Alors que les tensions régionales ont atteint leur paroxysme, les récits internes de la République islamique révèlent que « l’ennemi principal » ne se trouve pas aux frontières, mais dans les rues d’Iran, le « détroit des rues ».
Alireza Al-Davoud, une figure proche de l’appareil sécuritaire et médiatique du régime, a déclaré avec une franchise sans précédent : « Plus important que le détroit d’Ormuz est le “détroit des rues” ; les rues sont notre détroit d’Uhud. »
(Note pour les lecteurs : le détroit d’Uhud est une référence militaire historique islamique à un passage montagneux stratégique où une défaillance défensive a conduit à une défaite presque fatale pour les premiers musulmans. En invoquant cela, le régime identifie les « rues » comme son dernier bastion non négociable, dont la perte signifierait l’effondrement total du système.)
Ces propos dépassent la simple métaphore ; ils introduisent une doctrine de survie : une transition de « l’État de droit » vers un « état de guerre contre les citoyens », où la préservation du pouvoir justifie le meurtre systématique du peuple.
Militarisation des villes : déploiement de combat dans les espaces publics
Des rapports officiels des 23 et 24 mars 2026 indiquent une transformation de la présence policière en une posture de combat à grande échelle.
Le général Masoud Mossadegh, commandant des unités spéciales de la FARAJA, a annoncé des missions étendues sous l’appellation de « guerre imposée du Ramadan ».
Selon lui, « des patrouilles discrètes et visibles ainsi que des points de contrôle continus ont été activés à l’échelle nationale pour faire face aux “mercenaires” ». (agence Defa Moqaddas, Asr-e Iran – 23 mars 2026).
Simultanément, le porte-parole de la police, le général Montazer-al-Mahdi, a confirmé l’ampleur de cette militarisation avec des chiffres précis : le déploiement de 1 463 points de contrôle spéciaux et l’utilisation de 15 000 unités de patrouille motorisées et véhiculées.
Il a souligné que plus de 129 000 membres du personnel issus de diverses unités ont été déployés en permanence pour contrôler la situation dans les rues. (Safhe-ye Eghtesad – 24 mars 2026).
Cette mobilisation militaire sans précédent au sein des villes constitue une preuve de la peur profonde de la République islamique face à une nouvelle explosion de la colère populaire et représente une violation flagrante du droit à la liberté et à la sécurité de la personne (article 9 du PIDCP).
Elle montre que, en cas de protestation, la République islamique est prête à répéter les massacres de masse de janvier 2026.
Fabrication d’espions et criminalisation de la technologie
Sous le couvert des coupures d’internet et du brouillard de la guerre, le régime a lancé une vague d’arrestations massives sous prétexte « d’espionnage » afin de criminaliser toute forme de diffusion d’information :
Ministère du Renseignement : a annoncé l’arrestation de 97 personnes accusées de liens avec Israël et de 45 autres dans les provinces de Qazvin et d’Azerbaïdjan occidental.
FARAJA : a arrêté 6 personnes à Téhéran pour des accusations de terrorisme, affirmant avoir découvert des matériaux incendiaires.
Gardiens de la révolution et services de renseignement : ont arrêté un total de 104 citoyens dans les provinces de Khorasan Razavi, Markazi, Golestan, Hormozgan et Yazd pour « envoi de coordonnées de sites militaires » et communication avec des médias.
Dans ce contexte, la possession d’équipements tels que « Starlink » a été délibérément criminalisée en tant qu’acte d’espionnage.
Ces actions constituent une violation directe de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme (liberté d’expression) et de l’article 14 du PIDCP (droit à un procès équitable) ; ces accusations larges ne sont qu’un prétexte pour des purges politiques et physiques d’opposants pendant un blackout de l’information.
Dans nombre de ces cas, les détenus sont privés d’accès à un avocat, et leurs aveux sont obtenus sous contrainte et dans des conditions inconnues.
La diffusion d’aveux forcés est utilisée comme un outil pour légitimer ces arrestations arbitraires.
Simulacres d’exécution et torture systématique
Le cœur criminel de cette machine répressive est l’utilisation de tortures d’un autre âge pour extorquer des aveux.
Peyvand Naeimi, un citoyen baha’i détenu à la prison de Kerman, a été soumis à « deux simulacres d’exécution » et à des tortures brutales après deux mois de détention arbitraire.
Les autorités l’ont accusé d’implication dans les événements du 8 janvier et dans le meurtre d’un membre du Basij, malgré des preuves montrant qu’il avait été arrêté avant cette date et qu’il ne pouvait pas être présent sur les lieux.
La diffusion de ses aveux forcés le 1er février visait uniquement à créer le prétexte juridique pour son exécution.
