dimanche 15 février 2026

Le régime iranien arrête des infirmières et tente de dissimuler le massacre de janvier.

 Suite aux massacres des 8 et 9 janvier, une vague d'arrestations visant des infirmières a déferlé sur plusieurs villes d'Iran. Les médias d'État n'ont que peu évoqué ces arrestations. Des sources populaires avaient auparavant rapporté que plusieurs infirmières avaient été détenues pour avoir prodigué des soins médicaux à des personnes blessées lors des manifestations. Aucune statistique officielle n'a été publiée et le statut juridique des personnes détenues demeure flou. Cette ambiguïté soulève de sérieuses questions.

D'après les propos de Mohammad Sharifi-Moghaddam, secrétaire général de la Maison des infirmières iraniennes, publiés le 11 février par l'agence de presse officielle Tosee Irani, plusieurs infirmières ont été arrêtées à Téhéran, Ispahan et dans d'autres villes. Il précise : « Je ne dispose pas de statistiques précises. Les appels de familles et de collègues sont ma seule source d'information. Les arrestations d'infirmières se sont poursuivies même après les manifestations. La semaine dernière, une infirmière travaillant dans un centre de soins à domicile a également été arrêtée à son domicile. »

Arrestations d'infirmières et vide juridique en matière de responsabilité officielle

Sharifi-Moghaddam s'interroge sur l'institution chargée du suivi de la situation de ces infirmières. Il déclare : « Les infirmières se sentent abandonnées. Le ministère de la Santé et l'Ordre des infirmières n'ont fourni aucun rapport transparent à ce jour. Ces arrestations interviennent alors que ce corps infirmier est confronté depuis des années à des difficultés économiques et à une pénurie de personnel. Des conditions de travail difficiles et épuisantes font partie intégrante de leur quotidien professionnel. »

Les infirmières jouent un rôle de première ligne en temps de crise. Pendant la pandémie de COVID-19, nombre d'entre elles ont perdu la vie. Lors des manifestations de janvier, elles ont soigné les blessés. Sharifi-Moghaddam déclare : « Le devoir d'une infirmière ne se limite pas à l'hôpital. Partout où se trouve une personne blessée, le personnel médical doit lui porter assistance. » Il fait ensuite référence à la « Loi relative à la répression du refus de porter secours aux blessés et d'éliminer les dangers mettant leur vie en danger, adoptée en 2015 ». En vertu de cette loi, refuser de porter secours dans une situation dangereuse est considéré comme un délit.

Pourtant, l'arrestation des infirmières est intervenue après qu'elles aient accompli ce devoir parfaitement légal. Cette contradiction est frappante. Si porter secours aux blessés est une obligation humanitaire et professionnelle, pourquoi son accomplissement a-t-il conduit à la détention ? Selon les informations disponibles, les arrestations ont eu lieu parce que les infirmières ont prodigué des soins médicaux à des personnes blessées lors des manifestations.

Mais quelle est la réalité ? Arrestation d’infirmières ; une tentative de faire taire les témoins du crime

Les manifestations des 8 et 9 janvier ont été réprimées avec une violence généralisée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI), principale force militaire et de sécurité du régime. Selon des sources locales, des milliers de jeunes ont été tués, blessés ou arrêtés. Dans ce contexte, les infirmières ont été parmi les premières à se trouver face aux victimes. Elles ont ainsi pu constater directement l'étendue des blessures. L'arrestation d'infirmières pourrait donc être interprétée comme une forme de pression exercée sur les témoins.

Le manque de clarté concernant le nombre de détenus alimente les spéculations selon lesquelles l'objectif est de contrôler le récit. Lorsque le nombre de morts et de blessés n'est pas annoncé de manière transparente, les arrestations de personnel médical peuvent entraver la diffusion de l'information. Les familles ignorent toujours le sort de certains détenus. Aucun rapport officiel n'a été publié concernant leur lieu de détention ou les éventuelles charges retenues contre eux.

L'arrestation d'infirmières suite au massacre de janvier révèle de manière choquante le traitement réservé au personnel médical. Des infirmières légalement tenues de porter secours sont désormais détenues. Ce processus viole non seulement leurs droits professionnels, mais laisse également supposer une volonté de dissimuler l'ampleur de la répression. Lorsque le régime s'en prend aux témoins des blessures au lieu de traduire les responsables en justice, son seul but est de masquer la gravité du crime.

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