mardi 17 mars 2026

À l’intérieur de la grande prison de Téhéran : des détenus décrivent des pénuries d’eau, des coupures d’électricité et des portes de cellules soudées

 Des organisations de défense des droits humains signalent une détérioration des conditions dans la grande prison de Téhéran, où les détenus affirment que l’accès à l’eau, à la nourriture et aux contacts avec l’extérieur est de plus en plus restreint.

De nouveaux rapports émanant d’organisations de défense des droits humains révèlent une dégradation rapide des conditions à l’intérieur de la grande prison de Téhéran (Fashafouyeh), où les détenus indiquent que l’accès aux besoins essentiels — tels que l’eau, la nourriture, l’électricité et la communication avec l’extérieur — s’est fortement détérioré. Les témoignages décrivent un établissement confronté à de graves pénuries, à des infrastructures défaillantes et à des inquiétudes croissantes quant à la sécurité des milliers de personnes qui y sont détenues.

Des prisonniers transférés après une frappe sur la prison d’Evine

Selon les informations recueillies par des organisations de défense des droits humains, plusieurs détenus ont été transférés vers la grande prison de Téhéran après que la prison d’Evine aurait été frappée. Si ce transfert a déjà engendré des difficultés, les détenus affirment que les conditions dans le nouvel établissement se sont depuis aggravées.

Un prisonnier décrit la situation sans détour :

« Lorsque Evine a été touchée et que nous avons été transférés à la grande prison de Téhéran, les conditions étaient déjà difficiles — mais elles restaient meilleures que ce que nous vivons aujourd’hui. »

Pénuries d’eau et de nourriture

De multiples témoignages font état de graves pénuries de produits de première nécessité, en particulier d’eau et de nourriture.

Un détenu explique que l’accès à l’eau est devenu extrêmement limité :

« Depuis ce jour-là, nous n’avons plus de rations alimentaires correctes, et il n’y a pas d’eau. Même pas d’eau à boire, encore moins pour se laver. »

Un autre détenu décrit une situation tout aussi critique :

« Nous n’avons même pas le minimum vital. Notre situation est au pire. »

Les organisations de défense des droits humains estiment que ces témoignages révèlent une dégradation préoccupante des conditions de vie dans l’établissement.

Coupures d’électricité et gaz interrompu

Les prisonniers signalent également des défaillances constantes des infrastructures, affectant leur quotidien.

Selon un détenu :

« L’électricité est coupée en permanence. Le gaz est totalement interrompu. Nous vivons dans des conditions extrêmement difficiles. »

Les coupures fréquentes d’électricité et l’absence de gaz aggravent considérablement des conditions de vie déjà précaires.

Communication avec les familles de plus en plus restreinte

Les détenus rapportent également que leur capacité à communiquer avec leurs proches à l’extérieur disparaît progressivement.

Un prisonnier explique que l’accès au téléphone est en train de s’effondrer :

« C’est la pire situation possible. Notre crédit téléphonique s’épuise. Les appareils sont déconnectés. La communication avec l’extérieur est en train d’être totalement coupée. »

Les organisations de défense des droits humains avertissent que cet isolement peut accroître les risques pour les détenus en période d’instabilité.

Même les produits de base deviennent introuvables

Les pénuries ne se limitent pas aux services essentiels. Selon les détenus, même la boutique de la prison — habituellement utilisée pour acheter des produits de première nécessité — ne fonctionne plus.

Un détenu déclare :

« Nous n’avons même pas de cigarettes. Il n’y a plus de boutique, plus de cigarettes. Les conditions sont misérables. »

Ces pénuries suggèrent des perturbations logistiques plus larges affectant l’approvisionnement de la grande prison de Téhéran.

Des détenus alarmés par des informations sur des portes soudées

Parmi les affirmations les plus inquiétantes figurent des informations selon lesquelles les portes des cellules seraient soudées, suscitant la crainte que les détenus ne puissent s’échapper en cas de frappe ou de dommages sur l’établissement.

Un prisonnier décrit la situation avec urgence :

« Dans ces conditions, ils soudent toutes les portes. Au lieu de se demander si nous allons survivre, ils aggravent la situation pour que, si un missile frappe, nous ne puissions même pas nous échapper. »

Inquiétudes croissantes pour la sécurité des détenus

Plusieurs témoignages expriment une profonde inquiétude quant au fait que les conditions actuelles pourraient devenir mortelles.

Un détenu résume la peur partagée par de nombreux prisonniers :

« Ils veulent nous tuer dans ces conditions. »

Les organisations de défense des droits humains soulignent que ces récits mettent en lumière la vulnérabilité extrême des détenus, incapables de quitter les lieux même en situation de crise.

Une situation humanitaire qui se dégrade derrière les murs de la prison

Pris dans leur ensemble, ces témoignages décrivent un environnement carcéral où se cumulent :

  • pénuries d’eau et de nourriture,

  • infrastructures défaillantes,

  • isolement vis-à-vis des familles,

  • craintes pour la sécurité physique.

Les organisations de défense des droits humains avertissent que, sans intervention urgente, la situation dans la grande prison de Téhéran pourrait évoluer vers une véritable crise humanitaire — se déroulant en grande partie à l’abri des regards, derrière les murs de la prison.

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