Une vague d'arrestations massives déferle sur les villes iraniennes. Les manifestations d'envergure du mois dernier ont suscité une réaction sécuritaire sans précédent. Suite à la répression violente des rues, des informations font état du lancement d'une campagne d'arrestations à l'échelle nationale, visant, selon de multiples sources, à prévenir toute reprise des protestations.
Le début des manifestations et la propagation des troubles
Les manifestations ont d'abord débuté de manière limitée dans le Grand Bazar de Téhéran. Les difficultés économiques et le mécontentement social accumulé ont créé les conditions de leur rapide expansion. Le mouvement s'est rapidement propagé à d'autres quartiers et est devenu la contestation la plus sérieuse du pouvoir clérical depuis près de cinquante ans. Les slogans des manifestants exigeaient la démission des religieux, une revendication qui a accru les tensions sécuritaires.
Les autorités ont restreint l'accès à Internet et déployé massivement les forces de sécurité dans les rues. La répression a fait des milliers de morts. Parallèlement, une vague d'arrestations a débuté, marquant la deuxième phase de la répression des manifestations.
La vague d'arrestations massives et les centres de détention non divulgués
Des informations en provenance d'Iran font état d'une importante activité des forces en civil. Selon ces témoignages, les forces de sécurité ont arrêté des milliers de personnes en quelques jours. Les points de contrôle se sont multipliés et les rues ont été placées sous haute surveillance.
De nombreux détenus ont été transférés dans des prisons secrètes. On ignore où ils se trouvent, et l'objectif principal est de semer la terreur au sein de la population. Ces témoignages concordent avec les déclarations d'avocats, de médecins, de témoins oculaires et même de responsables du régime iranien. Selon ces sources, cette vague d'arrestations vise à empêcher toute reprise des manifestations.
Arrestation d'anciens militants et de membres de leurs familles
Les forces de sécurité du régime iranien n'ont pas limité les arrestations aux seuls manifestants récents. Des personnes détenues lors des manifestations des années précédentes ont été de nouveau arrêtées, même si elles n'avaient joué aucun rôle dans les troubles actuels. Dans certains cas, des membres de leur famille ont également été interpellés. Cette pratique a considérablement étendu le champ des arrestations.
Réactions internationales et préoccupations des Nations Unies
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a déclaré être au courant du nombre élevé d'arrestations. Il a averti que les détenus courent un risque de torture et de procès inéquitables. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur l'Iran a également indiqué que parmi les milliers de personnes détenues figurent des médecins et des professionnels de santé.
Deux responsables du régime iranien ont également confirmé officieusement que des milliers de personnes étaient détenues dans des centres de détention non officiels, tels que des entrepôts et des installations temporaires. Cependant, les autorités officielles ont refusé de divulguer des chiffres précis ou les lieux de détention.
Disparition de la jeunesse et peur sociale
Plus de 60 % des 92 millions d'Iraniens ont moins de 30 ans. La disparition de jeunes gens terrorise les familles. Des avocats signalent que des dizaines de familles ont demandé des informations sur leurs enfants détenus ; certains d'entre eux sont mineurs.
Le recours à des centres de détention non officiels et le refus prolongé d'accès à un avocat sont des caractéristiques constantes des vagues d'arrestations lors des périodes de troubles.
Pression sur le personnel médical
Des médecins ont indiqué à Reuters que les forces de sécurité avaient évacué des manifestants blessés des hôpitaux. Des dizaines de médecins ont été convoqués ou arrêtés, et certains se sont vu interdire de soigner les manifestants. L'Organisation mondiale de la santé a également confirmé des dégâts dans les infrastructures médicales et des blessures parmi le personnel paramédical. Cette situation révèle une nouvelle dimension de la vague d'arrestations.
Ce qui se déroule aujourd'hui en Iran n'est pas une simple série d'arrestations isolées. Cette vague d'arrestations est devenue le principal instrument du régime en place pour se maintenir au pouvoir, un instrument qui étouffe la société par la peur, les disparitions forcées et les menaces. L'expérience des quarante dernières années montre qu'une répression généralisée non seulement ne résout pas les crises, mais creuse le fossé entre le peuple et les autorités et prépare le terrain à de futures explosions sociales. Il convient de rappeler qu'en raison du crime organisé et de la répression brutale des soulèvements populaires, l'Union européenne a inscrit le Corps des gardiens de la révolution islamique sur sa liste des organisations terroristes.

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