dimanche 22 février 2026

Un responsable iranien admet avoir porté le « coup de grâce » à la majorité des victimes des manifestations.

 Une déclaration choquante révèle des meurtres systématiques et un contrôle sécuritaire sur les hôpitaux et les lieux d'inhumation.

Un aveu stupéfiant d'un responsable iranien a révélé ce que les observateurs des droits de l'homme mettent en garde depuis longtemps : les meurtres commis lors des récentes manifestations n'étaient ni accidentels, ni chaotiques, ni des actes de défense ; il s'agissait d'actes systématiques.

Le 18 février 2026, Javad Tajik, PDG de l'organisation du cimetière Behesht-e Zahra de Téhéran, a publiquement reconnu que plus de 70 % des corps avaient reçu le coup de grâce. Cette déclaration n'est pas seulement controversée, elle est potentiellement incriminante.

Plus de 70 % de tir avec coup de grâce

L'aveu selon lequel plus de 70 % des personnes décédées ont reçu délibérément une « balle finale » sape fondamentalement le récit de longue date du régime selon lequel les forces de sécurité ont tiré des coups de semonce ou ont agi en état de légitime défense chaotique.

En doctrine militaire, le coup de grâce n'est pas un tir croisé accidentel. C'est une décision opérationnelle, délibérée et maîtrisée.

Lorsque des victimes comme Sam Afshari ou Abolfazl Vahidi, âgé de 13 ans, ont été retrouvées avec des blessures faciales catastrophiques et des traces d'une seconde blessure par balle, le schéma observé ne ressemble plus à une simple opération de contrôle des foules. Il s'agit plutôt de ce que les critiques qualifient de protocole d'élimination structuré.

Cela soulève une question glaçante : les manifestants blessés ont-ils été délibérément achevés pour les empêcher de survivre et de témoigner ?

Un message de dissuasion absolue

Les analystes de sécurité affirment que de telles tactiques ont une visée psychologique. En s'assurant que les manifestants blessés ne survivent pas, le régime semble envoyer un message clair : participer aux manifestations a un prix ultime.

Cette stratégie vise à faire passer le « prix » de la dissidence à des niveaux existentiels.

Les autorités du régime ont déjà invoqué la présence de « terroristes » pour justifier le recours à la force létale. Or, cette justification ne résiste pas à l'analyse. Aucun fondement sécuritaire plausible ne permettrait à des infiltrés d'accéder systématiquement à des blessés dans des ambulances ou des salles de réanimation.

Les meurtres se seraient étendus aux hôpitaux.

Des rapports indépendants indiquent que, dans de nombreux cas, le coup de grâce n'a pas eu lieu dans la rue, mais lors d'un transfert ou même à l'intérieur d'établissements médicaux.

Si cela se confirmait, il s'agirait d'une escalade dramatique : la transformation des hôpitaux — espaces de soins traditionnellement neutres — en environnements contrôlés pour la réalisation d'opérations mortelles.

Le personnel médical a déjà signalé la présence d'agents de sécurité en civil dans les blocs opératoires et les services d'urgence. Parmi les allégations figurent des pressions exercées pour refuser des soins ou intervenir dans des cas concernant des manifestants blessés.

Si des personnes blessées étaient abattues pendant qu'elles reçoivent des soins médicaux, cela signalerait non seulement une violence d'État, mais aussi l'effondrement de la neutralité médicale sous la domination sécuritaire.

Inhumation sous contrôle de sécurité

Le Tadjikistan a également tenté de normaliser l'inhumation de 1 124 corps, tout en reconnaissant qu'environ la moitié avaient été transférés dans d'autres villes pour des raisons de sécurité.

Ce détail logistique est politiquement significatif. Behesht-e Zahra, le plus grand cimetière de Téhéran, est historiquement devenu un lieu de recueillement collectif et de mobilisation politique.

En dispersant les corps sur le territoire, les autorités du régime semblent mettre en œuvre ce que les observateurs décrivent comme une stratégie de « deuil distribué », empêchant ainsi les grands rassemblements qui pourraient transformer les cimetières en centres de protestation renouvelée.

La crainte n’est pas seulement celle de troubles dans les rues, mais aussi celle que les funérailles ne deviennent des catalyseurs pour de nouvelles formes de résistance.

Déni d'extorsion contre témoignages des familles

Dans son discours, Tajik a nié que les autorités du régime exigent un paiement pour les balles utilisées pour tuer des manifestants – une allégation fréquemment formulée par les familles des victimes depuis des décennies.

Pourtant, de nombreux témoignages directs provenant de soulèvements précédents et de répressions passées décrivent des pressions financières, des menaces à la sécurité et des conditions d'inhumation forcées imposées aux familles endeuillées.

La contradiction entre le déni officiel et le vécu des familles accentue la méfiance et renforce la perception d'abus systémiques.

Un indicateur statistique de létalité de masse

Ce chiffre, 70 %, est stupéfiant. Il ne s'agit pas d'un simple hasard ; il révèle une tendance.

Les observateurs affirment qu'une telle proportion ne peut résulter d'affrontements aléatoires. Elle reflète une intention opérationnelle, un choix politique.

Plus troublante encore est la logique sous-jacente : les survivants blessés peuvent devenir des témoins oculaires. Les témoins oculaires deviennent des symboles. Les symboles alimentent la résistance.

De ce point de vue, le coup de grâce devient non seulement un acte de violence, mais aussi une tentative d'effacer tout témoignage avant même qu'il puisse exister.

Un régime démasqué par ses propres paroles

La déclaration de Tajik visait peut-être à désamorcer les accusations et à normaliser les procédures. Au lieu de cela, elle constitue une accusation involontaire.

L'aveu qu'une très large majorité des victimes ont reçu des balles fatales délibérées remet en cause le discours officiel du régime dans son essence même. Il déplace le débat de l'usage excessif de la force à la possibilité d'exécutions systématiques.

Pour de nombreux Iraniens, la question n'est plus de savoir si la force létale a été utilisée, mais si une politique d'élimination structurée a été mise en œuvre.

Les cimetières, jadis lieux de deuil silencieux, sont désormais des témoins. Et selon les critiques, les corps qui y sont enterrés parlent plus fort que n'importe quel démenti officiel.

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