Environ 200 femmes sont actuellement détenues à la prison d’Evin. Elles ont été particulièrement affectées par la suspension de l’eau chaude et les perturbations répétées de l’approvisionnement en électricité.
Les rapports indiquent que l’électricité dans certaines sections de l’établissement est fournie uniquement par des générateurs diesel, une solution provisoire qui a fortement compromis la fiabilité des services essentiels.
La situation sanitaire est décrite comme critique. Alors que les rhumes saisonniers se propagent parmi les prisonniers, l’accès aux médicaments et aux soins médicaux aurait été réduit au strict minimum. Les détenus n’ont reçu que des quantités limitées de sirop de diphénhydramine, chaque personne étant autorisée à ne prendre qu’une seule cuillère. La distribution de comprimés contre le rhume a également été fortement restreinte, les stocks étant insuffisants pour couvrir l’ensemble des prisonniers.
À l’heure actuelle, l’accès effectif aux médecins, aux médicaments et même à l’infirmerie de la prison est pratiquement inexistant. Les prisonniers sont privés de services médicaux de base, ce qui met leur santé en grave danger.
Des rapports précédents avaient déjà indiqué que, dans le contexte de conditions de guerre, l’absence de certains membres du personnel pénitentiaire avait perturbé la fourniture des services essentiels. Ce manque de personnel semble avoir aggravé la crise interne, accentuant encore les difficultés auxquelles les détenus sont confrontés.
La détention continue de prisonniers politiques dans de telles conditions soulève de graves préoccupations humanitaires et juridiques. Beaucoup de personnes détenues sont des militants civils et politiques arrêtés pour des activités pacifiques et ne représentent aucune menace pour la sécurité publique. Leur détention dans des conditions mettant en danger leur santé et leur bien-être peut s’apparenter à une exposition de civils à des risques évitables et potentiellement mortels.
La résolution n° 211 et les obligations juridiques du pouvoir judiciaire
En vertu de la résolution n° 211 du Conseil supérieur de la magistrature, datée du 12 janvier 1987, le pouvoir judiciaire est légalement tenu, en cas d’urgence liée à la guerre, de prendre des mesures immédiates pour protéger la vie des prisonniers. Ces mesures incluent la conversion des mandats de dépôt, l’octroi de libérations conditionnelles, l’acceptation de cautions ou de garanties, et le transfert des détenus vers des lieux sécurisés.
La résolution autorise en outre les procureurs, lorsque les garanties ordinaires s’avèrent insuffisantes, à libérer les prisonniers ne présentant pas de risque pour la sécurité pendant toute la durée de l’urgence. Les prisonniers politiques et d’opinion, les personnes condamnées pour des délits non intentionnels ou financiers, ainsi que celles purgeant des peines pour des infractions mineures figurent parmi les bénéficiaires éligibles à de telles mesures. Des dispositions ont également été prises pour le transfert des individus condamnés pour des crimes violents vers des installations sécurisées.
Les experts juridiques soulignent que l’application de cette résolution dans les circonstances actuelles constitue une obligation légale urgente qui ne peut être différée.
Compte tenu de la persistance des menaces militaires, tout retard dans la prise de décision pourrait entraîner des conséquences humaines irréversibles. Les prisonniers n’ont aucune capacité d’autodéfense face à des frappes aériennes ou de missiles. La responsabilité de leur protection incombe directement au pouvoir judiciaire et à l’Organisation des prisons.
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