dimanche 22 février 2026

Nouvelle affaire pénale contre la prisonnière politique Forough Taghipour à la prison d’Evin

 Forough Taghipour, prisonnière politique détenue dans le quartier des femmes de la prison d’Evin, fait face à l’ouverture d’un nouveau dossier judiciaire ainsi qu’à l’imposition de sévères restrictions de communication. Ces mesures interviennent dans un contexte de pressions sécuritaires croissantes exercées sur les détenus politiques afin de les contraindre au silence et à la soumission.

Nouvelles accusations durant l’incarcération

Forough Taghipour a récemment reçu une notification officielle l’informant de l’ouverture d’une nouvelle procédure judiciaire engagée contre elle alors qu’elle est toujours incarcérée. Cette convocation l’oblige à comparaître par visioconférence le 21 février devant la deuxième branche du parquet du district 33, dite « Moghaddas », pour être interrogée sur l’accusation de « propagande contre l’État à l’intérieur de la prison ».

Le dépôt de nouvelles charges contre Forough Taghipour alors qu’elle purge déjà une peine à la prison d’Evin est largement perçu comme une méthode couramment utilisée par les autorités iraniennes pour prolonger la pression judiciaire et multiplier les dossiers contre les prisonniers politiques. De telles pratiques reviennent, dans les faits, à étendre les mesures punitives au-delà des condamnations initiales, renforçant un cycle de harcèlement judiciaire.

Privation de contact familial comme pression psychologique

Parallèlement, le 17 février, l’administration pénitentiaire a informé Forough Taghipour qu’elle serait privée d’appels téléphoniques et de visites familiales en personne pendant un mois. Les autorités auraient justifié cette mesure en l’accusant de « diffusion de fausses informations ».

Cette sanction disciplinaire, décidée par une commission interne et devant entrer en vigueur le 21 février, isole davantage la détenue de tout contact extérieur. La suspension des communications entre prisonniers politiques et leurs familles est depuis longtemps documentée comme une méthode de coercition psychologique, destinée à intensifier l’isolement, à limiter la circulation d’informations depuis les établissements pénitentiaires et à accroître la pression afin d’empêcher toute expression publique ou politique.

Le recours combiné à de nouvelles poursuites judiciaires et à l’interdiction de communication soulève de sérieuses préoccupations quant au respect des garanties d’un procès équitable, à la proportionnalité des peines et au traitement des prisonniers politiques dans le système pénal iranien.

Qui est Forough Taghipour ?

Forough Taghipour, âgée de 31 ans, est titulaire d’une licence en comptabilité et purge une peine de cinq ans à la prison d’Evin depuis août 2023. Elle avait initialement été condamnée à 15 ans d’emprisonnement pour baghy (rébellion armée) et pour appartenance présumée à l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), mais cette peine a été réduite en appel.

Elle avait déjà été arrêtée en février 2020 pour « rassemblement et collusion » ainsi que pour « propagande contre l’État », et condamnée à cinq ans de prison, peine qu’elle a purgée jusqu’en février 2023. Quelques mois seulement après sa libération, elle a été de nouveau arrêtée en août 2023 et demeure actuellement détenue dans le quartier des femmes de la prison d’Evin.

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