Une voix derrière les barreaux
En janvier 2026, le prisonnier politique Akbar Bagheri a publié une déclaration forte depuis la prison de Qezel Hesar, exprimant sa solidarité avec le soulèvement national iranien et rendant hommage à ceux qui ont affronté les forces du régime dans les rues.
Ouvrant son message par un hommage empreint de respect, Bagheri a salué le peuple qui s'est dressé sans armes contre la machine répressive :
« Par respect et en honneur du peuple qui s'est tenu dans les rues, combattant courageusement dans une bataille inégale contre les mercenaires du Velayat-e Faqih, et qui a offert des dizaines de milliers de martyrs et de blessés, je me tiens debout et incline la tête. »
Il a décrit le soulèvement comme une alliance sacrée — payée dans le sang — dont le but n'est rien de moins que la liberté :
« Que le sang pur et sacré de ces êtres chers ouvre la voie à la liberté du peuple iranien, et que la trompette de la liberté et le soleil de l'émancipation se lèvent sur l'Iran. »
Du bazar aux rues
Bagheri raconte comment le soulèvement a éclaté et s'est propagé rapidement, commençant par les marchands et se transformant en une révolte massive menée par des jeunes rebelles :
« Le soulèvement populaire a commencé au bazar et s'est rapidement étendu à tout le pays. Les rues s'emplissaient d'une ferveur révolutionnaire, débordant de jeunes rebelles qui laissaient enfin éclater la rage étouffée qui leur était restée enfouie dans la gorge pendant des années. »
Il prévient que la tactique habituelle de distorsion employée par le régime est toujours un prélude à un bain de sang :
« Chaque fois que le régime recourt à la distorsion et à l'inversion de la réalité, il commet un crime. Lorsque les sbires du régime qualifient les jeunes révolutionnaires de terroristes et d'agents étrangers, leur objectif est parfaitement clair. »
Établissant des parallèles historiques, Bagheri ajoute :
« Sous la dictature du Shah également, les combattants de la liberté étaient traités de terroristes et de traîtres. C'est une tradition immuable chez les dictateurs du monde entier, et ce n'est pas nouveau pour nous. »
Des étoiles dans l'obscurité
Depuis l'intérieur des murs de la prison, Bagheri tourne son regard vers les rues où, au milieu des fusillades, de jeunes Iraniens font le sacrifice ultime :
« Dans les rues, au milieu du crépitement des mitrailleuses du régime, il y a des jeunes qui risquent leur vie, qui abandonnent tout pour la libération de leur peuple. »
Il les immortalise en termes poétiques :
« Ils sont devenus des étoiles pour briller dans les ténèbres de leur patrie. Des étoiles brillantes ont quitté notre ciel empli de tristesse pour illuminer l’aube blanche de la liberté. »
En souvenir du Dr Naim Abdollahi
Bagheri cite notamment le cas du Dr Naim Abdollahi, un universitaire de 34 ans tué lors du soulèvement.
« L’une de ces étoiles brillantes était le Dr Naim Abdollahi, 34 ans, titulaire d’un doctorat en droit et en sciences politiques, et maître de conférences à l’université de Téhéran. »
Décrivant son parcours et son engagement, Bagheri écrit :
« Le commandant Naim, fils courageux du Kermanshah kurde, a donné sa vie pour ses idéaux le 8 janvier à Nazi Abad, à Téhéran. »
La vision d'Abdollahi, explique-t-il, était ancrée dans une solidarité vécue avec les personnes marginalisées :
« Il voulait donner un sens véritable à la prospérité — la vraie prospérité — pour les opprimés qu’il comprenait de tout son être. »
Bagheri présente Abdollahi comme un modèle durable pour la jeunesse iranienne, citant une maxime de défi :
« Vivre dans l’humiliation est une honte ; la mort vaut mieux qu’une telle vie. »
Un engagement jusqu'au renversement
Dans la dernière partie, Bagheri rend hommage aux martyrs de janvier à Kermanshah, nommant plusieurs manifestants tombés au combat et réaffirmant un vœu inébranlable :
« Nous jurons que tant que nous n’aurons pas démantelé Zahhak membre par membre, nous ne connaîtrons aucun répit. »
Il conclut par un serment direct à ses compatriotes, et plus particulièrement à la population kurde d'Iran :
« Moi, prisonnier politique, je vous promets — mes sœurs et mes frères, mes concitoyens et Kurdes — que je suis à vos côtés et que je le resterai jusqu’à votre renversement. »
Ses derniers mots ne laissent aucune ambiguïté quant au sort du régime :
« Lorsqu’un peuple est prêt à tout donner pour la liberté, il est certain de triompher. »
Un message qui transcende les murs de la prison
La déclaration d'Akbar Bagheri depuis la prison de Qezel Hesar n'est pas qu'un simple message de solidarité : c'est une dénonciation du régime clérical, un hommage aux victimes et une affirmation d'une résistance inébranlable. Derrière les barreaux, sa voix se joint au chœur d'une nation qui réclame sa libération, faisant écho à une détermination unique et inflexible : jusqu'à la chute du régime.

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