La photojournaliste, présentée comme Yalda, a déclaré que des agents avaient pénétré chez elle à l'aube. Elle a précisé qu'elle dormait au moment du raid. Les forces de sécurité ont emporté tous ses appareils photo et ses archives photographiques, constituées sur 25 ans. Elle a souligné qu'elle ne se sentait plus du tout en sécurité. L'angoisse et la peur d'être arrêtée pèsent désormais lourdement sur sa vie. Ce raid a eu lieu à un moment où ses images sont considérées comme faisant partie intégrante du témoignage visuel des manifestations. La destruction de ces documents pourrait contribuer à dissimuler les crimes du Corps des gardiens de la révolution islamique.
Les crimes commis par les Gardiens de la révolution dans les rues : un témoignage oculaire
Dans l'interview, Yalda a décrit des scènes qu'elle n'avait jamais vues en 25 ans de carrière. Elle a parlé de centaines, voire de milliers de personnes dans les rues. Des familles, des enfants et des personnes âgées participaient aux manifestations. Les gens scandaient des slogans et bloquaient les rues. Les automobilistes manifestaient leur soutien en klaxonnant.
D'après elle, les forces de sécurité ont fait usage d'une grande quantité de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes. Elle a déclaré qu'il semblait y avoir une grenade lacrymogène par personne. Malgré la répression, les manifestants sont revenus à plusieurs reprises. Certains ont incendié un véhicule de police. Les bâtiments gouvernementaux sont devenus la cible de la colère populaire.
Yalda a souligné que des coups de feu ont été tirés sur des manifestants depuis le toit d'un immeuble appartenant aux Bassidj, une force paramilitaire subordonnée aux Gardiens de la révolution. Des tireurs d'élite étaient postés sur le toit. Ce témoignage illustre clairement les crimes commis par les Gardiens de la révolution et leurs forces affiliées. Le fait de tirer sur des manifestants depuis une position surélevée indique une décision préméditée.
Crimes et deuil familial des Gardiens de la révolution
La photojournaliste n'était pas une simple observatrice. Un de ses proches a également été tué lors des manifestations. Elle a déclaré que les forces de sécurité l'avaient abattu. Sa famille a cherché son corps pendant près d'une semaine. Selon elle, le nombre de victimes était si élevé que l'on ignorait où se trouvaient beaucoup d'entre elles.
Des images de cérémonies funéraires figuraient également parmi ses documents. Yalda a déclaré ne connaître pratiquement aucune famille qui ne soit pas en deuil. Selon elle, tout le monde est en deuil. Ce témoignage montre que les crimes des Gardiens de la révolution ne se sont pas limités aux rues. Ils ont pénétré jusque dans les foyers.
Plus tard dans l'interview, on lui a demandé quelle image elle souhaitait le plus partager avec le monde. Elle a évoqué la photographie d'une jeune fille debout devant une voiture de police, faisant le signe de la victoire. Pour elle, cette image symbolisait l'espoir, un espoir anéanti par la répression.
Yalda a décrit l'état actuel de la société comme la période la plus triste de notre histoire. Elle a déclaré qu'en quarante-quatre ans, elle n'avait jamais connu un tel désespoir. Les gens se demandent ce qu'il convient de faire. Cette question revient sans cesse, que ce soit lors de petits ou de grands rassemblements.
À la fin de l'entretien, l'animateur a évoqué les excuses présentées par Massoud Pezeshkian, le président du régime iranien. Yalda a jugé ces excuses dénuées de sens. Elle a affirmé que la population savait que le véritable décideur se trouvait ailleurs, en la personne d'Ali Khamenei. Ces propos reflètent l'opinion publique largement partagée quant à la structure du pouvoir en Iran, une structure qui porte la responsabilité des crimes du Corps des gardiens de la révolution islamique.
Cet entretien témoigne des efforts déployés pour effacer les traces des massacres. Pourtant, la réalité des crimes du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), désigné comme organisation terroriste par les États-Unis, demeure gravée dans la mémoire collective. La répression généralisée, les tireurs embusqués et le nombre élevé de victimes révèlent le vrai visage d'une structure qui fonde sa survie sur l'anéantissement de la vérité.
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