coordonnés à la grève et au boycott des cours

Au-delà des manifestations de rue, on observe une coordination organisationnelle croissante au sein du mouvement étudiant. Des étudiants de plusieurs universités — dont Beheshti (surnommée « Université nationale » par les militants), l’Université des sciences et technologies d’Iran et Khajeh Nasir — ont publié des déclarations communes appelant au boycott des cours et à des manifestations coordonnées.

Une longue déclaration des étudiants de l’Université Sharif expose clairement leurs revendications politiques :

  • un système démocratique, laïque et non héréditaire ;
  • la fin de la dictature, « qu’elle soit incarnée par un shah ou un cheikh » (clercs) ;
  • et le rejet des tentatives de réorienter les manifestations étudiantes vers une politique monarchique.

Dans une déclaration distincte, les étudiants du réseau des universités islamiques Azad d’Iran ont condamné les récents meurtres et arrestations et ont appelé à la solidarité nationale entre les différents groupes sociaux, notamment les travailleurs, les enseignants et les étudiants.

Des manifestations ont également eu lieu à :

  • Université de technologie d’Ispahan
  • Université Ferdowsi de Mashhad
  • Université Sajjad (Mashhad)
  • Université Soure
  • Université des Beaux-Arts
  • Université du Golfe (pour une cérémonie commémorative)

À Mashhad et Ispahan, des slogans tels que « Mort au dictateur » et « Par le sang de nos amis, nous tiendrons bon jusqu’au bout » ont été scandés.

Un mouvement au message politique plus clair

Ce qui frappe le plus, c’est la constance d’un message sur tous les campus : les étudiants ne se contentent pas de s’opposer au système actuel, ils cherchent aussi à définir ce qui ne doit pas le remplacer.

Les slogans répétés — notamment « Ni monarchie ni pouvoir suprême » et « Mort à l’oppresseur, qu’il soit Shah ou Guide suprême » — témoignent d’un mouvement qui s’oppose fermement à la fois à la dictature cléricale et à toute restauration du régime monarchique.

Cette clarté idéologique, qu’elle reflète l’ensemble du mouvement de protestation ou un courant organisé spécifique en son sein, devient l’une des caractéristiques les plus marquantes de cette phase de contestation étudiante.

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