Dans une déclaration, les lauréats affirment que les Iraniens luttent depuis plus d’un siècle pour la liberté, l’État de droit et la dignité humaine, et estiment que les récents développements ont fait naître un nouvel espoir pour la démocratie après la mort du Guide suprême Ali Khamenei. La déclaration rappelle la répression de janvier au cours de laquelle des milliers de manifestants, dans plus de 400 villes, auraient été tués, qualifiant ces événements de massacre qui a choqué le monde.
Selon les signataires, les Iraniens rejettent à la fois le pouvoir clérical et le retour à la monarchie, et réclament une république démocratique. Ils ont souligné que l’avenir de l’Iran devait être décidé par son peuple au moyen d’élections libres, sans guerre ni intervention militaire étrangère.
Les lauréats ont qualifié l’annonce par le CNRI de la mise en place d’un gouvernement provisoire, fondé sur un plan en dix points présenté par Maryam Radjavi, d’étape importante vers la transmission de la souveraineté au peuple. Ils ont affirmé que ce plan soutient des élections libres et équitables, une économie de marché, la séparation de la religion et de l’État, l’égalité des sexes et des minorités, une politique étrangère pacifique et un Iran non nucléaire.
Déclaration conjointe des lauréats du prix Nobel
En faveur de la promotion de la démocratie et d’une paix durable en Iran
Mars 2026
Nous, lauréats du prix Nobel, avec un profond respect pour la richesse de l’histoire et de la culture du peuple iranien, réaffirmons que le peuple de ce pays lutte depuis plus d’un siècle pour la liberté, l’État de droit et la dignité humaine. Des générations successives ont payé un lourd tribut dans leur quête d’un gouvernement responsable et fondé sur la volonté du peuple.
En janvier, nous avons fermement condamné le massacre odieux de milliers de personnes en Iran, descendues dans les rues de plus de 400 villes pour réclamer la liberté. Ce massacre, qui a choqué et horrifié le monde, a été perpétré sur ordre d’Ali Khamenei, le Guide suprême du régime. Aujourd’hui, à la lumière des récents développements et du décès de Khamenei, le peuple iranien et la communauté internationale nourrissent plus que jamais d’espoir quant à l’avènement de la liberté et de la démocratie en Iran.
Le peuple iranien a clairement rejeté la dictature monarchique et le pouvoir clérical et aspire à une république démocratique. Nous sommes convaincus que la voie vers la démocratie en Iran doit se faire sans guerre ni intervention militaire étrangère et reposer sur des élections libres et la protection des droits du peuple. L’avenir de l’Iran doit être déterminé par le peuple iranien lui-même, sans coercition ni rétablissement de la tyrannie sous quelque forme que ce soit. Dans ce contexte, l’annonce de la formation d’un gouvernement provisoire par le Conseil national de la Résistance iranienne, une alliance regroupant diverses organisations et personnalités politiques visant à transférer la souveraineté au peuple et à organiser des élections libres, et présentée dans un plan en dix points par Mme Maryam Radjavi, constitue une étape importante et un développement significatif soulignant l’engagement en faveur d’une transition démocratique.
Auparavant, 105 lauréats du prix Nobel et plus de 4 000 parlementaires, dont des majorités dans de nombreux parlements nationaux tels que ceux du Royaume-Uni, de la France, de l’Italie, du Canada, de la Norvège, ainsi que le Congrès américain, de même que 130 anciens chefs d’État et de gouvernement, avaient approuvé ce plan en dix points. Nous partageons pleinement leur position.
Ce plan affirme le principe d’élections libres et équitables, d’une économie de marché, de la séparation de l’Église et de l’État, de l’égalité des sexes, des religions et des ethnies, d’une politique étrangère pacifique et d’un Iran non nucléaire. Il esquisse une vision d’un Iran démocratique et d’une paix durable au Moyen-Orient.