Ces pressions, associées à l’exécution rapide de manifestants comme Saleh Mohammadi (un champion de lutte de 19 ans), Saeed Davoodi et Mahdi Ghassemi — pendus publiquement à Qom le 18 mars — complètent le mécanisme d’« ingénierie de la peur ».
Saleh Mohammadi a déclaré devant le tribunal que ses aveux avaient été obtenus sous la torture ; cependant, le pouvoir judiciaire, en violation de l’article 7 du Pacte (interdiction de la torture), a utilisé ces déclarations invalides comme base pour une condamnation à mort ordonnée par l’État.
Mme Mai Sato, rapporteure spéciale de l’ONU, a souligné dans un message sur X : « J’ai reçu des informations “profondément préoccupantes” concernant l’exécution de personnes ayant participé à des manifestations nationales ; un phénomène qui pourrait indiquer un lien direct entre la peine de mort et la répression politique. »
Pression sur les minorités religieuses
Dans le cadre de la campagne continue contre la communauté baha’ie, les faits suivants ont été rapportés :
Plus de 60 jours se sont écoulés depuis l’arrestation de cinq citoyens baha’is à Mashhad : Payam Faridian, Sepehr Koushkbaghi, Erfan Tabatabaei, Rabie Maleki et Navid Zarrebin.

Ces personnes ont été arrêtées à leur domicile ou sur leur lieu de travail en janvier et restent détenues à la prison de Vakilabad dans une situation d’incertitude.
Malgré les demandes répétées de leurs familles, aucune information claire concernant leur dossier ou leur statut juridique n’a été fournie.
Nita Babanejad et son fils, Parsa Emadi, deux citoyens baha’is vivant à Ispahan, ont été arrêtés à leur domicile le 5 mars par des agents du renseignement.
Mme Babanejad a été transférée au quartier d’accueil de la prison de Dowlatabad, tandis que M. Emadi a été conduit au centre de détention du renseignement d’Ispahan.
Ils restent détenus arbitrairement sous l’accusation de « propagande contre l’État ».
À Mashhad, Afarin Bashash, une citoyenne baha’ie, est détenue depuis janvier et reste à la prison de Vakilabad dans une situation d’incertitude juridique.
Baha’is arrêtés
L’absence d’accès à une procédure régulière et la détention prolongée constituent des exemples clairs de traitement inhumain et une violation des articles 9 et 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Analyse de la séquence répressive et priorité de survie du régime
L’analyse de la chaîne récente d’actions de la République islamique — depuis la désignation du « détroit des rues » et le déploiement d’une armée de 129 000 hommes dans les espaces publics jusqu’à la vague d’arrestations arbitraires sous couvert de coupures d’internet et de guerre, et enfin l’utilisation de simulacres d’exécution et le meurtre de manifestants — révèle une réalité terrifiante : la République islamique n’accorde aucune valeur aux droits humains fondamentaux ni à la vie de ses citoyens.
Alors qu’en temps de guerre et de crise internationale, le devoir fondamental de tout État est de protéger ses citoyens et de maintenir la cohésion nationale, la République islamique a transformé la « rue » en champ de bataille contre sa propre nation.
Lorsqu’un régime qualifie officiellement les « rues » de « détroit d’Uhud » et mobilise 129 000 soldats pour faire face aux citoyens, le message adressé au monde est clair : le meurtre du peuple iranien est une stratégie centrale de survie de ce gouvernement.
Cette séquence planifiée prouve que la République islamique considère son principal ennemi non pas à l’extérieur, mais dans les revendications du peuple iranien.
Le régime est prêt à renforcer sa machine de mort contre des personnes sans défense, des manifestants et des minorités religieuses pour préserver son pouvoir, même en pleine guerre.
Cette approche constitue un exemple typique de terrorisme d’État et de crimes systématiques contre l’humanité, ignorant toutes les limites morales, humaines et juridiques pour assurer sa survie.
La nécessité d’une action urgente et de la fin de l’impunité
La communauté internationale et les organisations de défense des droits humains ne doivent pas permettre que la rhétorique de guerre et les coupures systématiques d’internet servent de couverture à l’élimination physique des opposants et des manifestants.
Lorsque la République islamique qualifie officiellement les rues de « détroit d’Uhud » et mobilise 129 000 soldats contre les citoyens, le message au monde est clair : le meurtre du peuple iranien est une stratégie centrale de survie de ce gouvernement — un gouvernement pour lequel les droits humains, les droits civiques et le droit international n’ont aucune valeur.
Toute inaction face à cette privation organisée de la vie constitue une approbation tacite d’une machine de mort qui ne reconnaît aucune limite dans ses crimes contre l’humanité pour se maintenir au pouvoir.
Le moment est venu d’activer le mécanisme de « compétence universelle » afin de mettre fin à l’impunité des commanditaires et des auteurs qui cherchent leur survie dans le sang des citoyens et la répression des minorités.

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