dimanche 22 mars 2026

D'Evin à Chabahar ; des prisonniers pris entre les flammes de la guerre et les salves des gardes

 Alors que le black-out internet national en Iran entame son 22e jour, des informations vérifiées font état d'un crime abominable perpétré à l'intérieur de la prison de Chabahar. Aux premières heures du mercredi 18 mars 2026 (27 Esfand 1404), les forces de sécurité ont riposté aux protestations des prisonniers, privés de rations alimentaires, en tirant à balles réelles sur eux. Plusieurs prisonniers baloutches ont été tués et des dizaines d'autres blessés.

Détails du massacre de Chabahar et témoignages de proches

Les manifestations ont débuté mardi soir après quatre jours consécutifs de privation de rations alimentaires pour les détenus. Face aux frappes aériennes en cours, ces derniers ont quitté leurs quartiers pour réclamer des produits de première nécessité et leur transfert vers des lieux sûrs. Les unités spéciales (Yegan-e Vizheh) ont encerclé la cour et ont immédiatement ouvert le feu sur les manifestants.

La crédibilité de ce rapport s'est trouvée renforcée lorsque des dizaines de prisonniers blessés, après leur transfert à l'hôpital « Imam Ali » de Chabahar, ont brièvement appelé leurs familles, décrivant des scènes d'horreur : la fusillade et la mort de leurs codétenus. Selon certaines informations, les services de sécurité auraient transféré secrètement les corps des victimes dans des morgues afin d'empêcher la divulgation de leur identité et du nombre exact de morts.

Violation manifeste des lois nationales et internationales

Les actions récentes du régime dans la prison de Chabahar constituent une violation flagrante de ses propres règlements et des conventions internationales :

  • Violation de l'article 211 du Règlement d'application de l'organisation pénitentiaire : Conformément à cet article, l'administration pénitentiaire est tenue de fournir aux détenus une alimentation adéquate et des conditions d'hygiène appropriées. Les priver de nourriture pendant quatre jours constitue un acte de torture manifeste et une violation flagrante de cette loi.
  • Articles 114 et 117 : Ces articles soulignent la nécessité de garantir la « sécurité de la personne » et la « défense civile » dans les prisons. En vertu de ces dispositions, l’Organisation est tenue de mettre en œuvre des plans de protection pour sauver la vie des détenus en cas de crise (attentats à la bombe ou accidents imprévus). Abandonner des prisonniers dans des quartiers fermés sous le feu de missiles constitue une violation directe de l’obligation de « protéger les personnes placées sous surveillance ».
  • Le principe de responsabilité de l'État : en vertu du droit administratif et pénal iranien, l'État est le garant de la vie du prisonnier. Lorsqu'une personne n'a aucune possibilité de s'évader, tout manquement à son obligation de la protéger en temps de guerre est juridiquement qualifié de « meurtre intentionnel » (présomption d'homicide).

Responsabilité en temps de guerre :

Conformément aux usages juridiques et humanitaires, si un gouvernement est incapable d'assurer la sécurité et la subsistance des détenus face à des attaques militaires, il est tenu d'ouvrir les portes et de libérer les prisonniers. Abandonner des prisonniers derrière des portes verrouillées sous un bombardement constitue une tentative d'assassinat avec préméditation.

Il convient de souligner qu’en vertu de l’article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), toute personne privée de liberté doit être traitée avec « humanité et dans le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ». De plus, selon la Quatrième Convention de Genève, même en temps de guerre, les civils (y compris les prisonniers) ne doivent pas être exposés aux méfaits de la guerre, et la puissance dominante est responsable de leur vie.

Appel à la communauté internationale et aux instances responsables : une action urgente est essentielle

Nous alertons sur une catastrophe humaine sans précédent qui se déroule derrière les hauts murs des prisons iraniennes. Le régime de la République islamique instrumentalise l'état de guerre et la coupure d'Internet pour justifier l'exécution physique des prisonniers. En conséquence, nous exigeons instamment ce qui suit :

  1. Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) doit intervenir immédiatement et sans délai pour surveiller la distribution alimentaire et la sécurité physique des prisonniers à Chabahar et dans toutes les autres prisons et centres de détention.
  2. Le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies doit poursuivre les responsables de ce massacre, et plus particulièrement les fonctionnaires de l'Administration pénitentiaire qui ont commis des crimes contre l'humanité en réduisant les rations alimentaires et en abandonnant des quartiers sous les tirs de missiles.
  3. L’accès libre à l’information, seul moyen de surveiller la vie des prisonniers, doit être garanti ; chaque minute de silence médiatique équivaut à une balle de plus tirée dans le cœur d’un prisonnier piégé.

Face à l'effondrement total de l'État de droit en Iran et à la transformation du pouvoir judiciaire en instrument de massacre, la responsabilité ultime incombe à la communauté internationale. Le régime iranien a commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité en utilisant la faim comme arme et en tirant directement sur des prisonniers pris au piège. Nous exigeons l'exercice de la compétence universelle contre les dirigeants du régime. Le Conseil des droits de l'homme et la Cour pénale internationale doivent intervenir directement et de manière contraignante pour garantir le droit à la vie de milliers de prisonniers sans défense avant que le désastre de Chabahar ne se transforme en un massacre de masse, profitant du silence des réseaux sociaux. Le temps des déclarations solennelles est révolu ; seule une action internationale urgente peut empêcher une tragédie que l'histoire ne pardonnera jamais.

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