Signatures :
Président José Ramos-Horta, prix Nobel de la paix 1996, Timor-Leste. Président du Timor oriental depuis 2022
Professeur Pierre Agostini, prix Nobel de physique 2023, France
Professeur Harvey J. Alter, prix Nobel de médecine 2020, États-Unis
Professeur Victor Ambros, prix Nobel de médecine 2024, États-Unis
Professeur Robert Aumann, prix Nobel d’économie 2005, États-Unis-Israël
Professeur Moungi Bawendi, prix Nobel de chimie 2023, États-Unis-Tunisie-France
Professeur Georg Bednorz, prix Nobel de physique 1987, Allemagne
Professeur Mario Capecchi, prix Nobel de médecine 2007, Italie-États-Unis
Professeur Thomas Cech, prix Nobel de chimie 1989, États-Unis
Professeur Aaron Ciechanover, prix Nobel de chimie 2004, Israël
Professeur Elias Corey, prix Nobel de chimie 1990 États-Unis
Professeur Johann Deisenhofer, prix Nobel de chimie 1988, États-Unis
Professeur Gerhard Ertl, prix Nobel de chimie 2007, Allemagne
Professeur Jerome Friedman, prix Nobel de physique 1990, États-Unis
Professeur Reinhard Genzel, prix Nobel de physique 2020, Allemagne
Professeur Sheldon Glashow, prix Nobel de physique 1979, États-Unis
Professeur Oliver Hart, prix Nobel d’économie 2016, États-Unis
Professeur Geoffrey Hinton, prix Nobel de physique 2024, Canada
Professeur Roald Hoffmann, prix Nobel de chimie 1981, États-Unis-Ukraine
Professeur Robert Huber, prix Nobel de chimie 1988, Allemagne
Professeur Michael Houghton, prix Nobel de médecine 2020, Royaume-Uni
Professeur Louis Ignarro, prix Nobel de médecine 1998, États-Unis
Sir Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature 2017, Royaume-Uni
Elfriede Jelinek, prix Nobel de littérature 2004, Autriche
Professeur Brian Josephson, prix Nobel de physique 1973, Royaume-Uni
Professeur Takaaki Kajita, prix Nobel de physique 2015, Japon
Tawakkol Karman, prix Nobel Prix Nobel de la Paix 2011, Yémen
Professeur Brian Kobilka, Prix Nobel de Chimie 2012, États-Unis
Professeur Roger D. Kornberg, Prix Nobel de Chimie 2006, États-Unis
Professeur Robert Lefkowitz, Prix Nobel de Chimie 2012, États-Unis
Professeur Jean-Marie Lehn, Prix Nobel de Chimie 1987, France
Professeur Eric Maskin, Prix Nobel d’Économie 2007, États-Unis
Professeur John Mather, Prix Nobel de Physique 2006, États-Unis
Professeur Michel Mayor, Prix Nobel de Physique 2019, Suisse
Professeur Craig Mello, Prix Nobel de Médecine 2006, États-Unis
Professeur Paul Milgrom, Prix Nobel d’Économie 2020, États-Unis
Professeur Patrick Modiano, Prix Nobel de Littérature 2014, France
Professeur Paul Modrich, Prix Nobel de Chimie 2015 États-Unis
Professeur Edvard Moser, prix Nobel de médecine 2014, Norvège
Professeur May-Britt Moser, prix Nobel de médecine 2014, Norvège
Herta Müller, prix Nobel de littérature 2009, Allemagne
Professeur William Phillips, prix Nobel de physique 1997, États-Unis
Professeur Sir Peter Ratcliffe, prix Nobel de médecine 2019, Royaume-Uni
Professeur Charles M. Rice, prix Nobel de médecine 2020, États-Unis
Professeur Sir Richard J. Roberts, prix Nobel de médecine 1993, États-Unis et Royaume-Uni
Professeur Jean-Pierre Sauvage, prix Nobel de chimie 2016, France
Professeur Randy Schekman, prix Nobel de médecine 2013, États-Unis
Professeur Richard Schrock, prix Nobel de chimie 2005, États-Unis
Professeur Gregg Semenza, prix Nobel de médecine 2019, États-Unis
Professeur Danny Shechtman, prix Nobel Prix Nobel de chimie 2011, Israël
Professeur Vernon Smith, prix Nobel d’économie 2002, États-Unis
Professeur Wole Soyinka, prix Nobel de littérature 1986, Nigéria
Professeur Donna Strickland, prix Nobel de physique 2018, Canada
Professeur Jack Szostak, prix Nobel de médecine 2009, États-Unis
Professeur Olga Tokarczuk, prix Nobel de littérature 2018, Pologne
Professeur Arieh Warshel, prix Nobel de chimie 2013, États-Unis-Israël
Jody Williams, prix Nobel de la paix 1997, États-Unis

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