Dans un rapport publié le 24 février , Human Rights Watch a signalé une vague généralisée d'arrestations arbitraires, de disparitions forcées, de torture et la menace d'exécutions secrètes de manifestants lors des manifestations iraniennes de décembre, décrivant la situation actuelle comme un tsunami de répression.
D'après le rapport, depuis le 28 décembre 2025, et plus particulièrement après les massacres perpétrés à l'échelle nationale les 8 et 9 janvier 2026, les services de sécurité et de renseignement du régime iranien ont arrêté des dizaines de milliers de personnes, dont des enfants. L'organisation affirme que les personnes détenues sont soumises à la torture, à de graves mauvais traitements, à des procès inéquitables et risquent la mort en détention ou une exécution immédiate et arbitraire.
Disparitions forcées et refus d'accès à un avocat
Human Rights Watch a déclaré que de nombreux détenus sont maintenus au secret dans des lieux de détention officiels et non officiels, y compris des centres de détention secrets. Des familles et des avocats signalent que les autorités refusent systématiquement de fournir des informations sur le sort et le lieu de détention des personnes arrêtées, un acte que l'organisation considère comme une disparition forcée et un crime grave au regard du droit international.
Torture, aveux forcés et menace d'exécution
L'organisation a documenté de nombreux cas de torture et de mauvais traitements, notamment des passages à tabac graves, des violences sexuelles et sexistes, la privation de nourriture, des menaces d'exécution et le refus de soins médicaux. Par ailleurs, elle a examiné 139 vidéos d'aveux forcés diffusées par les médias d'État jusqu'au 6 février, qu'elle considère comme une violation flagrante de l'interdiction de la torture et de la présomption d'innocence.
Appel à l'action internationale
Human Rights Watch a appelé les États membres des Nations Unies à :
- exiger la libération immédiate des personnes détenues arbitrairement.
- Élucider le sort et le lieu où se trouvent les personnes disparues de force.
- interrompre l'exécution de toute opération prévue.
- accorder aux observateurs internationaux indépendants, notamment à la mission d’établissement des faits de l’ONU en Iran, un accès complet et sans entrave au pays et aux prisons.
L'organisation a également appelé les autorités judiciaires d'autres pays à ouvrir des enquêtes criminelles sur d'éventuels crimes internationaux, en se fondant sur le principe de compétence universelle.
Arrestations en cours et environnement sécuritaire
Le rapport indique qu'après les massacres de janvier, un important dispositif de sécurité a été mis en place dans de nombreuses villes, avec la création de points de contrôle et le renforcement des inspections des téléphones portables. Les arrestations se poursuivent. Parmi les personnes détenues figurent des manifestants, des étudiants, des élèves, des avocats, des médecins, des journalistes, des militants politiques et civiques, des athlètes et des membres de minorités ethniques et religieuses, notamment des bahaïs.
Human Rights Watch a conclu que le maintien de détenus dans des quartiers de prison vidés et des centres de détention non enregistrés, ainsi que l'utilisation de la vidéosurveillance et de drones pour identifier les manifestants, indiquent la poursuite d'une campagne organisée visant à instiller la peur et à réprimer les manifestations.


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