mardi 24 mars 2026

Iran : 113e semaine de grève de la faim contre les exécutions et urgence humanitaire dans 56 prisons : la campagne « Non aux mardis des exécutions » appelle à sauver les détenus

 La « campagne des mardis contre les exécutions en Iran » a annoncé mardi que les détenus de 56 prisons iraniennes observent une grève de la faim pour la 113e semaine consécutive, poursuivant leur protestation contre les exécutions malgré le contexte de guerre, les bombardements, les coupures d’internet et la répression croissante.

Dans son dernier communiqué, la campagne a déclaré que la protestation se poursuit malgré une pression et une insécurité extraordinaire. Le mouvement a affirmé que son objectif demeure d’attirer l’attention sur l’utilisation croissante de la peine de mort et sur la situation des détenus menacés d’exécution imminente.

La campagne condamne une nouvelle vague d’exécutions, dont celle de trois détenus arrêtés lors des manifestations nationales de janvier 2026.

« Le régime bourreau a pendu, au cours de l’année écoulée, plus de 2 650 de nos compatriotes à travers le pays », indique le communiqué. Il ajoute que « la nuit de Norouz, trois jeunes hommes courageux – Mehdi Ghasemi, Saeed Davoudi et Saleh Mohammadi – arrêtés lors des manifestations de Dey, ont été cruellement exécutés à Qom », tandis qu’un autre prisonnier, Kourosh Keyvani, a été pendu à la prison centrale de Karaj pour espionnage.

Après trois semaines de silence en Iran, la voix des prisonniers s’est fait entendre.

La campagne a déclaré que la grève de la faim se poursuit tandis que de nombreux détenus, notamment ceux arrêtés ces derniers mois, sont détenus dans des conditions précaires et coupés du monde extérieur. Selon le communiqué, beaucoup sont détenus « dans le silence des médias et l’absence d’accès à Internet », tout en étant exposés à la torture et au risque d’être condamnés à mort.

« Nous, membres de la campagne des mardis contre les exécutions en Iran, tout en condamnant les exécutions arbitraires et criminelles perpétrées pour semer la peur et la terreur dans la société, appelons les Nations Unies, divers pays et les organisations de défense des droits humains à faire pression sur le régime iranien afin que les droits fondamentaux des prisonniers soient au moins respectés », indique le communiqué.

L’appel s’adresse particulièrement au sort des prisonniers détenus ces derniers mois. La campagne a averti que ces détenus subissent de fortes pressions et que beaucoup restent menacés d’exécution. Elle a également renouvelé sa demande de libération des prisonniers politiques.

Le communiqué souligne que le danger auquel sont exposés les détenus s’est intensifié dans un contexte de guerre. Il indique que de nombreux prisonniers souffrent de pénuries alimentaires et de soins médicaux et que, « sous les bombardements, leur vie est doublement menacée ». Il rapporte également que, la semaine dernière, des dizaines de prisonniers à Chabahar ont été tués ou blessés après avoir protesté contre le manque de nourriture.

La campagne précise que ses communiqués des semaines 111 et 112 n’ont pas été publiés en raison de coupures de communication.

En conclusion, la campagne présente ses vœux de Norouz et de l’Aïd el-Fitr au peuple iranien, et plus particulièrement aux familles des victimes du soulèvement de janvier 2026 et des personnes exécutées au cours de l’année écoulée. Elle remercie les enseignants, les retraités, les travailleurs, les familles des condamnés à mort, les médias indépendants et tous ceux qui ont relayé la voix des prisonniers menacés d’exécution. Le ministère a également exprimé l’espoir que la nouvelle année devienne « l’année de la liberté en Iran, une année sans torture ni exécutions ».

La grève de la faim de cette semaine se déroule dans 56 prisons, dont Evin, Ghezel Hesar, le Grand Téhéran, Qarchak, la prison centrale de Karaj, Adelabad à Shiraz, Sheyban et Sepidar à Ahvaz, Zahedan, Mashhad, Tabriz, Urmia, Sanandaj, Kamyaran et Ilam.

La poursuite de cette campagne, qui en est à sa 113e semaine, souligne à la fois l’ampleur de l’opposition aux exécutions au sein du système pénitentiaire iranien et la détermination des prisonniers à continuer de résister, même dans les conditions les plus dures.

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