mercredi 11 mars 2026

Le régime iranien impose des coupures d'internet et menace de recourir à la force létale face aux craintes de soulèvement.

 Face au mécontentement populaire croissant et à la menace imminente de manifestations nationales, le régime iranien a intensifié ses mesures de sécurité, combinant une coupure quasi totale d'internet avec une militarisation massive des rues dans une tentative désespérée d'empêcher un nouveau soulèvement.

Selon NetBlocks , un organisme mondial de surveillance d'Internet, l'Iran subit actuellement l'une des plus graves coupures d'Internet jamais enregistrées au monde. L'organisation indique que le pays a été largement privé d'accès à Internet pendant près d'un tiers de l'année 2026. Depuis le début du conflit le 9 mars, l'accès des citoyens iraniens à Internet a chuté à environ 1 %, avec plus de 240 heures de coupure continue.

Soulignant cet isolement numérique délibéré, la porte-parole du gouvernement, Fatemeh Mohajerani, a admis que l'accès à Internet n'est fourni de manière sélective qu'à ceux qui peuvent « faire entendre leur voix dans le monde » — une indication claire que le régime monopolise le discours par le biais de ses canaux de propagande approuvés par l'État tout en maintenant le public dans un black-out informationnel.

Afin de réprimer toute tentative d'organisation, les forces de sécurité de l'État ont lancé une vaste vague d'arrestations. Ahmad-Reza Radan, commandant de la police du régime, a annoncé le soir du 10 mars l'arrestation de 82 citoyens accusés d'« envoi de documents et de communications avec des médias étrangers ». Simultanément, le tristement célèbre ministère du Renseignement a revendiqué l'arrestation de 30 autres personnes sur la base d'accusations fabriquées de toutes pièces d'« espionnage et de collaboration avec l'ennemi ».

Reconnaissant la forte militarisation des zones urbaines, Radan a confirmé le déploiement permanent des forces de sécurité. Il a lancé un avertissement direct et menaçant pour dissuader les citoyens de manifester, déclarant explicitement : « Si quelqu’un veut descendre dans la rue, toutes nos forces sont prêtes à faire feu. »

Ces menaces coïncident avec de nombreux témoignages faisant état d'une forte présence policière, de multiples points de contrôle et d'un climat suffocant dans les grandes villes. Des militants et le Conseil de coordination des associations professionnelles d'enseignants iraniens ont décrit l'atmosphère à Téhéran comme celle d'une « caserne militaire », où règnent l'intimidation et la peur.

Les observateurs internationaux notent que cette double stratégie – imposer un isolement numérique total associé à la menace explicite du recours à la force létale – révèle la panique et la vulnérabilité profondément ancrées du régime iranien face à la perspective d'une révolution populaire visant à mettre fin à la dictature.

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