jeudi 26 février 2026

Les étudiants iraniens repoussent les forces répressives : les admissions universitaires révèlent une crise grandissante

 Le plateau iranien est actuellement le théâtre d’une résistance sans précédent, alors que le soulèvement national entre dans son cinquième jour crucial de grèves étudiantes organisées. Ce qui a commencé comme des manifestations de colère localisées s’est transformé en une offensive disciplinée et nationale contre les fondements idéologiques de la dictature cléricale. Dans la capitale et les principaux centres urbains provinciaux, la « jeunesse rebelle » a transformé les campus universitaires en zones libérées, paralysant de fait l’appareil éducatif et administratif du régime.

Des portes de l’Université de Téhéran aux couloirs industriels de l’Université de Technologie d’Ispahan, l’air est imprégné d’un parfum de rébellion. Les étudiants ont dépassé le stade des simples revendications réformistes et adopté le slogan stratégique : « Ni Shah, ni Cheikh – Démocratie et Égalité ». Cette délimitation politique limpide rejette à la fois la monarchie héréditaire du passé et le système actuel des velayat-e faqih, témoignant d’une maturité politique affirmée au sein de la résistance. À Ispahan, le slogan « Khamenei le Zahhak, nous t’enterrerons ! » est devenu un cri de ralliement, faisant écho à la chute historique des tyrans.

La « machine de répression » du régime a réagi par des mesures désespérées. À Chiraz, les rues autour d’Eram et de l’Université de Chiraz sont bloquées par des fourgons des « Unités spéciales » et des agents en civil, dans une tentative vaine d’empêcher les rassemblements. Malgré cela, la grève reste puissante. Les responsables de l’État sont désormais contraints d’admettre l’ampleur de la paralysie. Fatemeh Mohajerani, porte-parole de l’administration Pezeshkian, a reconnu lundi que la colère grandissante de la société était indéniable et que le système éducatif était fortement perturbé par l’absentéisme étudiant.

L’université, conscience de la nation

Le soulèvement s’est étendu aux universités Al-Zahra, Sharif, Amirkabir, Nationale (Beheshti), Khajeh Nasir et aux écoles d’art et d’architecture. À l’université Al-Zahra, les étudiants ont vivement critiqué les tentatives de réconciliation du régime, scandant : « Nous n’avons pas donné nos vies pour faire des compromis et glorifier le Guide meurtrier.»

Ce sentiment a été renforcé à l’université Pardis de Téhéran, où les jeunes ont proclamé 2026 « année du sang » pour Ali Khamenei, jurant que la violence ne ferait qu’accroître le nombre de ceux qui s’opposent à la dictature.

Les médias d’État iraniens, traditionnellement les porte-parole des mollahs, tirent désormais la sonnette d’alarme face à l’effritement de l’autorité du régime. Le quotidien Sharq a confirmé qu’au moins 180 étudiants, rien qu’à Téhéran, ont été convoqués devant des commissions de discipline depuis le 23 février, et que nombre d’entre eux ont été interdits d’accès au campus par SMS. Etemad a rapporté des chiffres encore plus alarmants, citant des sources syndicales d’enseignants qui affirment que 220 étudiants ont été tués ces derniers mois – un chiffre que le ministère de l’Éducation continue de nier obstinément.

La catastrophe économique qui alimente cette situation a atteint un point critique. Les données publiées par Towsee-e-Irani révèlent que le « panier de subsistance mensuel » d’une famille type a grimpé à 65 millions de tomans, soit une augmentation vertigineuse de 279 % du coût de la vie en un an. La classe ouvrière étant plongée dans l’extrême pauvreté, l’alliance entre la « jeunesse rebelle » et le secteur ouvrier est devenue la principale menace existentielle pour le régime.

Le sang des martyrs alimente la révolution

Le soulèvement ne se limite plus aux manifestations étudiantes diurnes. À Téhéran, Nahavand et Anbarabad, les commémorations du quarantième jour (Chehelom) en hommage aux martyrs du soulèvement de janvier 2026 sont devenues des tremplins stratégiques pour la résistance. À Téhéran, le frère de Saeed Heydari, tombé au combat, s’est adressé à la foule en deuil : « J’ai hérité de son courage ; je jure sur son sang pur que je vengerai tous ceux qui ont tiré sur les enfants de cette terre.»

À Anbarabad, des milliers de personnes se sont rassemblées pour honorer la mémoire de Marziyeh Kamali, une étudiante en médecine baloutche de 21 ans, exécutée dans les rues de Kerman par les forces de sécurité à coups de plomb. Ces cérémonies, marquées par des applaudissements défiants et des slogans tels que « Un Iranien meurt mais n’acceptera pas l’humiliation », rappellent sans cesse aux autorités religieuses que leurs tactiques d’intimidation ont échoué. Même le président de la Cour suprême, Mohammad-Jafar Montazeri, a été contraint de reconnaître l’ampleur de la haine populaire, déclarant avec cynisme que le régime « est habitué aux injures ».

La stratégie du régime consistant à « virtualiser » les cours pour vider les campus s’est retournée contre lui. À l’université Kharazmi, les étudiants ont averti que si les cours étaient déplacés, cela ne ferait qu’aggraver la situation. Non, leurs slogans ne feront que se durcir. La dictature cléricale se retrouve prise au piège entre une société qui a perdu la peur et une économie qui ne peut plus soutenir son appareil répressif.

Retour sur le soulèvement de janvier.

La dynamique actuelle constitue une escalade directe des combats décisifs de janvier 2026, qui ont brisé les barrières de confinement traditionnelles du régime. Les manifestations ont dépouillé les mollahs de leurs derniers vestiges de légitimité. La « jeunesse rebelle » d’aujourd’hui est l’héritière directe de ceux qui ont tenu bon en janvier, transformant chaque enterrement en une nouvelle ligne de front. La transition des combats de rue de janvier aux grèves universitaires actuellement organisées prouve que le mouvement est entré dans une phase structurelle et permanente de révolution, qu’aucune convocation disciplinaire ni aucun cordon de sécurité ne peut éteindre.

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