vendredi 27 mars 2026

Alerte urgente : une vague d’exécutions des manifestants de janvier 2026 débute comme outil de dissuasion systématique

 Le 23 mars 2026 (3 Farvardin 1405), seulement trois jours après le début de la nouvelle année iranienne, Hamzeh Khalili, premier vice-président du pouvoir judiciaire de la République islamique (selon un rapport de l’agence ILNA), a annoncé la phase opérationnelle de l’exécution des peines des manifestants.

Il a déclaré : « Les dossiers des agents terroristes de l’ennemi et des émeutiers de janvier ont été traités. Certains cas ont abouti à des verdicts définitifs et sont en cours d’exécution, et plusieurs ont été exécutés ces derniers jours… Aucune indulgence ne sera accordée aux personnes condamnées dans ces affaires. »

Il a également menacé que les individus « diffusant des mensonges et de fausses informations » afin de susciter l’inquiétude publique seraient identifiés et feraient face à de lourdes conséquences, sans possibilité de clémence.

Exécutions publiques : fabriquer la peur pour empêcher les soulèvements

Les propos du premier vice-président font référence à trois exécutions publiques réalisées dans la ville de Qom le 18 mars 2026 (28 Esfand 1404).

Ce jour-là, trois détenus issus du soulèvement de janvier 2026 — Saleh Mohammadi, Saeed Davoodi et Mahdi Ghassemi — ont été pendus sur la base d’accusations attribuées, notamment celle de « Moharebeh » (inimitié envers Dieu).

Les interrogatoires et les procédures judiciaires concernant ces individus ont été menés avec une rapidité exceptionnelle.

Saleh Mohammadi, 19 ans, champion national de lutte libre ayant remporté une médaille lors d’une compétition internationale en Russie en 2024, a déclaré explicitement devant le tribunal que ses aveux avaient été obtenus sous contrainte et torture.

Néanmoins, en violation flagrante de l’article 7 (interdiction de la torture) et de l’article 14 (droit à un procès équitable) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (ICCPR), le tribunal a rejeté cette allégation de torture et a utilisé ses aveux forcés comme preuve principale pour prononcer une condamnation à mort ordonnée par l’État.

L’accent public mis par les autorités judiciaires sur la « rapidité d’exécution » et « l’absence d’indulgence » doit alerter la communauté internationale quant au risque d’exécutions massives de détenus.

Étant donné qu’environ 50 000 personnes ont été arrêtées lors du soulèvement de janvier 2026, cette approche constitue un avertissement grave d’une catastrophe humaine imminente et d’un nouveau massacre politique par la République islamique.

Une machine à tuer insatiable et la criminalisation de la technologie

L’appareil répressif de la République islamique ne s’est pas arrêté aux exécutions.

À la suite des menaces du premier vice-président concernant la diffusion d’informations, les médias d’État (dont Mehr et ILNA) ont rapporté le 24 mars 2026 l’arrestation de 30 personnes dans les provinces de Hamadan, Lorestan et Kerman.

Le ministère du Renseignement, dans un communiqué officiel, a lié ces arrestations à « l’envoi de coordonnées à l’ennemi » et à la possession « d’équipements Starlink ».

Cette action constitue un exemple clair de « criminalisation de la technologie et de l’information », visant à créer le prétexte juridique nécessaire pour prononcer de lourdes peines contre des citoyens cherchant simplement à accéder à un internet libre.

De plus, selon les sources d’Iran Human Rights Monitor (IranHRM), 23 autres personnes ont été arrêtées dans la province de Markazi et deux dans la province de Golestan sous des accusations similaires.

L’expérience des soulèvements de 2019, 2022 et 2026 montre que de telles accusations larges et vagues ne sont qu’un écran destiné à légitimer des purges politiques et physiques des opposants ainsi que la privation arbitraire de la vie.

Avertissement de Mme Mai Sato, Rapporteure spéciale des Nations unies sur les droits humains en Iran

Dans un message publié sur X, Mme Mai Sato a souligné avoir reçu des informations « profondément préoccupantes » concernant l’exécution de personnes ayant participé à des manifestations nationales ; un phénomène qui « pourrait indiquer un lien direct entre la peine de mort et la répression politique ».

Analyse juridique et responsabilité internationale

La succession d’exécutions publiques à Qom et l’usage d’aveux obtenus sous la torture témoignent de la mise en place d’une « machine de répression systématique ».

Son objectif n’est pas de rendre justice, mais d’instaurer la dissuasion par la terreur afin d’empêcher de futurs soulèvements populaires.

En utilisant une rhétorique de temps de guerre, la République islamique a de facto aboli l’État de droit et remplacé les garanties judiciaires par une « répression absolue ».

Nous appelons la mission d’établissement des faits de l’ONU à accorder une priorité urgente à l’enquête sur les exécutions récentes et sur la situation des 50 000 détenus du soulèvement de janvier.

Le silence international ou des réponses diplomatiques faibles face à cette nouvelle vague d’exécutions équivalent à ignorer le massacre politique du soulèvement de 2026 et à accorder l’impunité aux auteurs de ces crimes pour engager de nouvelles tueries de masse.

La communauté internationale a le devoir d’activer le mécanisme de « compétence universelle » afin d’engager des poursuites pénales contre les hauts responsables judiciaires et sécuritaires.

Tout retard ne fera qu’encourager la machine meurtrière de la République islamique à éliminer physiquement des milliers d’autres détenus sous le couvert du blackout internet.

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