Le jeudi 19 mars, vingtième jour du conflit, les affrontements entre les principaux acteurs et les acteurs régionaux sont entrés dans une nouvelle phase de tension et d'extension géographique. Parallèlement à l'intensification des frappes aériennes et des tirs de missiles, les réactions diplomatiques et les menaces réciproques se sont multipliées, et des signes d'une possible extension du conflit à un plus grand nombre de zones d'opérations sont visibles.
Attaques aériennes et terrestres à l'intérieur de l'Iran
Aux premières heures du jeudi 19 mars, des reportages et des vidéos diffusés sur les réseaux sociaux ont fait état de plusieurs frappes aériennes sur la ville de Shiraz. D'après ces images, plusieurs sites, dont des industries électroniques, ont été visés, et de fortes explosions ont été entendues dans différents quartiers. Les attaques auraient eu lieu vers 0 h 57, mais aucun bilan officiel des dégâts ou des éventuelles victimes n'a encore été publié.
Dans le même temps, l'armée israélienne a annoncé avoir mené, au cours des dernières 24 heures, des frappes sur plus de 200 cibles en Iran. Selon elle, ces cibles comprenaient des installations de stockage et de lancement de missiles balistiques, de drones, de systèmes de défense aérienne et des infrastructures de production d'équipements militaires. Ces attaques, menées principalement dans l'ouest et le centre du pays, ont été effectuées au cours de plusieurs dizaines de sorties offensives.
Intensification des affrontements dans le golfe Persique et menaces à la sécurité énergétique
Dans le golfe Persique, un navire marchand a été touché par un projectile non identifié près de Ras Laffan, au Qatar. Selon des sources maritimes britanniques, l'incident s'est produit à quatre milles nautiques des côtes et, heureusement, tous les membres d'équipage sont sains et saufs. Cet événement survient alors que la sécurité maritime dans la région est fortement affectée par les tensions militaires.
Parallèlement, des frappes de missiles menées par le régime iranien contre les installations énergétiques qataries de la région de Ras Laffan ont causé d'importants dégâts aux infrastructures de gaz naturel liquéfié. QatarEnergy a annoncé que ces frappes ont provoqué des incendies dans plusieurs unités industrielles, mais qu'aucune victime n'a été signalée pour l'instant. Il s'agit de la deuxième attaque contre cette zone industrielle en deux jours consécutifs.
Fortes réactions régionales contre le régime iranien
Suite à ces attaques, les réactions des pays de la région se sont multipliées. Le ministère qatari des Affaires étrangères a annoncé avoir, en réponse, déclaré persona non grata les attachés militaires et de sécurité de l'ambassade du régime iranien et leur avoir donné 24 heures pour quitter le pays. Doha a qualifié ces actions de violation flagrante du droit international et de franchissement de toutes les lignes rouges.
Plus largement, les ministres des Affaires étrangères de douze pays arabes et islamiques, réunis à Riyad, ont appelé à un arrêt immédiat des attaques du régime iranien. Leur déclaration condamne fermement les attaques contre les infrastructures civiles et les zones résidentielles des pays de la région et souligne la nécessité de respecter le droit international.
L'Arabie saoudite a également adopté une position ferme. Le ministre des Affaires étrangères du pays a déclaré que Riyad se réservait le droit à une riposte militaire et a souligné que la confiance envers le régime iranien était totalement rompue. Selon des responsables saoudiens, de récentes attaques de missiles ont visé des infrastructures du pays et fait plusieurs blessés.
Mouvements et positions des États-Unis
Aux États-Unis, des informations indiquent que de nouvelles options militaires concernant le conflit avec le régime iranien sont à l'étude. L'agence Reuters rapporte que l'administration du président américain Donald Trump envisage le déploiement de milliers de soldats au Moyen-Orient. Ces plans prévoient notamment la sécurisation du détroit d'Ormuz, le déploiement de forces le long des côtes iraniennes, voire une présence dans certains lieux stratégiques.
Dans le même temps, une demande budgétaire de plus de 200 milliards de dollars a été formulée pour la poursuite de la guerre, ce qui indique une augmentation significative des dépenses militaires. Dès la première semaine, les coûts de la guerre ont dépassé les 11 milliards de dollars.
Donald Trump a également averti que si le régime iranien récidivait en attaquant les installations énergétiques du Qatar, les États-Unis pourraient cibler directement le gisement gazier de South Pars. Cette menace est considérée comme l'une des positions les plus fermes annoncées par Washington ces derniers jours.
Évaluations des services de renseignement et inquiétudes quant à la poursuite des menaces en provenance de Téhéran
Le directeur du renseignement national américain a déclaré que, malgré l'affaiblissement du régime iranien suite aux récentes attaques, ce dernier conserve la capacité de menacer les intérêts des États-Unis et de leurs alliés. Selon lui, le programme nucléaire iranien a été fortement endommagé et une partie de ses installations détruites, mais des inquiétudes persistent quant à d'éventuelles activités clandestines.
Dans le même temps, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a annoncé que des questions essentielles concernant le statut de certaines installations souterraines iraniennes restent sans réponse.
Extension du conflit à d'autres pays
Par ailleurs, une frappe de missile menée par le régime iranien en Cisjordanie a coûté la vie à trois femmes palestiniennes. Il s'agit des premières victimes palestiniennes dans ce conflit. Cette attaque a suscité de vives réactions dans la région.
En Irak, plusieurs attaques contre des bases militaires ont également été signalées. Parmi elles, une base aérienne à Kirkouk a été visée, provoquant un incendie mais sans faire de victimes. Des attaques de drones contre des installations maritimes près du port d'Oum Qasr ont également été rapportées.
Les efforts diplomatiques pour contenir la crise
Le président français a annoncé avoir discuté avec le président américain et l'émir du Qatar des attaques contre les infrastructures énergétiques et a insisté sur la nécessité d'un arrêt immédiat des frappes contre des cibles civiles.
Les événements du vingtième jour de la guerre montrent que le conflit ne s'est pas atténué, mais s'est au contraire considérablement étendu. L'augmentation des attaques de représailles, l'entrée en scène de nouveaux acteurs, les menaces pesant sur les infrastructures critiques et la radicalisation des positions politiques témoignent d'une crise plus complexe.
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