Défiance enflammée et actions directes
Au cours des dernières 24 heures, des opérations coordonnées dans plusieurs provinces ont ciblé des symboles du Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI ou Pasdaran) et de la milice paramilitaire Bassidj. Des groupes de jeunes rebelles iraniens ont signalé au moins 12 opérations importantes et l’utilisation généralisée d’engins incendiaires contre des centres de répression liés aux prochaines commémorations nationales. Dans des villes comme Téhéran, Chiraz et Ispahan, des bannières officielles ont été incendiées, la jeunesse rejetant le discours de stabilité du régime et rebaptisant la « Décennie de l’Aube » officielle en « Décennie de la Douleur ».
L’ampleur des violences d’État demeure stupéfiante, les autorités judiciaires maintenant une position intransigeante contre toute forme de dissidence. Le mardi 10 février, les prisonniers politiques de 56 centres de détention ont marqué la 107e semaine de la campagne « Mardis sans exécutions » par une grève de la faim nationale. Cette protestation intervient alors que des membres de la campagne rapportent que le gouvernement a exécuté plus de 207 personnes au cours des trois dernières semaines seulement. La répression s’étend désormais aux professions libérales ; les forces de sécurité ont récemment arrêté de nombreux avocats, médecins et personnels médicaux accusés d’avoir soigné des manifestants blessés.
Dans une démarche largement perçue comme une tentative de légitimer le pouvoir, le Guide suprême Ali Khamenei a accepté mardi de gracier ou de commuer les peines de 2 108 prisonniers. Cependant, le pouvoir judiciaire a explicitement déclaré qu’aucune personne impliquée dans les récentes « émeutes » ne bénéficierait de cette clémence. Parallèlement, des familles de détenus à Téhéran rapportent subir des pressions de la part des services de renseignement des Gardiens de la révolution pour participer aux rassemblements nationaux prévus le 11 février. Certaines d’entre elles auraient même été sommées de justifier leur présence par des photos et des vidéos transmises aux services de sécurité.
Paralysie de l’État et luttes intestines
Au sein même du pouvoir, le régime peine à maintenir un front uni face à la révolte intérieure et à l’isolement international. Alors que l’armée a adopté une posture « défensive-offensive », le ministère du Renseignement a annoncé l’arrestation de 56 « instigateurs » dans le Khorasan du Nord, les accusant d’avoir attaqué des bâtiments gouvernementaux et tué des responsables locaux. Ces arrestations massives, y compris celles de figures dites « réformistes » comme Azar Mansouri, témoignent d’un rétrécissement du cercle politique, le pouvoir en place cherchant à étouffer toute dissidence potentielle.
Alors que le régime croit pouvoir intimider, exécuter et recourir à des manœuvres diplomatiques sur le plan nucléaire pour faire croire qu’il a surmonté la menace existentielle qui pesait sur lui – se préparant ainsi à célébrer sa survie une fois de plus –, il se heurte à une société plus hostile, à un profond isolement régional et à une communauté internationale qui comprend de plus en plus que ses jours sont comptés. Malgré les efforts officiels pour projeter une image de stabilité par le biais de pourparlers discrets à Oman et de la commémoration d’anniversaires d’État, l’épuisement économique du peuple iranien et la persistance d’actions de contestation à travers le pays rappellent que les outils traditionnels de survie du système ne suffisent plus à contenir une confrontation inévitable.

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